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Entraîneur-adjoint de la sélection belge: Thierry Henry, le génie bleu au service des Diables

Le champion du monde 98, devenu l’adjoint du sélectionneur belge, fera face à ses compatriotes, mardi, en demi-finale.

123 sélections, 51 buts, champion et vice-champion du monde (1998, 2006), champion d’Europe (2000)… Thierry Henry est un monument du foot français. Un des principaux artisans de ses plus belles conquêtes. Et pourtant, le deuxième meilleur buteur des Bleus en Coupe du monde (6 buts derrière les 13 de Just Fontaine) pourrait bien marquer contre son camp, mardi à Saint-Pétersbourg. L’ancien attaquant âgé de 40 ans est en effet l’un des adjoints de Roberto Martinez, le sélectionneur de la Belgique, adversaire des Bleus en demi-finales. Depuis bientôt deux ans, dans l’ombre, «Titi» apporte son expertise à l’attaque des Diables rouges. Une armada offensive flamboyante, la plus prolifique de cette Coupe du monde (14 buts inscrits contre à 9 à la France), qui profite à plein des précieux conseils de l’ancienne star d’Arsenal. «Depuis que je travaille avec lui, je suis devenu deux fois meilleur», racontait récemment Romelu Lukaku, meilleur buteur de son équipe en Russie (4 réalisations), au site américain The Players Tribune. «Je suis avec la légende, en chair et en os, et il est en train de m’apprendre comment courir dans les espaces comme lui le faisait» «Lukaku, Hazard et Batshuayi adorent bosser avec Henry. Il jouit d’une forte aura auprès d’eux car il a été l’un des héros de leur enfance. Il a beaucoup fait progresser Lukaku, notamment dans sa façon de frapper au but, désormais bien plus subtile», éclaire Kristof Terreur, journaliste au Het Laatste Nieuws. Les diamants bruts que sont Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé n’auraient certainement pas été contre quelques leçons particulières avec la légende française. Olivier Giroud non plus. «J’aurais préféré qu’il nous livre ses conseils. Je vous avouerais que ça fait bizarre de l’avoir contre nous», confie l’attaquant des Bleus. Cette situation un peu ubuesque est la parfaite illustration – peut-être même la conséquence – du lien distendu entre Thierry Henry et la France. Et pas très loin de se rompre définitivement après sa fameuse main contre l’Irlande sur la route du Mondial 2010. Soumise à la vindicte populaire dans son propre pays, la star avait ensuite vécu la Coupe du monde en Afrique du Sud et la crise de Knysna en retrait pour terminer sa carrière internationale sur une défaite pathétique contre le pays hôte (1-2). Marqué par cette période, le meilleur buteur de l’histoire des Bleus, également 2e joueur le plus capé, n’aura jamais eu la sortie qu’il méritait en équipe nationale. Malgré le fossé creusé entre le natif des Ulis et sa patrie, aurait-il pu être sur le banc français plutôt que sur celui des Belges, mardi, ou au moins apparaître dans l’organigramme de la FFF dans sa quête d’apprentissage du métier d’entraîneur? On n’a pas eu de rapports avec lui depuis longtemps, avoue Noël Le Graët, le président de la Fédération. Il a passé toute sa vie en Angleterre, où il espérait, je crois, prendre la succession d’Arsène Wenger. Si on lui avait proposé les U17 ou les U19, il se serait moqué de moi. Contact non-établi.

Premiers diplômes en 2016
Après avoir entraîné les jeunes d’Arsenal et obtenu ses premiers diplômes début 2016, Thierry Henry a donc rejoint la Belgique en parallèle de ses activités de consultant de luxe pour Sky Sports en Angleterre. Les clubs ou sélections ne se bousculaient pas pour s’attacher les services d’un coach encore en apprentissage. «Au moment où l’offre est arrivée, il n’y avait pas de choix. Quand tu es un bon joueur, tu te dis ‘je vais aller là plutôt que là-bas’,tu choisis. Mais quand tu aspires à devenir coach, il faut que ton téléphone sonne. Mon téléphone a sonné», racontait-il en toute franchise à Canal + l’an dernier. «J’ai eu une offre de Roberto Martinez, difficile à refuser, je ne me suis pas dit ‘on ne m’a pas appelé là ou là’ En Belgique, tout le monde a été un peu surpris de sa nomination», avoue Kristof Terreur. En France aussi, même si l’adage «loin des yeux, loin du cœur» a fait son œuvre. Jusqu’à ce que les routes des Français et des Belges ne finissent par se croiser en Russie. Pour atteindre la finale, la Belgique compte sur son attaque de feu (43 buts en éliminatoires, co-meilleur total avec l’Allemagne), chaperonnée par un Henry habité et exubérant pendant les matchs, lui qui célébrait ses buts avec le masque. «Il est très important dans le staff. Il apporte cet esprit de la gagne dans le groupe et c’est essentiel», dit de lui son «patron» Roberto Martinez. Éreinté par Henry le consultant il y a quelques années, Olivier Giroud n’est pas revanchard. «Il faisait un métier où il devait être incisif. Je n’ai aucune rancœur par rapport ça. Il y a beaucoup de respect mutuel. Je serai fier de pouvoir montrer à ‘Titi’ qu’il a choisi le mauvais camp», sourit l’attaquant des Bleus. «La Belgique le voulait et l’a eu. On ne peut pas lui reprocher d’aller là où il est désiré», estime Alain Giresse. «Cela va quand même lui faire bizarre quand La Marseillaise va retentir. C’est avant tout un Français. Si on gagne, je pense qu’il sera content», croit deviner Lucas Hernandez. Seul l’intéressé peut vraiment le savoir.

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