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Cueillette de champignons à Yakourène: Une saison prolifique

De nombreux amoureux de la nature trouvent en la période automnale une occasion d’aller dans la nature pour la cueillette de champignons, une pratique pour laquelle ils s’adonnent le long des journées de soleil afin de ramasser ce genre de mycètes, regroupant de nombreuses espèces, formant ensemble l’un des cinq règnes du vivant.

Après une période de grandes pluies et la réapparition du soleil, les champignons n’ont pas manqué de pousser partout dans les forêts et les vergers en cette saison automnale, comme à Yakourène, cette région forestière qui est connue pour la cueillette de champignons à pareille époque et où les villageois se succèdent et accourent dès le matin vers la forêt afin de s’adonner à cette activité de cueillette de ce produit qui ne fait pas défaut à pareille époque. «C’est super tôt ! Et il y en a à gogo», selon les citoyens de la région de Yakourène qui se sont rués vers les pâturages afin de cueillir des champignons, une saison qui est prolifique en cette denrée puisque les pluies automnales ont été de mise. Ainsi donc, les habitants de Yakourène sont aux anges. Après une saison catastrophique l’an dernier à cause de l’absence de pluies, les champignons poussent à souhait cette année. Selon les amateurs de champignons, on n’oublie pas l’adage qui dit : «A défaut de viande, on se nourrit de champignons», et dans cette contrée où les gens vivent encore au rythme des saisons, l’heure de la cueillette des champignons est annoncée dès les premières pluies automnales, accompagnées par la chute du feuillage du figuier et du grenadier. Ainsi, ils sont des centaines d’habitants de la région de Yakourène à s’adonner quotidiennement à cette activité en pareille période, notamment les week-ends. Vivement le ramassage des champignons. Certains nous diront que c’est un passe temps alors que d’autres considèrent cette pratique comme étant un loisir, et c’est aussi plaisir avant tout alors que pour beaucoup d’autres c’est une occupation. Et ces personnes ne cachent pas leur joie en marchant à petits pas dans la forêt fouillant dans les buissons et les feuillages. Alors que les champignons continuent à pousser à une vitesse inouïe, on remarquera aussi que c’est le moment du retour dans cette région du rouge-gorge, de la grive et autres oiseaux migrateurs qui trouvent gîte et couvert dans les oliveraies. En effet, c’est à cette même période qu’en Kabylie, les gens s’en vont dans les champs pour cueillir des champignons. Les dernières pluies suivies de journées ensoleillées et un climat favorable, ont donné des poussées record de champignons à travers cette région, un vrai régal pour les amateurs et les habitués des randonnées qui s’adonnent vivement à leur cueillette, selon les habitués. A défaut de lieux de divertissement et de loisirs dans cette commune qui accuse un retard énorme en matière de développement, adultes ou enfants se croisent dans les forêts en période de soleil, les yeux fixés au sol, avec un sac à dos, et cherchant sous les herbes et les feuillages des arbres qui rend les champignons difficile à apercevoir. Des fois même que les amateurs de champignons sont munis de bâtons qui les aident à dégager le sol de ses herbes afin d’apercevoir les champignons. Et pour beaucoup d’entre eux se rendre dans la forêt pour ramasser les champignons, c’est surtout une randonnée pédestre, au milieu d’une nature de toute beauté.

