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Des projets culturels détournés ou abandonnés: Les élus n’y pensent pas

On vient d’élire des présidents d’APC et des membres d’APW comme on a déjà élu des députés et des sénateurs, mais y a-t-il parmi ces élus ceux qui défendent l’art et la culture ?

S’il est rare de trouver un président d’APC en Algérie qui décide de construire ou restaurer un théâtre, une salle de cinéma ou un centre culturel, la majorité d’entre eux, tout comme les élus d’APW ou des deux chambres, rares sont ceux qui sortent du lot. C’est le cas de l’ancien maire de Bouzaréah à Alger, Ahmed Rouabhia, qui avait construit un très beau théâtre de verdure mais qui, par la suite, a été squatté par des citoyens qui en ont fait un bidonville. Ce théâtre est aujourd’hui complètement abandonné alors qu’il peut être restauré. D’ailleurs, il n’a été utilisé qu’une seule fois en plus de trente ans par l’établissement Arts et culture lors d’une fête consacrée aux enfants. Aucun P/APC ni chef de daïra depuis plusieurs décennies n’a songé à la restauration de ce théâtre de plein air qui se trouve, pourtant, en plein centre de la commune. Les aires qui devaient servir de parking à ce théâtre ont été transformées en station de bus et un marché dont une partie a été détruite par l’APC alors que les locaux commerciaux avaient officiellement été cédés à leurs propriétaires.

Des hommes courageux

Mohamed Idir, un autre président d’APC, s’était démarqué dans les années 1990 en encourageant et en assistant en personne aux répétitions de la troupe de théâtre dirigée par feu le comédien Merzak Meflah, alors que la commune de Baghlia à Dellys vivait sous la menace des terroristes. D’ailleurs, Mohamed Idir a fini par être assassiné par ces criminels. Il n’y a pas que les élus qui sont responsables de l’abandon des lieux culturels mais ils pourraient toujours agir. A Hydra (Alger), alors qu’il avait été construit pour servir de centre culturel, un beau bâtiment a été cédé à la direction générale de la Protection civile. Il est vrai que tout le monde respecte ce corps mais on aurait dû lui céder un autre lieu et laisser à la culture ce qui lui était destiné. C’est le même cas pour un autre bâtiment à El Mouradia qui devait être restauré pour servir à l’animation culturelle des jeunes mais qui a fini pour une autre destination. Au moment où des comédiens déclarent qu’il y a un manque de lieux pour se produire, des théâtres de verdure et des salles sont à l’abandon. En effet, mis à part le théâtre de Verdure Laâdi-Flici qui ne sert qu’aux grands galas et reste nettement sous-utilisé, d’autres théâtres construits depuis plus de 20 ans sont tombés dans l’oubli car jamais utilisés. C’est le cas du théâtre de verdure construit derrière le centre commercial de Chateauneuf en face de l’ancien siège de l’ONDA. Ce beau théâtre tombé dans l’oubli n’a jamais été inauguré ; il va sûrement être démoli puisqu’il se trouve sur un terrain en chantier pour un projet de l’Etat. On se demande pourquoi rien n’est programmé au niveau du petit théâtre de verdure se trouvant au sein du centre de formation des animateurs de Tixeraine. La direction de cette école pourrait bien le réparer et tracer un programme qui servira à la fois aux animateurs et aux associations culturelles.

Un petit théâtre à Hydra

Un autre théâtre a été construit depuis deux décennies dans la clairière de la cité Sellier, à Hydra, et attend son inauguration. L’APC dont il dépend pourrait bien l’utiliser. Les élèves des lycées et collèges de Hydra et Saïd-Hamdine pourraient bien organiser des activités au niveau de ce tout petit théâtre. Il faut rappeler aussi que le théâtre de verdure Hadj-Abderrahmane qui se trouve au village des artistes de Riadh El Feth est également abandonné puisqu’il ne sert que très rarement. A Tipaza, des gens ont organisé un petit festival de la musique andalouse pour nous rappeler qu’un théâtre romain existe et qui risque également de tomber dans l’oubli. A Bouzaréah, les différents P/APC de ces dernières décennies n’ont pas agi pour la réouverture du centre culturel pour enfants qui se trouve abandonné depuis plus de trente ans. Même si ce centre appartiendrait au ministère de l’Education, le maire devrait agir car il se trouve dans son territoire. Tout le monde se tait au sujet de ce centre, ce qui nous pousse à penser qu’il y a des gens qui veulent le détourner. A Médéa aussi, on n’a pas vu un maire lever la voix ou demander un budget pour la restauration des anciennes salles de cinéma. Tout le monde semble content que cette ville n’en soit pas dotée alors qu’il y en avait quatre dans les années 1960-1970. On n’a pas vu durant la dernière campagne électorale des candidats ayant promis la construction ou la restauration d’un site culturel, ce qui n’est pas normal. Ces candidats sont-ils tous des intégristes ?

Bari Stambouli

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