Home / Arrêt sur image / Date de péremption ?

Date de péremption ?

Un ministre des Sports copieusement insulté, lors de la finale à Blida, ça donne à réfléchir d’autant que nombre de ses collègues ont dû subir les mêmes «salutations». Qu’ils aient mis le nez hors de leurs bureaux calfeutrés au Commerce, à l’Habitat, à la Santé ou à l’Enseignement supérieur, tous craignent désormais, la course-poursuite ou le tour de piste. Paraît même qu’ils n’osent plus affronter les députés lors des séances parlementaires. Des députés qui, soit dit en passant, auront été de tous temps très accueillants, bras levés à l’appui. Ils sont sans doute hors du temps et les membres du gouvernement ainsi houspillés, nous fait penser, sans être mauvais esprit, que la question se pose, ironie aidant : Y a-t-il une vie après un système politique arrivé à date de péremption ? C’est une vieille ritournelle, répétée pour faire peur à celui qui sort dans les rues et avenues, occupe les places emblématiques du pays, nargue les forces de l’ordre par l’ordre des choses de la vie et sourit à cette vie par de simples slogans. Le système lui, dans sa bulle, se fait peur à lui-même en imaginant des dissidences, en lançant rumeurs et suspicions tout en restant droit dans ses bottes. Entre transition et élections, il se ronge les ongles. La peur est son message qui annonce et dénonce, en même temps. De l’inespéré pour un système qui peut se parler à lui-même, se bombarder en gaz lacrymogènes et, lassé de devoir pleurer, étaler la banderole de victime. Pauvre de lui ! il a regardé la finale de Coupe d’Algérie à la télé…
Désormais seul, il essaye de rejoindre le mouvement populaire et, pour ça, il a un toboggan idéal : le populisme. Ça ne coûte pas cher et ça rapporte gros, entre gogos, héros et antihéros. Comme clients au double-jeu, ce sont les meilleurs pour applaudir, à la fois, le système politique qui va tomber et celui qui va se remplacer par lui-même. Comme pour détourner un avion, faut être dedans et là, pas de problème, ça se bouscule déjà en bas de la passerelle.
Partis, syndicats, associations, probables candidats à la présidentielle, illustres inconnus, peu importe. L’essentiel est que le casting ait de l’allure, ait de quoi ravitailler les espoirs déçus, les appétits inassouvis…
Après embarquement de tout ce beau monde, l’avion à détourner peut prendre son envol. L’équipe de pilotage est prête à commander, selon un plan de vol conforme au système et aux siens. Construire la modernité, la citoyenneté et la justice sociale, ça requiert de l’ancienneté, de l’expérience, avec ou sans compétence, pardi ! C’est du moins ce qui se lit sur les lèvres des sans-dents, sans-grades et autres manquants à l’appel du grand chambardement, risquant d’accoucher d’une souris. Eux, ces laissés-pour-compte ne font pas partie du désordre annoncé. Ils ont pour préoccupation actuelle, le pouvoir d’achat, les statistiques alarmantes d’une économie à vau-l’eau et, ils sont convaincus d’être compris par tout ce qui peut être pragmatique, qui s’intéresse exclusivement aux choses qui tombent sous les sens, sans chercher d’autre dimension, d’autre péremption.
Et, tant que le peuple n’a pas encore trouvé sa date de péremption à lui, c’est l’ironie qui chapeautera ce système et ses affidés. «Khobzistes», comploteurs, putschistes ou preneurs d’otages, ils n’oseront pas s’indigner pour si peu…
M. N.

Check Also

Peur des lendemains farceurs…

Il y a presque unanimité sur le fait que le Conseil constitutionnel a mis le …