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Des surprises à l’ONU…

Bien que peu enclins à décortiquer adroitement les fracas politiques, qui se dessinent actuellement en ce monde, on peut néanmoins y lire entre les lignes… C’est ainsi que la 73e Assemblée générale des Nations Unies nous a appris des choses, en nous surprenant parfois. Ainsi, et paradoxalement, celui qui n’a jamais caché son profond mépris pour l’ONU, le nommé Donald Trump, y était en chair et en os. Il aurait pu se contenter d’une participation à minima, ou, carrément, la snober comme ses homologues russe et chinois, rarement au rendez-vous annuel. Non, l’apôtre des rapports de force aura multiplié, en quatre jours de présence à New York, les entretiens bilatéraux, avec, entre autres, les premiers ministres japonais et britannique, les présidents français, égyptien, sud-coréen et colombien. Mardi, à la tribune onusienne, le locataire de la Maison Blanche a souligné la bonne santé de l’économie américaine, le budget record de l’armée, les sommets atteints par les marchés financiers, etc.… Bref, «l’America first» était de sortie. Ensuite, c’est l’Iran qui sera taxé de «champion de l’Axe du mal» à isoler par la communauté internationale. Sur sa lancée, Trump s’en prendra également à la Chine, dont l’excédent commercial avec Washington «ne peut être toléré», aux pays de l’OPEP, qui doivent «cesser de faire monter les prix» du pétrole, au régime vénézuélien, responsable d’une «tragédie humaine», et à la Cour Pénale Internationale, qui n’a «aucune légitimité et aucune autorité». Ouf, son déplacement à New York n’aura pas été vain, pour l’ennemi juré du multilatéralisme, de l’accord de Paris sur le climat, de l’Unesco, du pacte mondial pour les migrations et les réfugiés, du Conseil des droits de l’Homme, et, bien sûr, de l’accord sur le nucléaire iranien. Et qui pour répondre ?
D’abord, Hassan Rohani, le président iranien, qui dénoncera la position «absurde» de Donald Trump, et accusera les Etats-Unis de vouloir renverser le régime de Téhéran, tout en lui proposant de dialoguer. Ensuite, ce sera l’Emmanuel Macron, qui rêve de faire de la France une «puissance médiatrice». Dans son intervention fleuve de près de 45 minutes, il aura insisté sur la crise profonde de l’ordre international, et exhorté à «forger ensemble un nouveau modèle, trouver ensemble un nouvel équilibre mondial». Prenant l’exemple du nucléaire iranien, des déséquilibres commerciaux, du conflit israélo-palestinien ou du climat, le «Jupiter» français aura prévenu que «la loi du plus fort» ne permettrait de régler aucun problème. «Cette voie, je l’affirme ici, celle de l’unilatéralisme, elle nous conduit au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun. Même de celui, à terme, qui se croit le plus fort», aura-t-il lancé. Là, sans être toutefois nommé, c’est Donald Trump qui devait être à l’étroit dans ses souliers, il lui répondait point par point. Poussant plus loin le bouchon, il conclura avec passion : «La France sera là pour rappeler au monde que le fracas des nationalismes conduit toujours vers l’abîme». Autant se dire que le jeune locataire de l’Elysée a raison. Et même si on le sait capable de vendre des lunettes de soleil à des aveugles, ou des réfrigérateurs à des esquimaux, il dit vrai sur un monde devenu de plus en plus chaotique, et à tous les niveaux. Que ce soit sur la résolution des conflits, où le multilatéralisme est remis en question, sur les libertés, où l’agenda des droits de l’Homme perd du terrain, ou enfin sur les changements climatiques qui bouleversent les saisons, et vont plus vite que tous les pouvoirs et tous les droits. Le droit de transformer, le droit de détruire, le droit de polluer, le droit de s’approprier, tout ça, c’est de l’histoire ancienne, avec les nouvelles donnes climatiques. Et ça, aucun homme politique ne pourra le nier, mépris ou pas de l’ONU…

M.N

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