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Décès de Rachid Taha: Le chanteur était un maître de la fusion

Le chanteur algérien Rachid Taha est décédé à l’âge de 60 ans dans la nuit de mardi à mercredi suite à une attaque cardiaque.

Le Rocker Rachid Taha qui devait fêter ses 60 ans mardi prochain est mort dans la nuit de mardi à mercredi suite à une crise cardiaque dans son domicile à Paris. L’artiste à l’allure de rocker américain qui avait su allier le chaâbi algérois au rock’n’roll avait annoncé, il y a à peine une semaine, plein de projets dans une émission de la radio algérienne Chaîne III. L’infatigable et dynamique chanteur ne s’attendait pas à ce que son cœur s’arrête de battre en plein sommeil. Suivant ses parents, à l’âge de dix ans, le jeune Rachid qui a quitté sa ville natale Sig près d’Oran se retrouve en Alsace en France. Luttant, peut-être sans le savoir, contre le dépaysement, le petit Rachid qui ne pourra pas continuer ses études, se mettra à apprendre l’arabe classique surtout en écoutant les chansons d’Oum Kalthoum. Rachid Taha est resté attaché à son pays, bien qu’il ait réussi en chantant en français. Ses débuts dans le domaine de la chanson, il les fait au début des années 1980 avec le groupe Carte de séjour qu’il forme avec des amis rencontrés dans une usine à Lyon où il travaillait avant d’être rejoint par l’autre musicien Jerôme Savy. Le groupe qui met en avant des thèmes concernant l’immigration et la lutte contre le racisme ne mettra pas assez de temps pour faire parler de lui.

Chanteur engagé

Les artistes unis sur scène et par les idées participeront à plusieurs manifestations dont la Marche pour l’égalité et contre le racisme de Paris à Marseille.
Leur premier album intitulé Rhorhomanie sort en 1984. En 1986, Taha et Carte de séjour explosent en reprenant Douce France de Charles Trénet chantée en 1943 pour soutenir le moral des prisonniers français et des jeunes gens réquisitionnés pour le STO dans les territoires du Troisième Reich. En 1989, Carte de Séjour est dissous et Rachid Taha continue sa carrière en solo, une carrière bien réussie. Son premier album Barbès sorti en 1991 confirme les qualités de l’artiste. Après de multiples concerts et tournées, Rachid Taha reviendra à la source en 1998 pour remonter très fort avec un album intitulé Diwan. Avec des arrangement modernes, le compositeur réussira à remettre à la page des chansons de Hadj M’hamed El Anka, Akli Yahiatene, Farid El Atrache et le groupe Nass El Ghiwane mais surtout Dahmene El Harrachi dont l’interprétation de Ya Rayeh le propulsera pour une renommé mondiale.
D’ailleurs, à ce jour, on ne sait pas si c’est cette chanson qui a propulsé Taha ou c’est lui qui a propulé la chanson de Dahmane El Harrachi. Rachid Taha était un chanteur qui ne manquait pas d’idées et qui osait. D’ailleurs, la même année, il fera un tabac avec ses amis Cheb Khaled et Faudel en enregistrant en live l’album 1 2 3 Soleil dans lequel ils brillent avec Abdelkader ya Boualem, une chanson du terroir melhoun écrite par Cheikh Ben M’saib.

Un grand artiste

En artiste complet, Rachid Taha a prouvé ses dons de comédiens en jouant le rôle principal du film Là où je pense, un court-métrage réalisé à l’occasion de la collection Écrire pour un chanteur, lancée par la chaîne de télévision française Canal+.
La même année (2008), bien qu’il qu’encore jeune, il publie son autobiographie, Rock la Casbah, aux éditions Flammarion. Cette autobiographie a été en effet écrite alors que le chanteur allait continuer sur sa lancée en donnant des concerts à travers le monde et en enregistrant d’autres albums. En 2013, il avait sorti son 9e album Zoom dans lequel, il rend hommage à ses idoles Elvis Presley et Oum Kalthoum. Pour faire connaître cet album, il fera une tournée mondiale. En 2015, il composera en collaboration avec Kenzy Bouras des musiques de films et jouera dans quelques films. En 2016, l’artiste reçoit un trophée des Victoires de la musique pour l’ensemble de sa carrière. En 2017, tout en continuant à donner des concerts, il crée avec son ami Rodolphe Burger le groupe CousCous. En décembre dernier, il fut l’invité de l’institut du monde arabe (IMA) à Paris où il donna un concert dédié complètement au répertoire de Dahmane El Harrachi. Il faut noter que Rachid Taha était un des chefs de file de la fusion dans le monde. Ses arrangements et mises en scène de chansons algériennes, marocaines, égyptiennes etc. dans un modèle de rock ont marqué la musique mondiale. Il était respecté aussi bien par la critique que par les plus grands artistes. D’ailleurs, le grand Santana a repris une de ses chansons : Kelma. Rachid Taha qui est parti ce mardi avait sa propre façon de chanter, de s’habiller et de se produire sur scène. C’était un grand chanteur, un grand artiste.

Bari Stambouli

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