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Elles se sont multipliées à l’approche de l’élection présidentielles: A quoi servent les initiatives politiques ?

«Trop d’initiatives tuent l’initiative». C’est ce que Louisa Hanoune a décrété il y a quelques jours, en rejetant l’initiative d’un autre parti, tout en faisant étalage de sa propre initiative.

Depuis quelques temps, l’Algérie vit au rythme des initiatives politiques sans lendemain, lancées par des partis de l’opposition à la veille de l’élection présidentielle de 2019, face à un pouvoir qui ne s’accroche qu’à ses propres projets. Comme à la veille de la présidentielle de 2014 et la tension qui a prévalu dans le sillage du 4e mandat, le thermomètre affiche une forte hausse de température politique à la veille du 5e mandat. Le MSP, le plus important parti islamiste de l’opposition, a lancé récemment une initiative visant la construction d’un consensus national autour d’une transition démocratique, dont le processus serait à garantir par l’armée. Les dirigeants du parti sont allés à la rencontre de ceux des autres formations. Le projet a été accueilli par une avalanche de critiques et de rejets de toutes parts : partis du pouvoir et partis de l’opposition, ont unanimement refusé la démarche du MSP. Un autre parti islamiste de moindre importance et à la présence nulle sur le terrain, à savoir le Mouvement El Bina, a lancé une autre initiative intitulée tout simplement «l’Algérie pour tous». Comme si l’Algérie n’est pas pour tous et qu’il existe des partis qui contestent l’algérianité d’une partie des Algériens. Les responsables d’El Bina ont échangé avec leurs homologues des autres partis, mais sans résultats. Dans ce tintamarre politique sans envergure, le FFS a réitéré sa croyance en son initiative lancée en 2013 et sanctionnée par l’échec : la reconstruction d’un consensus national. Le Parti des travailleurs, ne voulant pas rester en marge de la dynamique politique qui s’est emparée du pays avec les appels au 5e mandat, a lancé lui aussi, avant le MSP et El Bina, une initiative visant à l’élection d’une assemblée constituante. Le parti de Louisa Hanoune a entrepris deux actions : une lettre au chef de l’Etat pour la convocation des élections et une pétition à l’adresse des citoyens dans l’objectif de collecter 1 million de signatures. On ne connaît pas pour le moment le nombre de signatures réunies. Les partis au pouvoir, pris quelque part de court par le foisonnement des initiatives de l’opposition, ont réagi de manière unanime en affirmant leur soutien au 5e mandat de Bouteflika. Malgré le fossé qui sépare les uns des autres, des tentatives d’établir des passerelles sont faites. Mais «Comment un parti au pouvoir qui a soutenu toutes les politiques et décisions impopulaires puisse s’entendre avec un parti d’opposition ? Comment un parti arrivé au pouvoir en truquant les élections puisse-t-il s’entendre avec un parti d’opposition ? Comment un parti de droite peut-il se mettre d’accord avec un parti de gauche, notamment sur les questions économiques et sociales ? Comment un parti qui milite pour le maintien du statu quo peut-il adhérer à une initiative qui aspire à provoquer un changement, même limité et biaisé ?». Toutes ces questions sont posées par Louisa Hanoune. «Cela ressemble à une foire annuelle et une vente aux enchères publiques en l’absence d’acheteurs et d’acquéreurs, car on ne sait pas qui est l’acheteur ou l’acquéreur», a-t-elle résumé. Pour le moment, un constat unanime est établi : toutes les initiatives ont été vouées à l’échec.

Karim Aimeur.

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