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Des allures de déjà-vu …

Se dire la vérité en face, c’est assurément gommer les faux-semblants. C’est, paraît-il, la méthode idoine afin d’éviter duplicités et hypocrisies de toutes sortes. Sauf que des faux-semblants, le secteur de l’Education en traîne depuis belle lurette. Du coup, otages d’un règlement de comptes récurrent, les apprenants du secteur sont relégués à l’indifférence qui tue. A chaque grève, ce sont eux les dindons de la farce… Cette fois-ci, le Cnapeste réclame le logement, la médecine du travail, la prime de zone et on ne sait trop quoi sur la retraite. Ce syndicat a probablement ses raisons. Mais le fait de vouloir être impliqué dans la préparation de la rentrée scolaire et dans la désignation des cadres du secteur, c’est un peu demander à voir la lune en plein jour. Et, à quelques encablures des examens de fin d’année, est-ce raisonnable de paralyser un cursus scolaire déjà hémiplégique ? La ministre du secteur sera, paraît-il, aujourd’hui et demain, au charbon du côté de Tizi Ouzou. Réussira-t-elle à débloquer une situation qui a des allures de déjà-vu ? C’est là toute la question. Une question qui aura été ressassée à chaque mouvement de grève décrété par l’un ou l’autre des syndicats. Autrement dit, un vieux plat indigeste où l’aigreur se dispute à l’amère illusion de bien-être. L’an dernier, il y a eu le triste épisode d’un baccalauréat truandé par des fuites. «Encore une fois…» se dirent les parents d’élèves abasourdis par un condensé de «justifications» de bas étage. La tutelle subira l’assaut sémantique de tous les pédagogues à identité indéfinie. Islamistes, conservateurs, modernistes ou laïcs, tous ne s’arrêteront pas au détail pour trouver la faille du secteur de l’Education dans son ensemble. Toutes les fumisteries idéologiques étaient de sortie et, curieusement, personne n’aura pipé mot sur la gabegie pédagogique en elle-même, et sa perte de compétences. Pourtant, nous avons souvenir que lors de nos vieux cursus scolaires, pas besoin de cours particuliers pour réussir aux examens. Nul besoin de nos parents et de leur argent pour s’assurer de quelconques bonnes grâces !
Aujourd’hui, on fait semblant de croire, grève ou pas, au Père Noël dès que les dates d’examen approchent, en payant rubis sur l’ongle cours particuliers, de soutien ou de rattrapage… Pourquoi ? Pour des enfants installés dans une pédagogie sommaire produisant des illettrés bilingues, langues arabe et française confondues. D’ailleurs, pour nous parents, faire l’inventaire des dysfonctionnements du système serait présomptueux autant que fastidieux.
En fait, un minimum syndical serait plus que salutaire chez nos fonctionnaires mécontents. Des problèmes de logement, de prime et autres, tout ce beau monde en a, sans pour autant systématiquement crier au loup… Les associations de parents d’élèves en ont marre. D’ailleurs, ils dénoncent cette situation de blocage qui risque de valoir à leurs enfants une année blanche. Ils ne comprennent pas ce Cnapeste qui peste de nouveau. Une grève, au suivi certes mitigé, ne doit pas passer pour une banalité, mais il y a tout de même des limites à l’entêtement. Il y va de l’avenir de nos potaches, souvent tentés par un phénomène venu de nulle part, celui de la «harga». Ceux qui organisent cette «harba» via des embarcations de fortune… font fortune sur le dos d’un «eldorado» improbable. Des passeurs criminels qui n’ont nul besoin d’un syndicat pour avoir un logement, primes et autres avantages dits sociaux. Ils surfent sur les duplicités, les hypocrisies et la prétendue absence d’horizons pour pousser des jeunes écervelés à tenter l’aventure funeste. La société dans son ensemble ne s’explique plus ce phénomène. Et si, pour une fois, on se disait les choses en face ? A l’algérienne, dans le blanc des yeux, avouer que nous sommes tous responsables de la marmite qui bout avec des allures de déjà-vu…

M. N.

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