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Fracture sociale, attention danger !

Voilà, on y est, et qu’on ne vienne pas nous dire que la grève générale d’hier a été suivie unanimement, partout avec ferveur. En fait, on y est dans cette société fracturée, clivée comme jamais. Des commerces ouverts, d’autres non ; des établissements scolaires renvoyant leurs élèves, d’autres non ; des administrations et des entreprises économiques partiellement actives ; les transports publics couci couça ; bref, tout est à l’incompréhension de cet appel à la «désobéissance civile» qui obéit, en fait, à la fracture sociale. Loin de toute civilité, notons que l’appel en question, toujours tapi sous l’anonymat qu’offrent les réseaux sociaux, se garde bien d’expliquer pourquoi cette «désobéissance» qui pourrait durer jusqu’au jeudi. Une incompréhension qui fait ressurgir les vieux démons d’une diabolique machine, celle qui creuse les fossés sans qu’il y ait de véritables écarts dans les relations sociales.
Et sauf l’écart entre des lycéens heureux de sécher les cours et des automobilistes furibards de voir leur réserve en carburant se tarir, on ne voit pas deux camps de citoyens s’extirper ouvertement dans l’invective, l’insulte ou le dénigrement. Unies pour réclamer un changement politique dans la diversité, ces relations sociales butent sur le caractère antisocial de cette grève pénalisante, à plus d’un titre. Durant la longue journée d’hier donc, de nombreux citoyens, confinés chez eux, ont pu mesurer l’autre machine diabolique, celle des télés étrangères, notamment suisses et saoudiennes. Droits dans leurs bottes, alors que dans leurs crottes puant la désinformation, ils ont mené en bateau ceux qui voulaient s’informer au sujet d’un avion, l’avion présidentiel en l’occurrence. Ayant atterri sur le tarmac de l’aéroport de Genève en matinée, il aurait pris une direction inconnue à la mi-journée, pour finalement décoller du même tarmac genevois en fin de journée.
Cela s’appelle faire du surplace, en bateau ou en avion, pour des fourberies et des artifices largement répandus par ces temps de tromperies sans vergogne. Et si nous évoquions dans un écrit précédent que le mois de mars est catalogué, par un proverbe datant de la nuit des temps, comme étant «le mois des fous», certains actes et propos nous renforcent dans l’idée que la fracture sociale est voulue par des fous, sortis d’on ne sait où. Car, comment interpréter ou chercher un semblant d’entendement dans la paralysie demandée par des illusionnistes. Ne pouvant plus voyager, s’approvisionner en denrées alimentaires ou se soigner quand nécessité oblige, va-t-il rendre la dignité et la citoyenneté à des millions de citoyens s’estimant lésés par le système politique ? Ces citoyens ont, certes, longtemps ferraillé contre le pouvoir de l’argent, de la corruption, de la discrimination à l’accès au logement etc., etc.
Mais les obliger à vivre des journées de Ramadhan, sans calendrier contraignant en mars, c’est tout bonnement les prendre pour des dindons d’une farce qui échappe à leur vision de peuple uni pour le meilleur et même le pire. Paradoxalement, les lanceurs d’appel à la désobéissance civile ne pipent mot sur l’armée qui partage la même vision, citoyenne et civilisée, que ce peuple. Il est vrai que l’armée, c’est du lourd pour eux, ces lâches, hélas véritable lie de notre société. Qu’ils sachent, au moins, qu’aux plus importantes croisées des chemins, il n’y a jamais de signalisation anonyme…
M. N.

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