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Faible taux de recouvrement des dettes de leurs abonnés: Les créances étouffent la Sonelgaz et l’ADE

Le groupe Sonelgaz, l’Algérienne des eaux, ou encore l’administration fiscale, ont montré leurs limites, en matière de recouvrement des créances détenues auprès des entreprises nationales publiques, ainsi que les Assemblées locales, estimées à coût de milliards de dinars. Ces entreprises publiques évoquent des difficultés financières affectant leur fonctionnement, en raison de ces importantes créances. Leur recouvrement est devenu vital pour la survie de ces entreprises publiques. Pour remédier à cette situation, ces institutions ont usé des différents moyens, pour amener leurs clients à payer leurs dettes, sans pour autant réussir.
Force est de constater que ces procédures n’ont, au final, abouti à rien. C’est le cas de Sonelgaz, par exemple, qui a affirmé, il y a quelques jours, par le biais de son PDG, Mohamed Arkab, n’avoir recouvré que 27% de ses créances, détenues auprès de ses clients depuis janvier 2018. «Nous allons continuer notre politique de recouvrement, tout en ramenant notre client à comprendre la situation de Sonelgaz, des filiales du groupe, et aussi comment pouvoir payer sa facture, et surtout rationaliser son utilisation», avait-il précisé. Ce groupe public avait lancé, en mai 2017, une vaste campagne de recouvrement de créances détenue sur sa clientèle, estimées à 62,5 milliards de dinars.
Il faut savoir que 40% de ces créances sont détenues sur les administrations, les entreprises et les opérateurs économiques publics. En un an, Sonelgaz n’a pu récupérer que 10 milliards de dinars, ce qui amène le montant des créances détenus auprès de ces abonnés à 53 milliards de dinars, selon les derniers chiffres communiqués par ce groupe. Ces créances, qui sont en constante croissance, engendrent des «difficultés financières» à la trésorerie de la société. Cette situation affecte le fonctionnement de Sonelgaz, et étouffe les différents projets de développement des réseaux électriques et gaziers, nécessaires à la garantie de la continuité et la qualité de service. Sonelgaz est devenue, par conséquent, très peu rentable. L’Algérienne des eaux (ADE) n’est pas à l’abri, également, de déficit financier, faute de pouvoir recouvrir les dettes des mauvais payeurs. En effet, les créances de l’ADE auprès des entreprises et organismes publics sont estimées à plus de 14 milliards de dinars, selon les chiffres communiqués par le ministre des ressources en eau, Hocine Necib.
Le problème des créances est un dossier d’une importance cruciale, et un facteur pénalisant fortement les entreprises publiques sous la tutelle du secteur. L’Algérienne des eaux est au bord de l’asphyxie financière, en raison des difficultés à récupérer les créances dues aux utilisateurs de ses services, lesquelles se chiffrent à quelques 46 milliards de dinars. Le directeur général de cette entreprise, Hocine Zahour, avait accusé les administrations de l’Etat et les collectivités locales, de rechigner à honorer les 13 milliards de dettes détenues vis-à-vis de l’ADE.
Le total des créances dues par les clients publics, 7,8 milliards de dinars, sont dues par les communes. L’ADE demande, désormais, aux walis, de saisir les présidents des APC, afin qu’ils règlent les sommes dues dans les plus brefs délais. Ce problème est imputé aux nombreux dysfonctionnements entachant la gestion financière des communes, en dépit du fait que la facture de l’eau s’inscrit dans le budget annuel des communes, au titre des dépenses obligatoires.
Concernant les charges fiscales qui n’ont pu encore être recouvrées, avant août 2018, elles s’élèvent à 12.000 milliards de dinars, selon les dernières déclarations du directeur général des impôts, Mustapha Zikara. Ce chiffre de 12.000 milliards de dinars correspond exactement à celui annoncé par le même responsable, en décembre 2017, comme reste à recouvrer, ce qui veut dire que l’administration fiscale n’a pas pu assainir, ne serait-ce qu’une partie de ce montant. 8.000 milliards sont des amendes judiciaires.
Le reste, soit 4.000 milliards, représente, selon Zikara, des dettes très anciennes qui, des fois, dépassent les 15 années, et dont certaines sont à l’indicatif d’entreprises publiques dissoutes. En situation de crise, il semble impératif de mettre le paquet sur le recouvrement des créances, qui sont d’un grand secours pour le budget de l’État.

Fella Hamici

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