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Devant le rejet populaire et la pression des députés, Bouchareb démissionne de la tête de l’APN.. Un deuxième «B» tombe !

La chambre basse du Parlement a devant elle 15 jours pour trouver un consensus et élire un nouveau président.

Mouad Bouchareb, un des «B» que le Hirak rejette tombe. Le président de l’APN, contesté par le mouvement populaire, son parti et la majorité des groupes parlementaires, a démissionné de son poste au dernier jour de la session unique du Parlement. La séance qui devait se tenir, hier, à la chambre basse, ne s’est finalement pas tenue. Les opposants à Bouchareb ont fermé tous les accès menant à la salle des plénières. Entre-temps, sous la pression et constatant qu’il n’avait plus de soutiens, le président de l’APN qui ne s’est pas pointé à l’hémicycle, a fini par présenter sa lettre de démission au bureau de l’Assemblée, en chargeant son vice-président, Mohammed Moussaoudja, de la transmettre. Des sources ont évoqué que la veille, soit lundi, la garde rapprochée de Bouchareb lui a été retirée.
Ce qui signifiait automatiquement sa fin. Réuni, le bureau a constaté la vacance du poste de président de l’APN et décidé de charger un intérimaire pour gérer les affaires courantes. «Après avoir pris acte de la démission, les membres du Bureau ont constaté à l’unanimité la vacance du poste de président de l’APN, par suite de démission», a annoncé le bureau de l’APN, dans un communiqué, ajoutant avoir décidé «conformément aux dispositions de l’article 10 du règlement intérieur», de «soumettre le dossier de vacance du poste de président de l’APN à la Commission des Affaires juridiques et administratives et des libertés pour élaborer le rapport constatant la vacance». Par ailleurs, «le Bureau a décidé également à l’unanimité de charger le vice-président, Terbeche Abderrezak de la gestion des affaires de l’Assemblée jusqu’à l’élection d’un nouveau président», a précisé la même source. Seule la séance de clôture de la session parlementaire au niveau du Sénat, présidée par Salah Goudjil, a eu lieu, en présence du Premier ministre, Noureddine Bedoui.
Ce dernier «a été empêché, selon Lakhdar Benkhellaf, député d’El Adala, d’accéder à l’APN». Devant cette situation inédite dans l’histoire de l’institution législative, le congé des députés se voit désormais, reporté. La chambre basse du Parlement a devant elle 15 jours pour trouver un consensus et élire un nouveau président. C’est ce qu’a affirmé Khaled Bouriah, chef du groupe parlementaire du FLN, dans une déclaration à la presse. «Après la déclaration de vacance du poste de président de l’APN, la commission des affaires juridiques entamera les démarches qu’il faut et il y a un délai de 15 jours pour élire un autre président», a-t-il expliqué. Mais, faudrait-il d’abord trouver consensus avec les autres formations politiques de la majorité, et surtout avec ceux de l’opposition.
Quelle crédibilité pour le prochain président ?
Dans ce camp, il y a déjà le PT qui a retiré ses députés, le FFS aussi malgré que la décision ne soit pas respectée par tous au sein du parti. Ajouté au boycott des travaux en concordance avec le Hirak, par le RCD et le MSP, il serait difficile à l’APN de se doter d’un président crédible. En attendant, c’est une autre victoire à inscrire au compte de la révolution populaire du 22 février qui réclame un changement radical du système. Lequel ne saura se concrétiser sans le départ de ses symboles que le Hirak a désigné par les «B». Mouad Bouchareb est l’un de ses personnages dont le nom est donc lié au régime Bouteflika. Un soutien indéfectible, voire zélé, qui n’hésitait pas à narguer «la révolution du sourire». Il faut rappeler qu’au lendemain des marches imposantes du 22 février, il déclarera : «Dieu a envoyé Bouteflika en 1999 pour réformer la Nation algérienne et lui rendre la place qui est la sienne.» Des propos provocateurs qui lui ont valu «le rejet populaire» qui vient de l’emporter. Dans l’attente aussi de voir le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah et le Premier ministre, Noureddine Bedoui, se retirer ou déchus, c’est un autre «B» qui vient de tomber, après celui de Tayeb Belaiz, ancien président du Conseil constitutionnel.
Aïssa Moussi

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