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Dominique de Villepin au sujet du partenariat algéro-français: «L’avenir est entre nos mains»

Reçu, hier, au siège du Forum des chefs d’entreprise, l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin a exposé une nouvelle approche sur l’avenir des relations algéro-françaises.

En effet, l’hôte du FCE a présenté lors de cette rencontre-débat avec les chefs d’entreprises algériennes, à laquelle ont assisté le président du Forum Ali Haddad, l’ex-président Réda Hamiani, ainsi que l’ambassadeur français en Algérie, Xavier Driencourt, les axes de développement du partenariat algéro-français en soulignant que le point déterminant dans ce contexte est celui de réaliser un
«succès» dans un domaine choisi afin de disposer de référence. Il est clair, pour l’ex-ministre des Affaires étrangères, que le pragmatisme est celui d’aller de l’avant et d’être capable d’avancer dans tous les domaines de coopération, plus particulièrement dans les secteurs de l’énergie, des transports et infrastructures, ainsi que l’économie numérique. Dominique de Villepin a établi un bilan positif de l’état des relations algéro-françaises ces 20 dernières années, rappelant que notre pays est le deuxième partenaire commercial de la France hors zone OCDE et que le premier investisseur hors secteur pétrolier en Algérie reste également la France. Reconnaissant au passage que la part de l’Hexagone dans les échanges commerciaux avec l’Algérie a reculé par rapport à celle de la Chine, devenue premier fournisseur, l’invité du FCE n’y voit pas pour autant un obstacle. Bien au contraire, il a apporté une nouvelle idée à ce sujet, en suggérant de travailler en formule triangulaire (France-Chine-Algérie) et de considérer qu’il n’existe pas de politique de «chasse gardée». En parfait connaisseur de l’état actuel des rapports de forces mondiaux et du développement spectaculaire de la Chine, qui constitue, à ces yeux, une superpuissance au même poids que les Etats-Unis d’Amérique, l’ex-ministre des Affaires étrangères a tranché : «Il faudrait penser à instaurer une diplomatie de projets» et «à créer une synergie» entre différentes puissances. A ce titre, il propose pour l’évolution de la coopération algéro-française trois principaux axes, à savoir la valorisation des marchés communs, la consolidation de l’espace méditerranéen en favorisant la coopération réelle Nord-Sud et l’ouverture sur le continent africain. «La position stratégique de l’Algérie en Afrique et en Méditerranée permet de réaliser un partenariat multilatéral en tenant compte du projet de la Chine celui de la route de la soie», a-t-il fait savoir. Dominique de Villepin n’a pas manqué de citer à ce propos le fameux projet du grand port centre d’El Hamdania (Cherchell) qui sera réalisé par des groupements chinois en partenariat avec des entreprises algériennes et les autres projets d’infrastructures publiques d’envergure. La coopération algéro-française devra connaître aussi une redéfinition du cadre institutionnel, souligne-t-il, proposant, entre autres, la création d’une nouvelle communauté énergétique régionale et l’implication des institutions financières européennes dans le financement de projets de développement en Algérie. La mise en place du fonds d’investissement algéro-français reste une nécessité absolue, juge-t-il, afin de soutenir les projets d’investissements des entreprises des deux côtés. Répondant aux interrogations de l’assistance, notamment à celle de Réda Hamiani sur l’échec du processus de Barcelone (partenariat euromed de 1995) et l’Union pour la Méditerranée (2008), l’invité du FCE a reconnu qu’il n’y a pas eu de résultats palpables et a fait part de son regret quant aux conséquences dramatiques du «printemps arabe», en particulier la dislocation des structures étatiques existantes à l’époque et le phénomène croissant de l’immigration clandistine bravant tous les dangers pour rejoindre l’Europe.

Repenser la coopération

Visionnaire et s’inscrivant dans une démarche politique privilégiant la défense de la stabilité et la sécurité des Etats, l’auteur du livre «Mémoire de paix pour temps de guerre» a observé qu’il est temps de «repenser réellement les fondamentaux de la démocratie dans un cadre plus global». Dans son plaidoyer, il se dit fermement contre «la mondialisation libérale dérégulée», la qualifiant d’«absurdité». Pour Dominique de Villepin, la France et l’Algérie ont une responsabilité particulière en Afrique et en Méditerranée pour défendre l’intégration et la stabilité, citant les capacités de la jeunesse des deux pays, les potentiels économique, culturel et historique. «L’avenir est entre nos mains. Il reste à faire évoluer le cadre de coopération», a-t-il soutenu, sous de forts applaudissements de l’assistance. Celle-ci a apprécié la clarté de son propos et l’engagement d’un homme politique qui s’est démarqué depuis longtemps des «va-t-en guerre».

Farouk B.

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