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En séparant le bon grain de l’ivraie…

L’Aïd el Fitr, qu’il soit pour demain ou mercredi, ça n’est pas un problème. Le problème est dans ce gaspillage qui fait ravage, tant en politique qu’en société. À chaque Ramadhan, chez la majeure partie de nos foyers se retrouvent les bras ballants devant tant de dépenses inutiles. Pourtant, cette année, ça n’a été que le strict minimum, pas d’achats à tort et à travers, en fait. Malgré ça, les petites économies sont au bout du rouleau, elles font «tilt» actuellement. D’ailleurs, le problème est loin d’être nouveau puisque même du temps où la grâce du pétrole était là, les foyers modestes s’en sortaient difficilement. Aujourd’hui, c’est du pareil au même, ils ont beau se serrer la ceinture, le calendrier se charge de la desserrer. Faut reconnaître qu’on aime festoyer lors des aïds et autres fêtes religieuses. En y ajoutant les fêtes familiales, genre circoncision, mariage ou simples fiançailles, normal que les budgets toussent à la moindre occasion. Tout ça pour en revenir au gaspillage. Il est commun à tous qu’ils soient aisés ou fauchés comme les blés. Ce gaspillage n’a rien à voir avec les produits de consommation importés ou du luxe inutile. Non, il se voit dans l’étalage ordinaire de nos poubelles. Et, en séparant le bon grain de l’ivraie, ce gaspillage a trait au pain quotidien (…). Des tonnes et des tonnes se retrouvent, chaque jour, dans les décharges publiques. Ces quantités anormales sont vendues par des boulangers se prétendant bons artisans. En vérité, ils sont en partie cause de ce gaspillage de pain. Un pain tout mou, insipide et spongieux. Cela prouve que l’artisan n’a pas mis sérieusement la main à la pâte. Le bon pain, celui à la croûte craquante, au plaisir gustatif intact le lendemain, ne se jette pas comme un vulgaire objet. Le bon pain a de la tenue, de la couleur contrairement au pain pâle, tristes et morose qui remplit les poubelles. Ce pain réclame de la qualité en toute chose. Or, où est cette qualité ? Sûrement pas les farines douteuses, matière première à cheval fripouille entre pâtisserie et boulangerie. Et comme nos boulangeries multiplient les offres de vente en gâteaux modernes ou traditionnels, de pizzas etc., c’est qu’il y a un doute sur la qualité de leur fonction première. En fait, le bon pain, le vrai celui que l’on achète pour le manger et non pas pour le jeter, est un métier à part entière. Il exige temps et formation, patience et compétence. Et si, récemment, les boulangers ont réclamé une réévaluation de prix, ils oublient de faire le ménage dans ce métier qui tend à devenir boutique de marchands de fric. Le bon pain a besoin d’une vraie boulangerie. Les grosses enseignes, pompeuses et prétentieuses, qui ont poussé comme des champignons ce Ramadhan, ne font que pétrir une clientèle susceptible d’y dépenser le plus d’argent possible. Ce sont des margoulins qui tiennent pareil endroit. Le bon pain se vend à prix raisonnable et, les prix fantaisistes relèvent de la grivèlerie organisée par des pseudos boulangers qui veulent vous mettre le nez dans la farine. Et, en évoquant le nez dans la farine, c’est la surenchère politique d’une présidentielle plombée, dès le départ, qui fait que son impossibilité donne des bras ballants partout. Tant de gaspillages de temps et d’argent réunis mettent dans le pétrin un Conseil constitutionnel pas prêt de festoyer, comme à son habitude…
M. N.

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