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Entre écrits et non-dits

Au-delà des maux socio-politiques ou économiques, il est des mots qui portent heureusement plus loin que le silence. En silence, ces mots sont écrits pour être lus malgré et au-delà de nos différences, de nos guéguerres quotidiennes, de nos déchirures. Et bien que l’énonciation hypocrite et le langage imposteur enfantés par la combinaison de l’entrisme et du lèche-botte, sont devenus une désagréable sonorité dans la bouche de certains politiciens, on se plaît à écrire que l’enfer politique est plus que jamais pavé de louches intentions.
Dans cet enfer, c’est tantôt noir, tantôt blanc et vogue la galère des contradictions et ce, rien que pour rester sur les radars médiatiques. Ces fausses notes trahissent le sens et l’essence même de la revendication sociale et populaire. C’est qu’au-delà de cet enfer donné à l’écrit, au silence, s’enchaînent alors la protesta, à tous les étages d’un pays pris en otage par ses propres enfants.
Et des islamistes du FIS-dissous aperçus sur une vidéo, scandant des slogans de l’ère Abassi Madani et Ali Benhadj en toute impunité, cela fait froid dans le dos car, «qui a été mordu par un serpent se méfie d’une chenille.» Les propres enfants de l’Algérie sont sortis en masse dans la rue, et même des casseurs ont fait leur apparition dans la capitale. Entre islamistes scandant des slogans virulents et casseurs ayant occasionné des blessures aux forces de l’ordre, à Alger, on est choqué, hébété, mais surtout écrasé par ce sentiment d’impuissance et de rage froide.
Mais, il est écrit que les manifestations ont gardé, partout ailleurs, leur caractère pacifique, et que le changement reste la principale revendication de cette rue, véritable exutoire de colères populaires diverses et variées. Et si autrefois, quand les livres étaient rares, la colère populaire se transmettait de génération en génération à travers les proverbes, les adages ou les maximes, aujourd’hui, ça n’est plus pareil. Outre la profusion des outils de communication, cette colère se perd dans les méandres de l’inconscient. Un inconscient qui voit pourtant des islamistes parader en plein boulevard, comme lors de la fin des années 80, et scander des «Alayha nehya wa namout», «Silmya silmya d’zaïr islamya», ça n’est pas rassurant, d’autant plus que des enfants en bas âge ont été utilisés pour ouvrir et couvrir leurs marches.
Sortes de bijoux de famille pour nos rues, boulevards et avenues, ces enfants étaient tristes à voir, naïfs et innocents. Et c’est tout un peuple qui, dans sa naïveté ordinaire, est trahi par ces islamistes et autres casseurs, quand cela passe presque inaperçu dans le non-dit des trahisons coutumières. Ces trahisons rejoignent en silence, sans faire de bruit, celles qui entourent nos écrits sur les intentions, plus que louches, de certains manipulateurs de tous les jours.
Cette forfaiture aux confins de la candeur des anges du Paradis, se justifie quand des andouilles, s’imaginant être assermentées par la rue, rejoignent ainsi la manifestation populaire. Du coup, la cohorte des noircisseurs de tableau vous riront au nez, si jamais vous veniez à évoquer la légitimité des revendications sociales qui nécessitent des réponses politiques. Ils vous riront au nez car ils savent, mieux que quiconque, ce que «manger avec le chacal et se lamenter ensuite avec le berger» veut dire…
M.N.

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