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Deuxième anniversaire du décès de Hocine Ait Ahmed: A quand des hommages officiels ?

Le deuxième anniversaire du décès de Hocine Aït-Ahmed n’a pas été commémoré à la hauteur de la stature de l’homme. N’était la cérémonie de recueillement à sa mémoire ce 23 décembre, qui a drainé une foule nombreuse dans le cimetière de son village natal, Ath Ahmed (Tizi-Ouzou), cet anniversaire serait passé carrément inaperçu. Aucun hommage officiel, même si cela était le dernier des souhaits du défunt, qui avait, rappelons-le, refusé des obsèques officielles, préférant reposer dans son village à côté de sa mère que dans le carré des martyrs d’El Alia, n’est venu traduire la dimension historique de l’homme. Quoique cette dimension soit incontestable. Mais les observateurs et les amoureux de Hocine Aït-Ahmed, un des fondateurs du FFS en 1963, premier parti de l’opposition, regrettent que deux ans après son décès, aucun édifice, aucun boulevard, aucune université ni aucune institution ne porte son nom. Cela au moment où les noms d’autres acteurs de la révolution sont inscrits sur les frontons des aéroports, des universités et autres grandes infrastructures. Hocine Aït-Ahmed «est le premier diplomate algérien qui a ouvert le bureau de l’Algérie à New-York en 1955. Un docteur en droit international. On aurait pu donner son nom à l’IDRI (Institut diplomatique et des Relations Internationales) ou carrément au siège du MAE (ministère des Affaires étrangères), plaide-t-on sur les réseaux sociaux. Ou tout simplement baptiser en son nom l’ancien siège de l’assemblée constituante, qui abrite aujourd’hui le Conseil de la nation.
L’homme qui a toujours défendu l’unité nationale mérite certainement mieux. A quand donc un hommage officiel au fils terrible d’Aïn El Hammam ? L’ostracisme officiel frappera-t-il sa mémoire, comme il a sévi pendant longtemps contre celles de Krim Belkacem, Abane Ramdane, Mohamed Khider et tant d’autres ? En attendant donc une réaction étatique à la hauteur de l’homme, c’est le peuple qui s’en charge en lui rendant tous les honneurs. Les milliers de citoyens qui se sont rendus à Ath Ahmed ce 23 décembre sont la preuve irréfutable de l’attachement des Algériens aux valeurs et au projet national défendus par Aït Ahmed pendant toute sa vie, depuis sa tendre jeunesse jusqu’à sa mort à Lausanne, en Suisse, le 23 décembre 2015. «Hocine Aït Ahmed ou Dda L’Hocine, comme l’appelle la plupart des Algériens à titre honorifique, en raison de la place qu’il occupait dans leurs cœurs, a toujours montré son attachement inconditionnel à sa patrie, pour laquelle ni les souffrances, ni les malentendus, ni même un exil de plus de 23 ans n’ont affecté l’amour», a écrit la section FFS France-Nord, dans un hommage à l’occasion du deuxième anniversaire de son décès, publié dans un quotidien national. «Ayant passé plus de soixante-dix ans de militantisme, d’abord dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et ensuite dans la lutte pour l’instauration d’un État de droit et démocratique, tous ceux qui l’ont connu de près ou de loin témoignent unanimement que sa préoccupation majeure, si ce n’est sa seule préoccupation, était l’Algérie, et rien que l’Algérie. Le combat qu’il a toujours mené n’est jamais indissociable des principes du 1er novembre 1954 ou des résolutions du Congrès de la Soummam. Ses préoccupations étaient ses rêves d’une Algérie libre et heureuse ; d’une Algérie où chaque Algérien a le droit d’avoir tous les droits ; d’une Algérie où les libertés individuelles et collectives doivent être assurées et protégées. Son rêve était de voir une Algérie sociale et humaine, heureuse de ses pluralités culturelles, linguistiques et ethniques ; une Algérie tolérante où les citoyens prônent l’union et le pacifisme dans les luttes communes», ajoute la section. Né le 26 août 1926 à Ain El hammam, Hocine Aït Ahmed a entamé très jeune son parcours politique en 1945 au sein du Parti du peuple algérien (PPA) avant de présider l’Organisation spéciale en 1947 après la mort de son fondateur Mohamed Belouizdad.
En 1955, il participera au Congrès de Bandung (Indonésie) avant de se rendre à l’Organisation des Nations unies à New York en 1956 comme représentant de la délégation du FLN. Il est également un des cinq chefs historiques dont l’avion a été détourné par la France coloniale le 22 octobre 1956.

Karim Aimeur

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