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Des ministères émettront leurs documents en tamazight: Un autre acquis pour la cause

Tamazight est en voie de reconquérir la place qui lui sied en Algérie. Peu à peu, acquis après acquis, les Algériens commencent à recouvrer leur identité nationale plusieurs fois millénaire.

Après la reconnaissance de tamazight comme langue nationale, suivie de son officialisation et l’inscription du premier jour de l’an berbère, le 1er Yennayer, dans la nomenclature des journées chômées et payées, place à l’introduction de tamazight dans les institutions et l’administration.
Le Secrétaire général (SG) du Haut commissariat à l’Amazighité (HCA), Si Hachemi Assad, a annoncé, avant-hier, à partir d’Adrar, que plusieurs ministères devront établir des documents en langue amazigh. «Il s’agit des documents des ministères de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, des Ressources en eau, de l’Energie, des Transports, de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique qui auront à établir des documents en caractères et terminologies amazighs», a déclaré le SG du HCA, repris par l’APS. Ce dernier a effectué, en compagnie d’une délégation composée d’universitaires, une visite au centre des manuscrits dans la ville d’Adrar, dans le cadre des activités commémoratives du centenaire de l’auteur et chercheur Mouloud Mammeri. «Cette visite vise à trouver les opportunités de partenariat entre le HCA et le centre en vue d’une éventuelle reproduction de ces manuscrits, d’échanger certains documents et archives ayant trait au patrimoine amazigh», a-t-il expliqué. Après donc les manifestations en Kabylie, en décembre 2017, où les populations ont exigé une officialisation effective de la langue amazigh, l’Etat semble avoir décidé d’honorer ses engagements constitutionnels. En effet, la constitution du mois de mars 2016 stipule que l’Etat œuvre à la promotion et au développement de la langue amazigh dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national. «Il est créé une Académie algérienne de la Langue Amazighe, placée auprès du président de la République. L’Académie qui s’appuie sur les travaux des experts est chargée de réunir les conditions de la promotion de tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle.
Les modalités d’application de cet article sont fixées par une loi organique», ajoute l’article 4 de la loi fondamentale. Mais force est de constater que jusqu’à décembre 2017, c’était juste un slogan officiel. Il a fallu les manifestations de décembre dernier pour que les autorités passent aux actes. Ainsi, le 27 décembre, lors du dernier Conseil des ministres de l’année passée, le chef de l’Etat a annoncé sa décision de consacrer Yennayer journée chômée et payée dès le 12 janvier en cours, chargeant le gouvernement de prendre les dispositions appropriées à cet effet. Il a aussi enjoint au gouvernement de ne ménager aucun effort pour la généralisation de l’enseignement et de l’usage de tamazight, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution. Il a également chargé le gouvernement d’accélérer la préparation du projet de Loi organique portant création d’une Académie algérienne de la langue amazighe. Mais selon les militants de la cause, il reste beaucoup à faire pour que tamazight recouvre sa véritable place dans la société. «La Loi organique sur l’identité, la langue et la culture amazighs est une urgence dont la responsabilité repose sur le pouvoir mais aussi sur les députés partisans de l’amazighité qui devraient unir leurs efforts sur cette question. Cette Loi doit créer la fameuse Académie de langue amazigh, instaurer et organiser les généralisations et obligations progressives de l’enseignement de notre langue, développer le secteur de la communication amazigh, aménager un plan de réhabilitation et de promotion sur le court, moyen et long terme dont le financement doit être annuellement assuré à travers les départements ministériels concernés, outre la création d’un fonds spécial alimenté par des allocations financières respectables et durables», plaide Ali Brahimi, ancien détenu du printemps berbère de 1980.

Karim Aimeur

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