Attention aux champignons vénéneux

Mais un problème est toujours de mise dans la consommation des champignons. C’est qu’il existe des champignons comestibles et d’autres toxiques, et les amateurs font preuve d’une grande attention afin de les discerner avant toute consommation, surtout en Kabylie où cette culture des champignons est beaucoup plus répandue sur le reste du pays, ceux qui sont comestibles du reste. Il faut aussi faire en sorte à ne pas toucher sauf les champignons identifiés et sains et cueillir toujours ceux qui ont mûri.
Comme il y a lieu d’alerter les amateurs de champignons qu’il faut faire très attention en discernant ces végétaux parce qu’il existe des espèces qui ne sont pas seulement toxiques, mais mortelles. C’est ainsi qu’il est conseillé qu’une bonne connaissance de ces végétaux devra être de mise pour éviter toute erreur. Alors qu’il est aussi conseillé de les cuire et les consommer le jour même car certaines espèces deviennent toxiques après la conservation, à défaut de posséder les techniques de conservation qui sont employés au niveau des pays développées. A Yakourène, il existe beaucoup d’espèces qui poussent, dont des espèces comestibles et des espèces toxiques. Et en réalité, toujours selon les amateurs, il n’existe aucun procédé pour savoir si un champignon est comestible ou pas. Mais en cas de doute sur tel ou tel espèce, il est conseillé de ne pas le cueillir sinon demander conseil à des connaisseurs, afin de dissiper toute incertitude. Dans cette optique, de nombreux amateurs jugent qu’il est temps d’organiser des campagnes de vulgarisation et de sensibilisation, à même d’aider les cueilleurs à distinguer entre le champignon comestible et le champignon toxique. Par ailleurs, les habitants de Yakourène disent qu’on doit instaurer dans leur commune une journée annuelle pour fêter le champignon, à l’instar des villages et communes de Kabylie qui possèdent des journées spécifiques pour de différentes fêtes au sujet de produits par lesquels ils sont connus. «Pour la fête du champignon à Yakourène…C’est pour quand déjà ?», s’interrogera un habitant de cette commune.

L’Agaric champêtre, le champignon le plus consommé en Kabylie

En Kabylie, le champignon le plus consommé était connu de tous, est sans doute l’agaric champêtre. Mêmes ses caractéristiques ont connues de tous et il est très apprécié. Son chapeau est de 5 à 12 cm. Il est d’abord «globuleux puis hémisphérique devenant convexe et s’étalant, à marge excédent, de couleur blanc velouté ou jaunissant légèrement, parfois partiellement ou totalement couvert d’écailles blanches devenant fauve clair».
Ses lames sont «libres, serrées et inégales, d’abord de couleur rose pâle puis rose carné devenant ensuite brun puis brun noirâtre». Il a un «anneau ascendant et membraneux, petit, fragile et fugace, de couleur blanche», tandis que son pied est assez court (jusqu’à 7 cm), cylindrique et blanc, s’amincissant vers le bas. S’agissant de son exhalaison, «l’agaric champêtre est fongique à fruité, typique du champignon. Ce parfum peut toutefois être dénaturé si le biotope comporte des plantations (haies, notamment)». Cueilli dès principalement l’automne, on le trouve essentiellement dans les pâtures et plus particulièrement celles où paissent les animaux en général, dans les près à bovidés ou moutons. En Kabylie, cette espèce dont la chaire est blanche, rosissant à la cassure constitue le champignon des près par excellence.
On trouve l’agaric champêtre après la rosée, le plus souvent en groupes disséminés sur quelques mètres carrés, appréciant l’abri des touffes d’herbe humide. Il est surtout appréciable à l’état juvénile et aussi longtemps qu’il arbore des lamelles roses.

Les champignons : des végétaux ou des animaux ?

De tout temps, on a considéré les champignons comme des végétaux. Or, les champignons «sont des êtres à part». «Mi animal mi végétal, ces drôles d’organismes biologiques classés dans le règne des Fungi sont d’une diversité infinie : de la levure au cèpe en passant par la truffe», estiment les spécialistes qui ajoutent que selon les conclusions de recherches récentes, «les champignons seraient plus proches dans leurs fonctionnements des animaux que des végétaux. Ceci confirme d’ailleurs la classification particulière de ces organismes étranges pour qui l’on a créé depuis des lustres une ‘case’ à part, sous le nom de règne des Fungi. Car en effet, les champignons sont des organismes vivants qui ont la particularité d’être incapables de synthétiser des sucres à partir des minéraux comme le font toutes les plantes et les algues par le phénomène bien connu de la photosynthèse».
Les mêmes chercheurs ajoutent d’ailleurs que pour se nourrir, «les champignons sont obligés de développer des stratégies très particulières. Et de fait, ils s’alimentent comme les animaux en puisant leur nourriture soit en décomposant de la matière morte soit en parasitant des êtres vivants, soit encore en jouant la carte de l’association avec des organismes chlorophylliens».

B. B. et Khaled Haddag

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