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Fin de la saison oléicole: Place aux chiffres

La saison oléicole est finie, place aux chiffres. Selon les statistiques communiquées, avant-hier, par la direction des services agricoles de la wilaya de Tizi Ouzou, un volume de 13 millions de litres d’huile d’olive a été produit cette année soit 5 millions de litres de plus que la saison précédente où il a été enregistré 8 millions de litres d’huile. Le rendement moyen pour cette la saison de cette année est de 23 litres d’huile par quintal d’olives contre seulement 16 qx/h en 2017.
La hausse de la productivité par hectare est pour beaucoup dans la bonne récolte de l’huile d’olive. Malgré les feux de forêts qui ont ravagé plusieurs localités réputées pour leurs oliveraies, la saison oléicole n’a pas pour autant pâtit. Plusieurs raisons sont mises en avant par les spécialistes qui expliquent entre autres, que cela est dû, à des conditions climatiques jugées favorables et à l’absence d’attaques de parasites, en plus de l’alternance saisonnière de la variété de l’olive Chemlal.

Plus de 2 millions de litres produites à Maâtkas

Connue pour être la région où il y a le plus d’oliveraies dans toute la wilaya de Tizi Ouzou, la région de Maâtkas a battu tous les records en matière de production. A elle seule, elle a produit cette année plus de 2 millions de litres, un chiffre peut être jamais atteint. Quelques cinquante huileries sont répertoriées au niveau de cette région et ont produit environs 10% de la production de la wilaya estimée à 13 millions de litres. Cependant, le temps n’est pas à la jubilation. Les producteurs sont presque désillusionnés. Rien qu’à Maâtkas, les fellahs butent sur le problème de la commercialisation bien que les prix sont jugés abordables. Ils oscillent entre les 650 pour l’huile triturée en moderne et 700 dinars pour celle triturée en traditionnel. Les producteurs ont toutes les difficultés à écouler leur production et appréhendent du coup une baisse de la qualité du produit quand il est emmagasiné pour de longues périodes. Pour faire face à cette problématique, certains ont suggéré la mise en place d’un organisme dont la mission est de collecter l’huile d’olive chez les producteurs et de s’occuper de sa commercialisation.

De la nécessité de retrouver le savoir-faire

La bonne récolte de cette année ne signifie pas la bonne santé de la filière oléicole. Bien au contraire, elle traverse une mauvaise passe. Car en plus des aléas climatiques ou encore à l’apparition de maladies et les ravages des incendies qui, chaque été, détruisent des milliers d’hectares, il y a aussi le savoir-faire qui se perd. L’entretien, la taille, et l’élagage sont autant d’éléments nécessaires pour faire vivre les oliveraies. Deux méthodes se disputent les faveurs des professionnels : La taille traditionnelle dite taille en pendouiller et la taille d’éclaircissage ou taille en cascade. «Dans les deux cas, les élagueurs s’accordent sur un certain nombre de règles dont l’objectif est de garder un maximum de feuillage pour le minimum de bois. Le savoir-faire se résume en trois actes articulés : Commencer par éclaircir l’intérieur de l’arbre en supprimant toutes les pousses verticales improductives (gourmands), poursuivre en supprimant le bois ayant porté des fruits pour favoriser les nouveaux rameaux fructifères. Finir enfin la suppression des branches qui se croisent et se concurrencent en sectionnant le rameau toujours à la base sans laisser de ‘chicots’ (bout de bois mort). Les élagueurs professionnels savent que l’olivier fructifie sur le bois de l’année précédente, aussi tailler l’olivier c’est lui permettre de développer des rameaux de remplacement qui porteront les fruits de l’année suivante», estiment les professionnels. Afin de préserver cet héritage, de nombreuses associations organisent des foires et des journées d’études pour vulgariser les techniques d’élagage, de taille et d’entretien des oliviers. On notera aussi, le non-respect de certaines conditions inhérentes à l’obtention d’une bonne qualité d’huile. On apprend en effet que des échantillons d’huile d’olive prélevés dans plusieurs daïras de la wilaya présentent dans beaucoup de cas un fort taux d’acidité supérieur à 3 % alors que la norme internationale est de 0,8%. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, selon la même étude. On peut citer la longue durée de stockage des olives au niveau des champs et des unités de transformation (les normes requises pour l’obtention d’un produit de qualité sont de 72 heures maximum de stockage), le non-tri des olives avant la trituration, leur stockage dans des sacs en plastique, etc.

Brahim B.

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