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Des élèves «jetés» dans la rue par les chefs d’établissements.. Qui veux manipuler l’école ?

Dimanche matin, les élèves qui avaient marché dans les rues avaient surpris les forces de l’ordre, qui ne s’attendaient pas à un mouvement de protestation aussi important.

L’implication des élèves des cycles moyen et secondaire dans les manifestations pacifique contre le 5e mandat, est une responsabilité qui incombe aussi bien à la famille qu’aux chefs des établissements scolaires. En signe d’adhésion au mouvement populaire, certains établissements ferment leurs portes et «jettent» les élèves dans la rue pour manifester. A son deuxième jour de grève, le secteur de l’éducation est fortement paralysé. Primaire, CEM et lycées ont tous fermé leurs portes en signe de grève générale, laissant les élèves dans la rue, et désobéissant aux instructions de la ministre de l’Education Nationale, Nouria Benghabrit. Dès les premières heures de la matinée, les élèves ont été renvoyés chez eux, à cause de la grève générale observée par les professeurs et administrateurs du secteur, en adhésion au mouvement populaire. Dans les rues de la capitale, un renfort de policiers a été dépêché pour sécuriser les principaux accès à la présidence de la République.
En effet, dimanche matin, les élèves qui avaient marché dans les rues avaient surpris les forces de l’ordre, qui ne s’attendaient pas à un mouvement de protestation aussi important. Ainsi, pour éviter la répétition de ce scénario, des camions de police ont été placés à l’entrée des grandes rues de la commune d’Alger-centre. Par ailleurs, le ministère de l’Education nationale a appelé hier à la vigilance, tout en assurant que préserver l’école contre les différents courants politiques et idéologiques est la responsabilité de tous. S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, la directrice centrale de l’évaluation et de la prospective au ministère de l’Education nationale, Samia Mezaib, a assuré que la responsabilité des manifestations observées par les élèves, incombe aussi bien à la famille qu’aux chefs d’établissements scolaires.
Qualifiant ces marches de « très dangereuses », elle a expliqué que ces mineurs doivent être en classe, et ne doivent pas se mêler des affaires politiques. A cet effet, l’invité de la Chaîne III a signalé qu’il y a une situation confuse, d’où l’obligation de faire montre de vigilance et de protéger l’école. De son côté, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, avait qualifié, la veille sur sa page Facebook, la sortie des élèves dans la rue d’acte dangereux. « Nous avons tous le devoir moral, l’obligation et la responsabilité de protéger notre école, donc de protéger nos élèves et de protéger nos enfants», lit-t-on sur sa page. Elle soulignera également que «c’est parce que l’école est gratuite et obligatoire qu’elle demeure l’école du peuple». Dans ce sens, la ministre a appelé les parents, enseignants, élèves et tout l’encadrement de «prôner un seul mot d’ordre, à savoir mettre l’école algérienne au-dessus de toute considération».

Les parents d’élèves inquiets
Le mouvement des élèves pendant ces deux derniers jours suscite une grande inquiétude chez les parents d’élèves. Contacté par nos soins, le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE), Ali Benzina, a mis en garde, hier, contre les appels inconnus qui circulent sur les réseaux sociaux, et incitent les élèves à entreprendre des mouvements de protestation d’ordre politique. « Les élèves sont très jeunes pour s’immiscer dans les affaires politiques », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « ces enfants n’ont même pas l’âge de voter, ces affaires les dépassent». A ce propos, il a accusé les directeurs des établissements pédagogiques de pousser ces élèves à se diriger vers la rue pour manifester, en fermant les portes des écoles. « Les professeurs ne sont pas responsables de renvoyer les élèves chez eux, ce sont les responsables des établissements qui ont fermé les portes », a-t-il conclu.
De leur coté, les syndicats du secteur de l’Education se sont donnés le mot, pour assurer que ce mouvement de grève est une adhésion au mouvement populaire, et dénoncer le comportement irresponsable des chefs d’établissements. «Les syndicats de l’éducation n’ont absolument aucun lien avec ce qui s’est passé, la place des élèves est à l’école et non pas dans les rues. Les responsables qui ont libéré les enfants doivent assumer leurs responsabilités », assure le porte-parole du CNAPESTE, Messaoud Boudiba. La seule action de protestation à laquelle nous avons appelée, a-t-il fait savoir, «est une marche pacifique le 13 mars, les enseignants sont priés de rester dans leurs établissements, car nul n’a le droit de priver les enfants de leur droit à la scolarité», appelant « les directeurs des établissements à garder les élèves en classe, même en cas de grève ».
En outre, le secrétaire du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (Cela), Idir Achour, a estimé que le mouvement des élèves n’est qu’une suite logique au mouvement de grève générale initié par la société, et que les lycéens sont tout à fait aptes à comprendre les enjeux d’une telle action. S’agissant des manifestations entreprises par les jeunes écoliers, notre interlocuteur a rejeté le comportement des responsables, qui ont permis aux élèves de sortir dans la rue. « Libérer de jeunes écoliers est une très mauvaise idée. Nous sommes dans une situation délicate, où les choses peuvent rapidement dégénérer », a-t-il ajouté.
Radia Choubane

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