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En partenariat avec les Russes: Des têtes de forage «made in bladi»

Les décisions du gouvernement consistant à réduire la facture des importations, tout en insistant sur les entreprises commerciales à se convertir à la production en Algérie des produits et composants semblent avoir des effets sur les opérateurs publics et privés.

Car même s’il reste encore des entraves à lever, le secteur industriel national, notamment dans le domaine des hydrocarbures, fait son petit chemin en attendant de se renforcer davantage. Rencontré hier, à l’occasion de la 8e édition du Salon international des industries pétrolière et gazière de l’Afrique du Nord (NAPEC) qui se poursuivra jusqu’à demain à Oran, Abdelkrim Belguidoum, ingénieur en hydraulique chez SARL Ibrahim, une entreprise spécialisée dans les équipements et matériel de mesure, a dévoilé les projets de sa compagnie qui consiste à installer une usine de fabrication des équipements dans le domaine gazier et pétrolier, dont principalement les têtes de forage. «Nous sommes actuellement en partenariat avec la compagnie russe Volgaburmash, avec laquelle nous commercialisons des trépans qu’on utilise dans le forage hydraulique», a-t-il expliqué avant de révéler que «de cette association naîtra dans le futur une usine qui fabriquera des trépans PDC de diverses dimensions qui serviront dans le forage du pétrole». Donnant plus de précisions, notre interlocuteur explique que «son entreprise attend à ce que les produits Volgaburmash soient homologués par Sonatrach pour ensuite se lancer dans cette direction».
Se voulant montrant optimiste, Belguidoum a estimé que la visite de leur stand par le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni est un bon signe. «En se rendant dans notre stand ici au NAPEC, le ministre nous a dit qu’il comptait beaucoup sur nous pour réduire la facture des importations de ce genre d’équipement. Pour notre part, nous lui avons parlé d’homologation et nous espérons que cela aboutira». Interrogé sur l’intérêt pour Sonatrach et ses filiales spécialisées dans le forage de s’équiper en produits russes, l’ingénieur a argué que l’intérêt est double puisqu’il s’agit d’un gain qualité-prix. Pour lui, Sonatrach qui a l’habitude d’acquérir des têtes de forage chez des fournisseurs américains paient 10 fois le prix. Or, a-t-il expliqué, une tête coûte chez nous entre 10.000 et 35.000 dollars. Un prix qui pourra être revu encore à la baisse une fois l’usine mise en marche.
Dans le même secteur d’activité, la société publique GERMAN qui a déjà usiné plusieurs outils de forage, dont les têtes de forage, des pièces pour pompes à boue, des tubes crépines et d’autres pièces encore et livrées à l’ENSP (Entreprise nationale de services aux puits) ou à l’ENAFOR (Entreprise nationale de forage) et sont en attente d’homologation depuis près de trois ans, s’est plaint Hamza Chelaghmia, cadre commercial à EPE GERMAN.
«On n’a pas attendu qu’on nous demande de fabrique localement. Nous le faisons depuis des années, mais vous voyez que nous nous retrouvons face à des obstacles parfois insurmontables. Car si on arrive à avoir l’homologation, nous sommes prêts à installer une usine à Hassi Messaoud par exemple ou les têtes seront remplacées sur place, au lieu de les prendre à des milliers de kilomètres».
En réalité, parallèlement au discours politique qui prône la diversification de la production nationale en faisant la promotion du «made in bladi», des entraves souvent bureaucratiques demeurent réelles sur le terrain.

H. M.

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