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Djamel Seghir, directeur de la programmation du TR Batna.. «Le public veut la qualité»

Djamel Seghir est une personnalité très connue du théâtre algérien où il a accompli 40 ans au service du quatrième art. Il connaît parfaitement l’histoire du Théâtre Régional de Batna, dans ses moindres détails. Assurant la fonction de directeur du département de la programmation et de la diffusion, il continue à l’assumer avec abnégation et se battre pour rendre à son établissement son image de marque et lui redonner son énergie. Il a bien voulu répondre à nos questions.

Entretien réalisé par : Aguellid Aguellil
Le Temps d’Algérie : Pouvez- vous nous rappeler votre parcours dans le domaine du théâtre ?

Djamel Seghir : Qu’est-ce que je vais raconter et qu’est-ce que je vais laisser ? Brièvement, ma carrière, je l’ai débutée comme décorateur dans la pièce théâtrale intitulée Nar oua Nour, écriture du défunt Salah Lombarkia et mise en scène de Bouzid Chouaïb, une production de la troupe du théâtre amateur créée en 1979, qui portait le nom de la maison de la culture Mohamed Laïd Al-Khalifa de la ville de Batna, où je suis resté pendant cinq ans avant de rejoindre le Théâtre Régional de Batna en 1985, juste après sa création. Depuis, j’y suis. Très amoureux de ce théâtre, je le quitte tardivement le soir pour y revenir tôt le matin. Toute une vie passée ici. Je reconnais ses moindres recoins et je peux vous raconter son histoire de mémoire, depuis sa création jusqu’à nos jours. 34 ans de mes plus belles années, je les ai passées rien que dans cet établissement. Je suis passé par plusieurs fonctions. J’ai débuté d’abord ma carrière comme décorateur, ensuite, je me suis reconverti en régisseur après la Création du TRB et enfin j’ai été nommé, en 2008, directeur du département de la programmation et de la diffusion de cet établissement jusqu’à nos jours.

Le Temps d’Algérie : Mais vous êtes monté sur scène et joué aussi comme comédien…
Effectivement, vous n’avez pas tort. Vos informations sont exactes. Assurément, j’ai joué dans deux pièces théâtrales pour remplacer des comédiens tombés malades à l’époque. Comme nous n’avons pas de doublures et que j’ai une bonne mémoire, je n’ai pas hésité une minute à monter sur scène, à la demande des comédiens et à interpréter leurs rôles sans aucune difficulté. Il n’y a pas que cela. J’ai été aussi plusieurs fois sollicité pour être distribué dans des pièces théâtrales, mais j’ai gentiment décliné les invitations, parce que tout bonnement, j’aime ma fonction. J’aime prendre mon travail au sérieux.

Pouvez-vous nous parler du Théâtre Régional de Batna pendant les événements tragiques qu’a vécus le pays ?
Pendant la décennie noire, le Théâtre Régional de Batna a été le seul théâtre en Algérie qui n’a pas fermé ses portes et qui a continué à activer. Nous avons produit dix-huit pièces, dont Lila Beïda, El-Khafafiche, Ough’nyat, Achiq Aouicha Ouel-Harraz et Allem El-Bâaouch. Certaines des pièces qu’on a préparées à cette époque ont eu un grand succès et ont été primées. Parmi ces dix-huit productions, nous comptons quatorze pièces de théâtre pour adultes, trois pièces pour enfants : Kenzi (1991), Djazirat Anor (1993), Rahlat Lamir Saghir (1999), et un monologue, El-Khatwa en 1998. Nous n’avons jamais baissé les bras, nous avons continué à travailler durant toute la période tragique.

Quelle a été la période la plus faste en matière de production théâtrale du Théâtre Régional de Batna ?
C’est la période allant de juin 2005 à la fin décembre 2015. Le Théâtre Régional de Batna a produit quarante-deux spectacles, dont quarante pièces théâtrales (trente-deux pièces pour adultes et huit pour enfants) et deux opérettes musicales, Le rythme de production avait atteint parfois le rythme de cinq ou six productions par an.

Et la plus période la plus faible ?
C’est la période de 2015 à nos jours où la production a atteint le seuil le plus bas de son histoire et n’a pas dépassé plus d’une production par an. On a même peiné à remporter des prix au festival national du théâtre professionnel d’Algérie (FNTPA)

Cette régression en matière de qualité et de quantité des productions est-elle liée aux restrictions financières prônées par le ministère de la culture ?
Non, cette régression en matière de qualité et quantité des productions n’a rien à voir avec les restrictions financières prônées par le ministère de la culture. Mais pour plus d’information, je vous demande de vous adresser au directeur du théâtre …

Une dernière question. Pour quelle raison le public boude le Théâtre Régional de Batna ?
Non, le public ne boude pas le Théâtre Régional de Batna, mais boude les pièces qui ne répondent pas à son attente. Les spectateurs, lorsqu’ils viennent au théâtre, recherchent principalement la distraction et le divertissement. Ils veulent rompre avec la vie quotidienne, éviter l’ennui d’une vie banale, aller se changer les idées et profiter d’un spectacle de qualité. J’ai confiance en ce que le ministère de la culture se penche sur la question et agisse pour un théâtre meilleur.
A. A.

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