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De quoi s’estimer heureux ?

Du démissionnaire, on passe à l’intérimaire. C’est acté et l’on ne fait que constater en citoyens lambda. Par contre, les citoyens atteints de «commentarite aigüe» auront réagi à la procédure de désignation du chef d’Etat intérimaire. Il y aura eu de tout, entre ceux qui auront cautionné et ceux qui blâment encore les 90 jours d’intérim.
Mais à y bien réfléchir, les deux Chambres parlementaires étant les deux béquilles institutionnelles du pays, c’est normal que l’on diverge sur des appareils orthopédiques, efficaces ou pas (…). En l’espèce, ces deux béquilles réunies au Club des Pins peuvent s’estimer satisfaites de la rallonge constitutionnelle qui leur assure au moins des vacances, sous parasol présidentiel…
Et, sans comparaison aucune, ces parlementaires doivent également s’estimer heureux, en pensant à ce qui se passe en Libye voisine. Là-bas, le pays est divisé entre deux Parlements (…), deux gouvernements, deux banques centrales lorgnées par une kyrielle de groupes armés, et des centaines de municipalités plus ou moins autonomes.
Huit ans après la chute de Kadhafi, l’extrême fragilité de la situation politico-militaire aurait bien aimé se doter de béquilles pour un éventuel équilibre, mais en vain. Et si on veut un tant soit peu comprendre ce pays, il y a une logique tribale qu’il faut toujours garder à l’esprit, nous en tant que Maghrébins.
Avant l’arrivée au pouvoir de Kadhafi, sous le roi Idriss, la Libye comptait plus de 150 tribus et divers clans locaux. Cette base tribale servira le pouvoir de Kadhafi et ses diverses élections. L’ancien Guide autoproclamé de la Révolution libyenne des années 1970, utilisera les tribus pour asseoir sa popularité.
En identifiant les besoins des populations, en diffusant ses messages et injonctions révolutionnaires, il veillera au développement de la production pétrolière. Une production que se disputent en ce moment les chefs militaires et politiques, les milices, les clans et les aventuriers. Ah ! ce pétrole que nous avons en commun avec ce pays voisin. C’est cet or noir qui faisait que l’électricité et l’eau étaient gratuites, que les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêt, et que les citoyens n’avaient pas d’impôt à payer. Et bien, tout ça, la coalition franco-anglaise n’en voulait pas.
Sous l’impulsion de Sarkozy et du Premier ministre anglais, sous l’égide de l’ONU, de l’OTAN et de la Ligue arabe, la chute de Kadhafi noyait dans le sang le pétrole, le pays, le régime et les béquilles parlementaires. Une transition démocratique, accompagnée par la France de Hollande, vit le jour avec des mesures économiques, mais ni transition, ni mesures ne furent efficaces.
Actuellement, la guerre civile menace. Prévue initialement du 14 au 16 avril courant, la Conférence nationale de Ghadamès était considérée comme l’opération de la dernière chance pour remettre le pays sur rails. Assurément, c’est encore parti pour dérailler, et encore longtemps, avec l’autoproclamée Armée nationale libyenne dirigée par un maréchal Haftar à l’égo surdimensionné, malgré ses 75 ans d’âge, présumé sage.
Notre pays, la Tunisie, l’Egypte, les Emirats, l’Arabie saoudite, l’Europe, l’ONU, la Russie ainsi que les USA, tentent de raisonner ce maréchal. Ça n’est pas gagné ! Et tout ça pour dire qu’il y en a qui ont de quoi s’estimer heureux…
M. N.

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