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EPH Mohamed Boudiaf de Bouira: Agression au service des urgences

Les agressions dont fait l’objet le personnel médical et paramédical de l’EPH Mohamed Boudiaf de Bouira deviennent un phénomène récurrent. Une femme médecin a été agressée dans la nuit de vendredi à samedi au niveau du service des urgences par un accompagnateur d’un malade. Deux jours auparavant, un autre médecin a été agressé dans le même service. Pour le corps médical, la coupe est pleine. Pis encore, elle déborde. Pour exprimer leur ras-le-bol, ils ont observé, hier matin de 10h à midi, un arrêt de travail pour dénoncer la dégradation des conditions de travail.
Pour le cas d’agression, il s’est produit vers les coups de 2h du matin. Un jeune d’une vingtaine d’année qui accompagnait son père malade a bousculé une femme médecin qui s’en occupait d’un autre patient admis aux urgences. «Au moment où je prenais la tension d’un autre malade qui a fait un choc septique sévère, qu’un accompagnateur d’un patient est venu me crier dessus pour que j’aille m’occuper de son père. Il voulait m’intimider. Et quand je m’apprêtais à sortir de la salle où était l’autre patient, il n’a pas à hésiter à me bousculer sur plusieurs mètres. Il a fallu que les agents de sécurité interviennent. Il voulait en arriver aux mains», a déclaré la femme médecin qui a fait l’objet d’agression qui a tenu à assurer que le malade qu’a accompagné l’agresseur a été pris en charge comme il se doit. Les médecins qui ont part au sit-in dénoncent à l’unanimité cet acte. Ils demandent que les responsables du secteur interviennent pour que des solutions soient trouvées. «L’administration de l’hôpital est censée assurer le confort des médecins. Au niveau des box, c’est le médecin qui s’en occupe de tout.
En plus des soins, on est appelé parfois à faire toutes les taches même celles qui ne nous regardent pas. Le médecin gère le malade et ses accompagnateurs. On ne peut être à la fois médecin et agent de sécurité», souligne une femme médecin. Les médecins ont affirmé également que la première responsable du secteur de la santé à Bouira qui a été interpellée auparavant, avait promis d’améliorer les conditions de travail, en vain. «Il y des compétences dans cet hôpital, mais il n’y a pas les moyens pour qu’ils puissent travailler. Il y a des patients des meurent faute de traitement. On est arrivé à faire onze garde par mois, parce qu’il y a manque d’effectif. Il arrive qu’on travaille 72 heures d’affilée. Y en a marre de cette situation», fulmine une femme médecin. «Nous avons abandonné nos familles. Nous n’avons pas vu grandir nos enfants. Des femmes médecin ont fait des accouchements prématurés, avortement à cause de la charge du travail. Les gens doivent savoir ce n’est la faute aux médecins s’il n’y a pas les moyens aux urgences», soutient sa collègue. Face à la galère du personnel médical et paramédical, les malades souffrent.

Ali Cherarak

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