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Film «Larbi Ben M’hidi» de Bachir Derrais: «Il n’a été ni interdit ni censuré», selon Azzedine Mihoubi

Le feuilleton du biopic «Larbi Ben M’hidi» du réalisateur algérien Bachir Derrais, racontant la vie du héros national éponyme n’est pas encore sur le point de voir une fin. Ce film, qui avait déjà avant sa sortie fait couler beaucoup d’encre, se voit ballotter dans des polémiques entre son réalisateur et le ministère de la Culture et celui des Moudjahidine.

La semaine dernière, le producteur exécutif du film a annoncé sur les réseaux sociaux que le film «Larbi Ben M’hidi» est définitivement censuré par le gouvernement algérien.
Ce à quoi le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi a répondu, lundi à Alger, que le film «Larbi Ben M’hidi», une des figures historiques de la Guerre de libération nationale, «n’a été ni interdit ni censuré», et que la commission de visionnage «attend toujours» une réponse concernant les réserves que le réalisateur «s’est engagé à lever».
Le ministre a apporté un démenti «catégorique» à la dernière déclaration du réalisateur Bachir Derrais sur «l’interdiction du film par le gouvernement», ajoutant que les différentes institutions de l’Etat, en l’occurrence les ministères de la Culture et des Moudjahidine «ne sont nullement intervenus» dans cette œuvre cinématographique.
Le problème du réalisateur «n’est pas avec le gouvernement, mais avec une commission légalement habilitée à apporter son regard sur des films historiques traitant de certaines personnalités spécifiquement», a indique M. Mihoubi à l’ouverture d’une exposition sur «Les affiches de films algériens».

C’est à la commission de décider

Azeddine Mihoubi a expliqué que M. Derrais, qui est également producteur exécutif, «n’a toujours pas levé toutes les réserves comme il s’était précédemment engagé» avec la commission, ajoutant que le dernier procès verbal de celle-ci montre que ces réserves «demeurent pratiquement telles quelles» et qu’il n’a levé que «très peu» portant essentiellement sur «des aspects de forme».
Précisant que le film a été visionné à trois reprises par cette commission, constituée d’historiens spécialisés, M. Mihoubi a indiqué qu’ «après de longs débats et discussions avec le réalisateur, elle a émis des réserves sur la forme et d’autres sur le contenu». Néanmoins, a-t-il poursuivi, le réalisateur n’a pas tenu son engagement, ce qui a amené la même commission à renouveler sa demande à son adresse, à savoir la levée des réserves.

«Les ministères veulent la sortie du film»

Le ministre a mis en avant «l’attachement» des ministères de la Culture et des Moudjahidine à l’aboutissement de ce film, en dépit de toutes «les transgressions» de M. Derrais, tels que «le retard accusé dans la réalisation» et «le non-respect du scénario original».
En conclusion, M. Mihoubi a réaffirmé que les deux ministères sont «les producteurs» de ce film et que Bachir Derrais «n’en est que le réalisateur et le producteur exécutif, et ne peut, donc, pas en disposer comme bon lui semble». En attendant que ces polémiques cessent, des milliers d’Algériens attendent de voir ce film, tant attendu par le public.

A. Ibersiene/ APS

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