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FFS : vers le rejet de la présidentielle

Le Front des forces socialistes (FFS), réunira son conseil national les 25 et 26 janvier. A l’issue des débats qui se poursuivront durant les deux jours, le plus vieux parti de l’opposition se prononcera sur l’élection présidentielle.

Après un long silence qui lui a valu des critiques, surtout qu’il a toujours expliqué que la présidentielle ne constituait pas une priorité, le FFS peut finalement être le premier parti à s’exprimer clairement sur cette échéance. Sinon, lors de cette réunion, « il est question d’étudier la situation politique du pays et d’approfondir le débat sur les questions de l’heure, notamment la présidentielle », explique Jugurtha Abbou, secrétaire national chargé à l’information, qui confirme la date des 25 et 26 du mois en cours. Selon notre interlocuteur, la commission stratégie politique du CN est à pied d’œuvre sur ce plan. Les membres de cette commission ont pour mission de « présenter tous les éléments du débat » à l’issue duquel, « il y aura une résolution de la position du FFS ».

Mais que décidera finalement le parti cher au défunt Hocine Aït Ahmed ? Le porte-parole du FFS estime que la question relève de la souveraineté du CN. Toutefois, ce qui est sûr c’est que la ligne du parti restera inviolable. « Le FFS ne changera pas de cap politique et ne déviera pas de sa ligne », insiste Jugurtha Abbou qui assure que quelque soient les circonstances, le parti « gardera son autonomie de décision malgré les tentatives de déstabilisation qui prouvent que le FFS dérange de par sa ligne et ses positions vis-à-vis du pouvoir ». Il est clair que la tenue du conseil national du FFS interviendra après la convocation du corps électoral. Ce qui lui permettra d’avoir tous les éléments, dont la candidature ou pas du Président Bouteflika,  pour prendre la bonne décision. Cependant, pour le parti, la question de la présidentielle ne se limite pas aux personnes. « La question est de savoir si on va vers une élection ouverte ou fermée », explique à ce sujet notre interlocuteur, regrettant qu’à présent, « tous les ingrédients font que l’élection prochaine sera fermée ». « C’est la pérennité du système et le statuquo », fera-t-il remarquer.

Mais, tout porte à croire que le FFS va droit vers le rejet de l’élection présidentielle, à travers un boycott actif même. Dans les coulisses du plus vieux parti de l’opposition, notamment la commission stratégie politique, l’étude de la situation concorde avec cette idée de rejet. Laquelle idée est renforcée par le discours radical qu’a retrouvé le parti avec la nouvelle direction nationale élue à l’occasion du congrès extraordinaire d’avril 2018.  Lors du dernier conseil national tenu en octobre 2018, le FFS, rappelle-t-on, avait plaidé pour un changement du système, non pas un changement dans le système. Le fait qu’il ne se soit pas immiscé dans le débat politique depuis, notamment avec la multiplication des initiatives plaidant pour le report de l’élection, le prolongement du mandat ou l’organisation d’une conférence nationale inclusive, n’était pas finalement une fatalité. Le FFS semble désormais avoir bien mûri sa position, en prenant en compte tous les éléments.

Se dirige-t-on pourtant vers la même position adoptée en 2014 lorsque le parti avait estimé que « participer est inconcevable » et que « l’option du boycott, même si elle était respectable, ne constituait pas à elle seule une alternative » ? Il semblerait que cette fois-ci, le FFS qui, selon ses responsables « ne veut aucunement s’inscrire dans l’agenda du pouvoir », soit prêt à aller au-delà du simple ‘’ni-ni’’ ou du boycott passif.  Son rejet de la présidentielle pourrait se traduire dans ce cas par une campagne de terrain pour appeler les algériens à bouder les urnes et par un désengagement massif des élus locaux de l’opération de préparation du vote.

Aïssa Moussi 

 

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