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En se disant les choses…

Faut toujours se réjouir quand nos compatriotes se parlent, se rencontrent et échangent plutôt que de se faire la gueule. Et, pas la peine de maîtriser l’Espéranto pour prendre conscience que ce pays est, avant tout, le leur avec son arrière-pays, ses villages et ses douars. En parlant avec l’accent du bled, ils évitent les tics snobinards des grandes villes, capitale comprise. Ils se rendent compte enfin que l’argent dépensé lors de n’importe laquelle des élections est aussi le leur, selon le principe du Trésor public. Aussi, ils voient d’un mauvais œil la prochaine, la présidentielle qui va sûrement coûter les yeux de la tête avec, comme toujours, des candidats en carton-pâte.
Mais bon, faut bien que cet argent serve à quelque chose et, on parle même d’une deuxième République.
Alors, on y va et, autant prendre pour argent comptant cette monnaie et croire ce qui est dit, sans trop se poser de question. Sauver le bateau «Algérie», ça n’est pas donné à tout le monde et, bien qu’il tangue en mer des paradoxes, c’est l’hirondelle qui fera son printemps. Cette hirondelle est, pour l’instant, dans son nid douillet. Faudra veiller, en se parlant, en se concertant, en évitant de prendre un malin plaisir à le saccager. Le landerneau politique est à surveiller comme du lait sur le feu, envers et contre tout compte à rebours menant au rendez-vous. L’hirondelle qui fera le printemps en automne, ou en hiver, vaut bien ça… Pour l’heure, la date de ce rendez-vous vole en plein ciel. En ces temps tourmentés, seules l’intelligence et la synergie des compétences, toutes les compétences sans exclusive aucune, sont à même de fixer cette date et d’arrimer le prochain wagon au TGV de la deuxième République. C’est du moins ce qui se lit sur les lèvres d’une rue décidée à aller de l’avant.
Cette rue, qu’elle soit urbaine ou rurale, a la nette impression que les rouages du pays continuent d’être en panne. Elle rue dans les brancards car elle a su, en se parlant à elle-même, qu’en dépit d’un potentiel humain et financier fabuleux, ce sont de nombreux segments, vitaux pour le pays, qui restent à l’arrêt. Il y a là une urgence absolue, et personne n’a droit à la pause, à la pose politique charpentée autour d’une transition peinarde. D’ailleurs, il serait illusoire et irresponsable de penser que tout peut recommencer comme avant. A ce propos, le nouveau S.G de l’ex-parti unique, en plaidant pour une présidentielle et en rejetant toute transition, fait dans le grotesque démesuré.
Il invite solennellement ses prédécesseurs, Belkhadem et Saâdani, à refaire le match des coups tordus. Un match de vétérans pas du tout du goût des promesses-clés attendues sur ailes d’hirondelle. Réformer en profondeur l’appareil de l’Etat et remettre à niveau les institutions, c’est loin d’être le dada de vétérans. La rémission d’un mal ne signifie pas forcément sa guérison, il refait le match chez l’ex-parti unique…
Mais, qu’ils gèrent leurs affaires comme bon leur semble, le pays se parle, se concerte même en ayant le petit doigt sur la couture du pantalon (…). Sans états d’âme, en se disant les choses qui fâchent, les errements à éviter à tout prix, c’est le prix à payer pour espérer une éventuelle hirondelle.
C’est aussi à ce prix que naîtra la probable, ou improbable, deuxième République qui n’aura pas à dire des choses…
M. N.
-Merci Mourad pour ta précieuse collaboration

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