Home / Economie / Fares Mesdour estime prévisible la réaction de la Banque d’Algérie : «Il y a un transfert massif illégal des capitaux»

Fares Mesdour estime prévisible la réaction de la Banque d’Algérie : «Il y a un transfert massif illégal des capitaux»

Dans cette période délicate que traverse le pays, la Banque d’Algérie a été appelée à être plus vigilante à protéger les réserves de changes. En Réaction, la banque des banques a indiqué qu’il ne s’agit que de rumeurs pour induire en erreur les Algériens. Dans cet entretien, l’économiste Fares Mesdour, très apprécié par sa franchise sans mesure, a estimé que la réponse de la BA était prévisible, en relevant que les fuites des capitaux se font en masse.

Entretien réalisé par : Fella Hamici
La crainte de fuites des capitaux vers l’étranger est-elle justifiée ?
Bien sûr que oui ! Les opérations de transfert illicite de la devise sont bien plus conséquentes que l’on puisse imaginer. Il ne s’agit pas uniquement des hommes d’affaires ou des opérateurs économiques, ou ceux qu’on appelle communément «les têtes de la corruption». Les méthodes de dilapidation de l’argent public se sont modernisées. Je citerai entre autres la surfacturation, les importations fictives, le transfert d’argent par mandat bancaire. On utilise également les réseaux de marketing pour faire sortir pas moins de 350.000 euros pour le voyage.

La Banque d’Algérie a réagi à ce qu’elle a appelé «prétendu emballement des transferts de capitaux», en affirmant que c’est dénué de tout fondement…
La réaction de la Banque d’Algérie est prévisible et compréhensible.Le transfert illicite de fonds est bien réel. Et si les responsables de la banque centrale ne le démentent pas, ils vont être accusés de complicité dans ces opérations. Il aurait été préférable que l’instance d’Abderrahmane Loukal communique un peu plus sur l’état de réserves de changes du pays. Il faut savoir que c’est l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a révélé qu’elles sont passées sous la barre des 80 milliards de dollars, lors de la présentation du bilan du gouvernement.

Quel est le rôle de la Banque d’Algérie et celui des banques commerciales pour contrôler les transferts des devises?
La banque centrale ne peut même pas bloquer un transfert. Mais elle peut demander d’être alertée par les banques étrangères de transferts massifs des devises à partir des banques Algériennes. Elle peut avoir des comptes-rendus sur les transfères effectués vers les banques en Espagne, en Suisse, en Turquie, mais également des «paradis fiscaux». C’est dans ses prérogatives de déclencher les mécanismes de contrôle de devises, en mettant en place une base de données sur les prix des marchandises sur les marchés internationaux, afin de comparer les factures d’importation avec les prix réels des produits. La publication d’un état hebdomadaire des opérations d’importation couvertes par la Banque d’Algérie, avec les montants et les biens et services concernés, est également recommandée.
F. H.

Check Also

Durant les cinq premiers mois de 2019.. Hausse de 5,5% des recettes douanières

Cette amélioration s’explique, essentiellement, par les recouvrements exceptionnels qui ont été réalisés, au titre des …