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Critiques à tout-va…

Il est des jours, comme aujourd’hui, où aucune civilité, aucune amabilité ne vient à l’esprit. Il est vrai que pour caresser dans le sens du poil, flatter ou encenser, faut autre «sauce» à l’actualité du moment. Alors, c’est la négation qui sert à dénigrer, à déverser les aigreurs d’une amertume, ne cessant de tarauder une citoyenneté devenue caricature sociale. Cette citoyenneté aura beau manier l’insulte policée, mettre des gants ou maîtriser la fausse hypocrisie, elle reste dans la négation de l’autre. Les autres étant ceux qui font et défont l’actualité, la critique est sans bornes politiques ou socio-économiques. Sévère, méfiante et défiante, elle enjambe l’ordre établi, pour s’en aller piquer au vif les décideurs, mettre le doigt sur les anomalies, les défaillances, les faiblesses de l’Algérie d’aujourd’hui. Cette critique ne date pas d’hier, mais depuis le début du mouvement populaire du 22 février, elle est régulière, constante dans le dénigrement, faute de vrai changement. Les autres sont des «attardés», «ils manquent de méthode, de culture, de savoir-vivre, d’humilité…», comme si c’était nouveau. Bref, les termes péjoratifs pleuvent, avec bonheur et délectation, sur cette scène politique qui prétend détenir la vérité, en n’hésitant pas elle aussi, à dédaigner celle des autres. Ainsi, le citoyen lambda se retrouve embarqué sur un bateau ivre qui, sans véritable bouée de sauvetage, tangue au gré des vagues furieuses et ravageuses. Lui aussi cultive la critique, lui aussi n’encense jamais, ne flatte jamais. Il décoche ses flèches et distille son venin citoyen dans la rue, dans son boulot ou chez lui, en attendant des lendemains moins dévalorisants, moins humiliants. Et, il y va gaiement sur le mépris d’en haut qui flotte dans la suffisance et la volonté de puissance. On sent un plaisir, une jubilation même, dans le dénigrement piquant, acéré et sans nuances. Ces commentaires sont un modèle de négation, et l’on ne peut que louer leur constance et leur régularité dans la critique. Mais, d’où nous vient ce vent ? Sûrement pas d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et pour cause : le citoyen sage et gentil fait partie d’une autre ère. Une époque où, même mené en bateau, il n’avait ni Internet, ni smartphone pour s’imprégner des affaires scabreuses dans les milieux sans foi, ni loi. De Guelma, Kherrata, Mosta, Ouargla ou Biskra, il n’osait et ne pouvait critiquer le «boulitique» et sa proportion à vouloir imposer ses gros sabots. Aujourd’hui, ce même citoyen, plus âgé évidemment, sans jamais avoir mis les pieds dans un lycée ou une université, fait preuve de beaucoup de talent et d’ingéniosité, pour expliquer aux jeunes que la politique est surtout mensonges et trahisons. C’est même le purgatoire qui ne sait quelle direction prendre pour arriver à bon port. L’harmonie sociale pouvant jouer un rôle décisif dans le façonnement des esprits et des relations humaines, est le dernier souci de cette politique. «Diviser pour régner» semble la devise appropriée aux uns et autres de ses gros sabots. Les temps ont changé, les mœurs aussi, mais pas leur monde, égaré dans le virtuel et l’artifice. Après avoir dit tout ça, le moule sociétal jugé bas de gamme pour certains (…), sera taxé de ringard, vieux jeu ou bancal. En fait, ce sont eux qui devraient être jugés et rééduqués, pour n’avoir pas su trouver qui critiquer, en ces heures cruciales et critiques….
M. N.

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