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En Marche !

Les résultats du double scrutin de jeudi n’ont pas vraiment surpris. La hiérarchie politique algérienne telle qu’établie depuis une vingtaine d’années n’a pas été bousculée. Le tandem FLN-RND qui sert de béquille au pouvoir, a confirmé qu’il est bien assis. Indéboulonnable dans les Assemblées. Bien que l’ex-parti unique version Ould Abbès ait perdu de sa superbe, il trône comme un vestige du passé recomposé à la tête du hit parade électoral. Son clone, le RND lui, confirme sa remontée entamée lors des législatives du mois de mai dernier en faisant presque jeu égal avec le mastodonte FLN qui se confond pourtant avec l’Etat comme a osé le dire son Secrétaire général. Tout compte fait, le parti du Premier ministre s’en sort plutôt bien eu égard aux pesanteurs politiques liées à sa fonction de chef de l’exécutif, contraint d’assumer le sale boulot pour négocier sans trop de casse la crise financière. Le succès de ces deux partis frères ennemis donne ainsi un bol d’air frais au pouvoir en prévision de l’élection présidentielle dont ce double scrutin a servi de répétition générale. Il est désormais dans de meilleures dispositions pour mettre en branle un scénario consensuel pour 2019. Le FLN pointe certes en première position mais il n’écrase pas la concurrence. Le RND qui le talonne de près s’affirme comme un ingrédient inévitable pour la cuisine interne au pouvoir en prévision de la présidentielle. Mieux encore, ce duo acquis, la percée du Front Al Moustakbal et du MPA, et à un degré moindre le TAJ, qui sont plus au moins de la même extraction politique, élargit davantage le spectre des soutiens aux options politiques à venir. Il est évident au regard du poids des uns et des autres, que le pouvoir est en roues libres pour préparer sereinement le rendez-vous crucial de 2019. Le croquis d’une alliance présidentielle est pratiquement clair. Il ne reste plus qu’à valider le ticket officiellement. L’affaire est en marche…
Parce que, en face, il n’ y a pas grand-chose. Le camp dit démocratique n’est plus qu’une vague réminiscence d’un passé convoqué nostalgiquement par les médias. Un champ de ruine. Le RCD et le FFS restent cloués en Kabylie et à Alger. Ils ont échoué à mettre du mouvement dans le statu quo malgré les participations «tactiques» … Ne pas admettre ce constat d’échec est au mieux une naïveté, au pire une cécité politique. Le Parti des travailleurs est quant à lui inclassable dans le schéma politique national. Il n’est ni avec le pouvoir ni avec l’opposition ! Une sorte d’électron libre emmené par sa passionaria qui fait de son aura et sa voix une marque de fabrique d’un parti soluble dans l’image de sa patronne. Louiza Hanoune sert tantôt d’appui inespéré au pouvoir quand il est acculé de l’extérieur, et tantôt de voix double à l’opposition qui brocarde les politiques économiques du gouvernement. Le PT et sa grappe d’élus et d’Assemblées, est parfaitement à l’aise dans son rôle d’agitateur politique au point où son existence médiatique est inversement propositionnelle à son poids réel dans la société, les chiffres faisant foi. Il a le beau rôle de critiquer, crier, et s’alarmer sans être mêlé à l’épreuve de la gestion. Pour le pouvoir, le PT ne constitue pas un danger. Il est même un allié objectif qui crédibilise ses prétentions démocratiques. Quid de la mouvance islamiste ? Là, le constat est sans appel : L’hypothèque islamiste est définitivement levée. Les résultats des élections de jeudi auront confirmé que la «vague verte» promise par le «printemps» arabe a connu un violent ressac politique de la même amplitude que celui des législatives. Avec moins de 50 APC gagnées, Menasra, Makri et Bouguera Soltani sont renvoyés sans gloire à leurs petites querelles pour le contrôle d’un mouvement qui est plus que jamais en panne. D’idées, de projet, et de stratégie.

H. M.

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