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Déperdition.. Ces athlètes qui disparaissent dans la nature

Des spécialistes estiment que «le haut niveau se paye à un prix fort, et n’est pas champion qui veut».

Combien d’athlètes ont préféré mettre la clef sous le paillasson en raison d’un manque de suivi ou de considération ? Ce problème provient généralement de la déperdition des athlètes, lequel continu de se poser avec acuité, il ne cesse d’augmenter, et de là, préoccupent les responsables techniques du sport national. Nos athlètes sont souvent considérés comme flemmards, ou encore, ne disposant point de qualités (physique, technique ou morphologique), pouvant les mener au seuil escompté. Ils sont donc vite remplacés par des jeunes, et là, c’est l’éternel recommencement. Des spécialistes estiment que «le haut niveau se paye à un prix fort, et n’est pas champion qui veut». Ceci dit, un plan de charge des plus conséquents et un volume horaire d’entraînement à la mesure de la haute performance, font généralement partie de leur menu, mais loin d’être appliqué comme prévu, alors qu’au même moment, les moyens devront suivre l’évolution.
Un sujet, loin de faire l’unanimité, pourrait en être la cause de la baisse de niveau chez l’athlète, celui d’une présence de moins en moins fréquente à partir d’un certain âge. Ces mêmes spécialistes rétorquent aussi : « Il faut pour cela, un suivi de la dimension des athlètes de haut niveau. Les grands champions disposent généralement d’un menu spécial, d’une grande considération et une attention particulière. Ils sont, en revanche, loin d’être estimés à leur juste valeur en Algérie. Leur prise en charge est le plus souvent revue à la baisse, alors qu’au même moment, leurs adversaires reçoivent le plus gros budget en prévision de préparations et de compétitions à la mesure d’un Mondial.

Comment les préserver ?
Comment pourrait-on, pour cela, préserver un athlète à partir d’un certain âge, si ce n’est le mettre dans des conditions favorables ? Cette option peut faire l’objet d’une étude où tous les responsables du sport algérien devraient s’y mettre. Ce phénomène pris en charge en Europe et aux États-Unis, semble échapper aux nôtres, un séminaire donc, s’impose. La déperdition de l’athlète à partir d’un certain niveau est devenue monnaie courante en Algérie. La fille est sujette aux études et à de nombreuses sollicitations, le garçon, aux études et à d’autres considérations comme la baisse de volume d’entraînement en raison d’un espace plutôt exigu. Plusieurs raisons font que l’athlète disparaît à un âge où il commence à faire sensation. Les études en sont généralement la principale cause. Souvent, il est confronté à des horaires d’études supplémentaires, à des blessures graves, ou à un changement de domicile, ce qui explique la déperdition.
Il est facile de coacher de jeunes compétiteurs, ce qui est loin d’être le cas pour les moins jeunes. Faut-il dans ce cas, coacher sans se préoccuper de son avenir, de ses objectifs ou de ses moyens pour le préserver ? Bref, ce sont des facteurs déterminants qui manquent aujourd’hui, lesquels aussi, poussent notre performance à perdre de son aura. D’anciens spécialistes, pour leurs parts, estiment, que «la meilleure façon de surmonter cette problématique est de ne pas trop insister sur le gain ou l’échec, plutôt songer à l’entretien de l’athlète pour le préserver. Nombreux sont ces techniciens qui songent uniquement à la victoire, mais rarement à l’avenir de l’athlète, quand on sait que bon nombre parmi eux, disposent de qualités exceptionnelles. Combien d’athlètes, depuis l’indépendance de notre pays, ont préféré remettre le tablier pour des raisons parfois minimes ? Ils se sont souvent sentis abandonnés en mettant tous les moyens sur le football. Pourquoi ne pas en profiter aujourd’hui, puisque certains sont prêts à relever les défis ?

Eviter les pressions
L’objectif de se qualifier aux prochains Jeux olympiques de 2020 et méditerranéens d’Oran en 2021, leur trotte l’esprit, il serait plutôt nécessaire de réfléchir sur une politique fiable pour les préserver. Comment ? Voilà une question que risquent de se poser de nombreux entraîneurs. Il est important de saisir les nuances que cela impliquent. Dans l’idéal, un compétiteur n’est ni obsédé par la victoire, encore moins par une peur maladive de la défaite, il l’est par une prise en charge adéquate. Les compétiteurs ont, avant tout, un état d’esprit irréprochable et sont heureux de partager des moments avec tout le groupe.
Il est certes important de gagner, mais l’enjeu ne doit jamais prendre le pas sur ce qui en fait, n’est qu’un jeu. L’athlète se libère de toute pression dès lors qu’il se sente pris en main d’une manière considérable. En somme, un athlète bien préparé et en parfaite condition physique, peut se blesser par inadvertance, ce qui hypothéquerait ses chances de continuer. De la même manière, un athlète moyen peut, dans un bon jour, se surpasser au point de s’imposer face aux plus performants. Ce qui rend de tels exploits possibles, c’est assurément le fait de conserver l’athlète en toute circonstance, avec un esprit de compétition et une bonne préparation mentale. Pour cela, les responsables sportifs de notre pays devraient revoir leur politique, celle de mettre ces athlètes dans des conditions favorables en leur offrant tous les moyens, surtout se préoccuper de leurs études.
Ahmed Chébaraka

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