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Des journées d’études lui seront consacrées les 14 et 15 février: Quel avenir pour le bijou d’Ath Yenni ?

Le bijou traditionnel d’Ath Yenni, continue à résister contre vents et marées, aux nombreux problèmes rencontrés par les artisans qui lutent au quotidien pour la sauvegarde de ce patrimoine séculaire de toute une région.

Face aux nombreuses difficultés auxquelles ils ne cessent de faire face ces dernières années, les bijoutiers d’Ath Yenni, ont décidé à travers leur association d’organiser des journées d’étude les 14 et 15 février en cours, sur le bijou traditionnel d’Ath Yenni sous la thématique : «Le bijou d’Ath Yenni, un patrimoine et un savoir-faire, entre déclin et dynamique économique: quelles perspectives ?». Une manifestation qui aura lieu au chef-lieu de la daïra d’Ath Yenni à 35 km au sud de Tizi Ouzou, sous l’égide de l’association locale des bijoutiers en collaboration avec la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de Tizi Ouzou, avec la participation des artisans bijoutiers venus des quatre coins de la wilaya. Objectif : discuter des perspectives de la relance des activités liées à la bijouterie traditionnelle et au tourisme local.
Selon la fiche de présentation de ces journées d’étude qui verront également la participation des artisans, des universitaires, des spécialistes du développement local et des responsables d’institutions locales et régionales, l’objectif principal est celui de poser un diagnostic pertinent sur la situation de la bijouterie traditionnelle dans cette commune à fortes potentialités, mais peu valorisée.
Le défi est de préserver ce savoir-faire, valoriser ces métiers d’arts qui participent au développement local et durable. Pour ce faire, les organisateurs qui ont prévu durant ces deux journées plusieurs conférences et tables rondes animées par d’éminents spécialistes et universitaires à l’instar de Slimane Hachi, Idir Ahmed Zaid, Malika Ahmed Zaid, Achit Belkacem et Ali Sayad ainsi que le premier responsable de la CAM, Abdelkrim Berki, espèrent parvenir à l’élaboration d’un plan de travail pour la mise en œuvre des recommandations à la fois sur les doubles volets de levée de contraintes bureaucratiques, et d’accompagnement des artisans dans la reprise ou la consolidation de leurs activités. Il s’agira aussi, explique-t-on, de viser l’amélioration de l’environnement institutionnel en lien avec l’exercice des activités de la bijouterie traditionnelle, notamment en contribuant à une simplification des procédures et démarches administratives dans les domaines de fiscalité, de la formation, transmission et survie du métier, les approvisionnements, la commercialisation, et la contrefaçon.

Manque de matière première, difficultés de commercialisation, concurrence déloyale …

A ce propos, le président de l’association des artisans bijoutiers d’Ath Yenni, Mohamed Haouche, a indiqué que le problème majeur auquel sont confrontés de nos jours les bijoutiers de la région, est celui de la matière première, que l’AGENOR, unique agence publique en charge de l’approvisionnement des artisans en corail et argent, n’arrive plus à satisfaire. «Nous faisons face depuis un certain temps à l’indisponibilité de la matière première, à savoir le corail et l’argent que l’AGENOR n’arrive plus à assurer la demande des bijoutiers d’où notre appel en direction des pouvoirs publics afin d’autoriser les opérateurs privés à importer cette matière et permettre ainsi aux artisans de s’approvisionner chez eux», explique Mohamed Haouche.
Une doléance que les pouvoirs publics semblent prendre en charge à en croire le directeur de la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de Tizi Ouzou qui a indiqué la semaine dernière sur les ondes de la radio locale que «la tutelle a pris acte de cette revendication en retenant un opérateur privé de la région pour l’importation du corail et de l’argent afin d’approvisionner les bijoutiers de la wilaya de Tizi Ouzou». Selon Abdelkrim Berki, un local sera également attribué à cet importateur de la matière première au niveau de la nouvelle maison de l’artisanat dont l’ouverture est prévue dans les prochains jours afin, dit-il, de permettre aux artisans qui éliront domicile au niveau de cette structure de s’approvisionner directement chez cet opérateur. Pour rappel, la nouvelle maison de l’artisanat sise à la Nouvelle ville de Tizi Ouzou, dispose de 37 locaux dont les heureux bénéficiaires activant dans différents métiers artisanaux sont déjà retenus alors que l’ouverture officielle de cette structure est prévue dans les prochains jours, selon le premier responsable de la CAM.
L’ouverture de cette Maison de l’artisanat sera certainement d’un apport non négligeable pour les artisans de la wilaya qui souffrent de l’absence d’espaces pour la valorisation de leurs produits, eux qui se contentent à chaque fois des rares activités organisées par les autorités à l’instar des salons et autres journées nationales dédiées au secteur. La bijouterie, la poterie, la vannerie, le tissage, la sculpture sur bois, la broderie, le vêtement traditionnel et la ferronnerie d’art qui sont sensés faire connaître la région à travers le monde, sont aujourd’hui des métiers en voie de disparation, faute de prise en charge réelle des artisans par les pouvoirs publics. C’est dans le but justement de booster ces métiers ancestraux que les autorités ont décidé de réaliser cette Maison des métiers de l’artisanat, qui sera une sorte de passerelle entre les artisans et les clients, notamment les touristes en quête de découvrir les valeurs inestimables de l’artisanat local.

Ali Chebli

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