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Election présidentielle de 2019: Les sérieux prétendants dans l’expectative

Tahar Missoum veut devenir président de la République ! L’ex-député, connu sous le sobriquet de «spécifique», est le dernier à avoir annoncé en début de semaine, sa candidature à l’élection du printemps prochain.

Il est vrai, la Constitution garantit à tout citoyen algérien remplissant un certain nombre de conditions, le droit de postuler à la magistrature suprême du pays. Mais, force est d’admettre que le poste requiert des compétences, un bagage, un savoir faire et surtout un parcours. Jusque-là, les candidats ayant exprimé leur volonté de concourir au bureau présidentiel du Palais d’El Mouradia, et sans vouloir diminuer de la valeur d’aucun, n’ont pas fait leurs preuves. Les Algériens sont dans leur droit d’avoir à choisir entre des hommes ou des femmes capables, si l’urne leur aura réussi, d’assumer les responsabilités qu’exige le poste de Président de la République.
A huit mois du rendez-vous électoral de 2019, les contours de la course ne sont pas encore visibles, les favoris non plus. On ne compte jusqu’à présent que trois candidats de second rang. Il s’agit de Nacer Boudiaf, fils du défunt président Mohamed Boudiaf, assassiné en 1992, et de Fethi Gharès, porte parole du Mouvement démocratique et social (MDS), fondé par feu Hachemi Chérif. Tous deux, issus certes de la nouvelle génération de l’après-indépendance, pouvant même se vanter de représenter une jeunesse qui aspire à participer au développement du pays avec une nouvelle vision, une nouvelle approche et en créant une autre dynamique, il n’en demeure pas moins que leurs parcours politiques ne sont pas si éloquents. A eux s’ajoute donc le député «spécifique», en l’occurrence Tahar Missoum, qui défrayait très souvent la chronique lorsqu’il était membre à l’Assemblée populaire nationale (APN), par des sorties à la limite de l’extravagance. Dans le cas de ces trois petits cavaliers, il faut d’abord poser la question sur leur capacité à passer le cap des 75.000 signatures imposées par la loi pour faire valider leurs dossiers par le Conseil constitutionnel. Après quoi, ce sera un tout autre challenge car, il se trouve que dans cette élection, qui n’a pas encore livré ses véritables prétendants, Gharès, Boudiaf ou Missoum ne peuvent se contenter au final que du rôle de lièvres. En effet, il y a tellement de flou que les candidats, que l’on peut désigner de grosses pointures, d’habituels ou de sérieux prétendants, soient dans l’expectative.
«Wait and see» !
Ni Ali Benflis, président de Talaie El Houriyet, ni Abdelaziz Belaid, président du Front El Moustakbal et ni Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, ne se sont prononcés. Ces trois chefs de partis sont arrivés, bien que très loin, juste derrière l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika, lors de la présidentielle de 2014. Dans le courant islamiste aussi, de potentiels candidats comme Abdallah Djballah, du parti El Adala, ou encore Abderrezak Makri, du MSP, ne dévoilent toujours pas leurs cartes. Pour les raisons de cette situation de «Wait and see», il faut chercher dans la position que maintient l’actuel chef de l’Etat, appelé par ses soutiens traditionnels le FLN, le RND, le TAJ et l’ANR, à briguer un cinquième mandat. Bouteflika n’a pas encore dit son mot. Le fera-t-il ? On ne sait pas. Chez les partis de la majorité présidentielle en tout cas, on est sûr que «si le Président se porte candidat, les autres n’ont aucune chance». Dans ce cas de figure, certains ne croient pas à la transparence de l’élection, d’autres sont convaincus qu’ils n’auront vraiment pas de chance, alors que d’autres ne veulent pas encore «rejouer» le rôle de lièvre. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si Bouteflika décide de ne pas briguer un autre mandat, son camp aura bien un plan B. Les partis de la majorité présenteront un ou plusieurs candidats, et c’est toute la donne qui va changer. C’est dire que tant que le suspense est maintenu autour de cette candidature, la course vers le Palais d’El Mouradia demeure pauvre en concurrents. Quant aux candidats déclarés pour l’instant, ils ne sont qu’un accident de parcours…

Aïssa Moussi

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