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Fergani, un an après: Le maître est toujours là !

Comme la musique malouf à laquelle les habitants de tout l’Est algérien se sont habitués depuis plusieurs générations, la ville de Constantine
s’est habituée à la présence de Hadj Mohamed Tahar Fergani, et un an après son décès, elle ne croit pas à sa disparition.

Le théâtre régional de Constantine qui vient d’être baptisé au nom de Hadj Mohamed Tahar Fergani alors qu’il était plus juste de lui attribuer la salle Le Zenith de la même ville, vu que le défunt chanteur a un lien avec la musique et non le théâtre, abrite actuellement le 10e Festival international du malouf. Les organisateurs de cette manifestation rendent aujourd’hui hommage à ce pionnier du malouf. Il faut dire que la population de l’ancienne Cirta lui rend hommage tout au long de l’année en écoutant quotidiennement ses chansons. D’ailleurs, le plus bel hommage qu’on puisse rendre à un chanteur, c’est de l’écouter de son vivant et après sa mort. Mohamed Tahar Fergani a la chance d’avoir ce double hommage puisque les amateurs de bonne musique à travers toute l’Algérie et même des autres pays arabes, ont écouté et continuent d’apprécier cette belle voix qui a fait les beaux jours de plusieurs générations de mélomanes, notamment parmi les amoureux de la chanson et musique du malouf.

Un symbole

En ce grand maître, on retrouve l’image culturelle de toute la ville de Constantine, puisque l’artiste était à la fois le représentant de cette musique venue de Baghdad et l’un des plus brillants artisans brodeurs de la Ville des ponts. Hadj Mohamed Tahar Fergani était le gardien de la culture constantinoise.
Il était et reste un symbole de la ville de Constantine.
Il a tenu et réussi à transmettre tout le savoir culturel et artistique que lui ont légué les nombreux maîtres qu’il a côtoyés depuis les premières décades du siècle dernier.
Pour rappel, Constantine, ce sont les robes en Medjboud et Fetla qui ornent les magasins de vêtements pour femmes et d’artisanat de Constantine ; c’est le café El Djezwa qu’on sent en passant devant le dernier des cafés traditionnels. Constantine, c’est le malouf bien gardé et transmis par Hadj Mohamed Tahar Fergani et qui nous quittés il y a tout juste une année.
A Constantine, du vivant du maître comme aujourd’hui, après avoir été invité à un «double zit» (pois chiche à l’huile), on remarque que les premières notes d’une chanson de Hadj Tahar Fergani sortent déjà d’un café ou à travers la fenêtre d’une maison. En effet, à Constantine on continue toujours de vivre au rythme du malouf, cette musique qui a fait les beaux jours de Baghdad, avant d’être semée à travers le monde par Ziryab.

Un hommage mérité

A Constantine, il est impensable de parler de malouf sans citer le grand maître Hadj Tahar Fergani. Même si on reconnaît le talent des maîtres du malouf d’Annaba, notamment Layachi Dib, et de Hamdi Bennani et de ses enfants, notamment Salim, qui a eu la chance de se voir léguer tous les secrets du malouf et de l’art musical par son paternel. Les organisateurs de ce 8e festival du malouf ont bien fait de rendre hommage au plus grand maître de la chanson malouf.
Il est à rappeler qu’à chaque fois que l’occasion lui était donnée, Hadj Tahar Fergani rendait hommage à ses maîtres, dont son père Cheikh Hammou, Cheikh Amine Khodja dit Hessouna, les grands maîtres Abdelmoumène Bentoubal, H’sen El Annabi et bien d’autres qui ont suivi la voie de Cheikh Dersouni et des anciens maîtres du malouf. Aujourd’hui, c’est au tour des jeunes chanteurs et musiciens de lui rendre le plus bel hommage.

Bari Stambouli

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