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En attendant les conclusions de l’enquête «en cours» sur le meurtre de Assil.. Des pistes et des interrogations

Le chef de sûreté de wilaya d’Alger promet que «des détails seront communiqués une fois cette enquête bouclée». La police continue d’interroger toutes les personnes pouvant apporter des éléments de réponse liés à cette affaire.

48 heures après le meurtre d’Assil, étudiant en 3e année médecine à Alger, à l’intérieur de sa chambre universitaire, l’auteur du crime est toujours en fuite et les investigations des services de sécurité se poursuivent.
«L’enquête est en cours pour élucider les causes et identifier les auteurs de l’assassinat de l’étudiant en médecine Assil Belalta, à la résidence universitaire de Ben Aknoun», a déclaré hier le chef de Sûreté de wilaya d’Alger. Mohamed Bettache, qui présentait le bilan annuel de la sûreté nationale, a précisé que l’enquête est menée «sous la supervision du procureur de la République territorialement compétent», sans toutefois apporter plus d’éléments de réponses à cet odieux assassinat qui a bouleversé toute la communauté universitaire et l’opinion publique. Ce qui est normal à ce stade d’investigation afin d’éviter toute fuite de façon à nuire au travail des enquêteurs. Le chef de sûreté de wilaya d’Alger promet cependant que «des détails seront communiqués une fois cette enquête bouclée». Une enquête qui n’exclut d’explorer aucune piste, puisque la police continue d’interroger toutes les personnes pouvant apporter des éléments de réponse liés à cette affaire. En effet, selon Zoubir Abid, directeur de la cité universitaire Taleb Abderrahmene, «deux étudiants camarades de chambre de Assil ont été interrogés par la police, au même titre d’ailleurs que des agents de sécurité au niveau de la cité». M. Abid déclare cependant que l’assassin «est bel et bien le camarade de chambre» de la victime, lequel avait été «aperçu par les agents de sécurité lorsqu’il s’apprêtait à quitter la cité avec le véhicule de Assil Belalta», avant de l’arrêter et lui saisir les clés. Contacté, le directeur de la cité a demandé aux agents de prendre attache avec la police, «et c’est à ce moment-là que l’assassin prend la fuite». Quant aux causes du meurtre, Zoubir Abid fera remarquer qu’«il y a plusieurs versions». Certains parlent d’une «rixe» qui se serait déclenchée entre les deux étudiants, tandis que d’autres avancent «un acte homophobe». D’où d’ailleurs «l’écrit découvert sur le mur de la chambre, avec le sang de la victime (He is a gay)», d’après les premiers témoignages fuités. Pourtant, l’une ou l’autre des raisons ne peut en aucun cas justifier un tel acte barbare, où la vie d’un jeune étudiant de 21 ans est enlevée de façon banale. Le meurtre de Assil a remis sur la scène la situation que vivent les étudiants à l’intérieur des cités universitaires. Des lieux qui ressemblent à des dortoirs, vu le manque, voire l’absence totale d’occupations pour l’épanouissement des résidents. Outre l’insécurité et la saleté qui rongent les résidences, il n’y a parfois point d’activités culturelles, sportives, d’animation ou de lieu et salle destinés à l’exercice d’une quelconque activité. Dans l’une des vidéos que l’on retrouve sur son compte facebook, Assil, l’enfant de Bordj Bou Arréridj, décrit «le vide» qui ronge les résidents.

Le débat porté à l’APN
En attendant que la police parvienne à arrêter le suspect et à élucider le drame, l’affaire Assil vient de conduire le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, au niveau de l’APN. Le ministre devra répondre à une question écrite adressée hier par le chef du groupe parlementaire du MSP, Ahmed Sadouk. «Devant les proportions alarmantes qu’a prises le phénomène de la violence en milieu universitaire, nous nous interrogeons sur les raisons de cette aggravation», écrit le député. Et de demander au ministre des «explications sur l’absence de sécurité» à l’intérieur des cités universitaires, «notamment contre les crimes et les fléaux sociaux». Le député suggère enfin de «nettoyer» les résidences universitaires «des étrangers», et de «fermer» celles qui ne répondent pas aux normes de sécurité.
Aïssa Moussi

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