Home / L'edito / Des turpitudes pour exister…

Des turpitudes pour exister…

N’ayant de musulmans que le nom, les intégristes reprennent du poil de la bête, avec leurs interdits puisés, selon eux, dans le religieux. Le nouvel an est, bien sûr, dans leur collimateur haineux. Après le Mawlid Ennabaoui et le proche Yennayer, catalogués «haram», faut rien célébrer… Entre l’essentiel et le superficiel, c’est en voix off qu’on se dit que ces turpitudes n’iront pas loin. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que «qui a été mordu par un serpent se méfie d’une chenille», selon le proverbe de chez nous. Aussi, cet ennemi sournois, sans foi ni loi, en dépit de postures religieuses de façade, peut nuire. Et rien n’est pire que de se plier, ou de trembler, face à des «illuminés» dénués de toute humanité. En fait, ils ne méritent qu’indifférence et mépris, dédain et silence. Se déchirer à cause d’eux, en s’écartelant entre sinistrose et joie de vie au soir du nouvel an, serait leur donner raison. La plus raisonnable des attitudes consisterait à ne pas tenir compte de leur présence, à faire comme si de rien n’était. Parce que justement, ils ne sont rien, et n’ont rien de l’Algérien digne de ses origines et de ses diversités culturelles. La vie, la civilisation, exigent qu’on les raye de nos peurs, qu’on les dissolve dans l’indifférence. Un peuple qui s’est refusé d’être à genoux devant les hordes terroristes aura de la peine à ingurgiter ces turpitudes d’interdit et à passer ainsi de l’autre côté de la vraie vie, celle qui procure de la joie et du bonheur. Des mots qui ont presque disparu de notre lexique. Des mots avec lesquels on se doit de renouer, sans complexe aucun.
Aussi, le fait d’accorder de l’importance à ces êtres des ténèbres, c’est refuser de vivre. C’est aussi donner raison à la doctrine mortifère de ces salafistes qui interdisent, imposent et brandissent des menaces pour exister. Cette seule façon d’exister ne serait rien, sans l’importance qui leur est accordée dans des mosquées, truffées de ces gens-là. D’ailleurs, bon nombre de fidèles ont renoncé à la prière dans ces mosquées, préférant le chez-soi, même le vendredi. C’est leur légitime défense… Mais, les autres, ceux qui ne font nécessairement pas les cinq prières pour être musulmans ? Doivent-ils subir indéfiniment ces hurluberlus ? L’indignation à l’encontre de ces méprisables se lit sur les réseaux sociaux. Tous apportent de l’eau au moulin de celles et de ceux qui comptent s’éclater, dans des restos ou des bars, au soir du nouvel an. Ça sera pareil pour Yennayer, et l’état de droit sera là pour les rassurer. Quant à ceux qui préféreront les ambiances familiales, ils ont cessé de réagir négativement. Ils pensent que c’est en silence qu’il faut ignorer ces donneurs de leçons. Un silence qui rendra caducs les interdits auxquels ils se livrent pour donner écho à leurs bassesses.
Un mépris qui les éradiquera ? Depuis le temps qu’ils le sont, méprisés et même pourchassés par les forces de l’ordre, ça se saurait, leur extraction de la société. Ils perdurent, au grand dam du vivre-ensemble, de la convivialité en périodes de fête. N’importe comment, le trente et un décembre à minuit, beaucoup de musulmans normaux s’embrasseront, se souhaiteront une bonne année, et tireront des plans sur la comète via des vœux sincères. Ces vœux intimes, dits en silence ou exprimés bruyamment, rallieront des critères universels, n’en déplaise à certains «précepteurs» de modes de vie….

M. N.

About Armadex

Check Also

Presse indépendante, dites-vous ?

Me Ali Yahia Abdennour disait un jour : «Quand je défends les droits de l’Homme, …