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Elections en Libye: La perspective d’élections compromise

Les politiciens ne peuvent pas tenir des élections en Libye en 2018, avec les affrontements qui ont lieu dans ce pays. Le président français, Emmanuel Macron, avait appelé à ces élections, mais l’envoyé de l’ONU en Libye n’y croit pas.

L’envoyé de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, s’est dit sceptique, dans un entretien à l’AFP, sur la possibilité de tenir des élections en 2018, selon le calendrier adopté à Paris, en raison des violences et des retards dans le processus législatif. Il y a encore énormément à faire. Il se peut qu’on ne puisse pas respecter la date du 10 décembre, a-t-il dit. Réunis à Paris, en mai, par le président Emmanuel Macron, quatre principaux protagonistes du conflit libyen s’étaient engagés à organiser des élections générales en 2018. Le scrutin est censé mettre fin à une interminable et chaotique période de transition dans ce riche pays pétrolier, en proie à l’anarchie depuis la chute, en 2011, de Mouammar Kadhafi. La Libye est dirigée aujourd’hui par le Gouvernement d’union nationale, issu d’un processus onusien et basé à Tripoli, et une autorité rivale, installée dans l’Est, soutenue par un parlement et une force armée, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar. Le pays est, de plus, sous la coupe de dizaines de milices, qui n’hésitent pas à se battre pour étendre leur influence, ou défendre leur territoire. Ce fut le cas, fin août, quand des groupes armés ont tenté d’entrer dans Tripoli, se heurtant aux milices de la capitale. Au moins 117 personnes ont été tuées dans les combats qui ont cessé cette semaine, à la faveur d’un accord de cessez-le-feu, sous l’égide de l’ONU. Ces violences ont compromis davantage le calendrier électoral qui «devient difficile (à respecter) aussi pour d’autres raisons», a souligné M. Salamé, citant «le retard dans l’adoption de lois électorales». L’accord de Paris prévoyait la préparation d’une base constitutionnelle, une première échéance déjà non respectée par le Parlement, qui était appelé, notamment, à adopter une loi référendaire sur un projet de constitution. Cité par l’AFP, l’envoyé de l’ONU dit: «Nous avons encore besoin d’une loi électorale parlementaire, et d’une autre pour la présidentielle», a souligné l’émissaire libanais. Il a aussi fait état de «problèmes logistiques, après une attaque en mai, du groupe jihadiste Etat islamique, qui a gravement endommagé le siège de la Commission électorale à Tripoli». Alors que le GNA a échoué, jusqu’ici, à mettre en place des forces de sécurité régulières, M. Salamé a dit qu’«une commission, composée d’officiers militaires et de police, avait été chargée, avec l’aide de la Manul, de recrutement de milliers de personnes. Certains pourraient devenir des policiers réguliers. Cela permettra le démantèlement des milices qui luttent pour le pétrole». Il y a les combats qui opposent les milices et empêchent la tenue d’élections. Le litige politique qui oppose le GNA et le maréchal Haftar allait être résolu, après la réunion qui a eu lieu avec la présidence d’Emmanuel Macron. Les combats ont repris après, contrariant l’accord conclu par les politiciens et militaires de la Libye, en France. Les négociations ont eu lieu à l’appel du président français, à Paris, et ont parvenu à un accord pour la tenue d’élections en 2018.

Mounir Abi

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