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Election présidentielle en Egypte: Les candidats se retirent

En Egypte, les candidats à l’élection présidentielle se retirent face à l’actuel président. Certains accusent le pouvoir de chercher à les empêcher de postuler à l’élection. Ils dénoncent des intimidations.

Alors que les prétendants à la magistrature suprême ont jusqu’au 29 janvier pour déposer leur dossier de candidature, un nouveau candidat a été contraint de jeter l’éponge. Jeudi 25 janvier, jour anniversaire de la révolution de 2011, l’avocat Khaled Ali, célèbre pour son implication dans le domaine des droits de l’Homme et déjà candidat en 2012, a annoncé son retrait. Depuis l’annonce de sa candidature, il y a trois mois, trop de menaces et d’obstacles s’étaient accumulés contre lui et ses partisans, a-t-il expliqué. Quatre autres ont été empêchés ou dissuadés. L’ex-Premier ministre et général à la retraite Ahmed Chafik avait été expulsé, en décembre 2017, des Emirats arabes unis, où il vivait, et avait annoncé son intention de se présenter. Après une mystérieuse disparition de vingt-quatre heures à son arrivée au Caire, il avait renoncé au terme de ce qui ressemble fort à une opération d’intimidation. Puis le colonel Ahmed Konsowa, autre candidat, a été condamné, en décembre 2017, à six ans de prison pour «comportement nuisant aux exigences du système militaire». Le 15 janvier, c’était au tour de Mohamed Anouar Al-Sadate, le neveu de l’ancien président égyptien Sadate, d’annoncer son forfait. Enfin et surtout, l’ex-chef d’Etat-major de l’armée, Sami Anan, a été arrêté le 23 janvier, trois jours après l’annonce de sa candidature. Accusé d’incitation à la division entre les forces armées et le peuple, et de falsification de documents officiels, il sera jugé par un tribunal militaire. Les pouvoirs publics ont promis une élection présidentielle honnête. Le président El Sissi a écarté du pouvoir Morsi, emprisonné. L’ancien président Hosni Moubarak a été déchu après la révolution égyptienne. Une élection présidentielle a été organisée. Morsi a triomphé et devenu président de l’Egypte. Il n’a pas tardé au pouvoir puisque écarté par le président, chef de l’armée égyptienne, à l’époque. Morsi est dénoncé par nombre de tunisiens pour sa politique hostile à Damas. Ce qui aurait encouragé les terroristes pour joindre Daech. Les partisans de Morsi ont exprimé leur colére contre le limogeage de l’ancien président. De nombreuses arrestations ont eu lieu. Le président Morsi a été jugé et une peine de prison à perpetité a été prononcée à son encontre. L’Egypte doit suspendre toutes les exécutions prévues et adopter un moratoire. Le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, a lancé cet appel vendredi à Genève avec plusieurs homologues après plusieurs accusations de procès inéquitables. Ces experts se disent particulièrement préoccupés. Les condamnations ont été décidées sur des preuves obtenues par la torture ou des mauvais traitements, souvent pendant une période de disparition forcée, selon eux. Ils ont notamment demandé des clarifications aux autorités égyptiennes après un précédent appel en juin dernier à la suspension des exécutions de six hommes, toujours menacés d’une telle sentence. Mais ils reçoivent des indications sur d’autres cas. Les spécialistes demandent une réévaluation de toutes ces sentences et de nouveaux procès qui garantissent les droits de l’Homme lorsque celles-ci ont été décidées en s’appuyant sur des procédures inéquitables. Une exécution doit seulement être appliquée aux crimes et après un mécanisme légal adapté. Les terroristes de Daech ont, depuis l’emprisonnement de Morsi, perpetré de nombreux attentats en Egypte.

Mounir Abi

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