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France-Migrants: Rixe sanglante à Calais

Une vingtaine de blessés, des tirs d’arme à feu… Des affrontements ont éclaté jeudi 1er février en divers endroits de Calais (Pas-de-Calais) entre des migrants afghans et africains.

Voici ce que l’on sait de ces rixes. Vers 15h30, une première bataille rangée éclate entre une centaine de migrants érythréens et une trentaine d’Afghans, près du centre hospitalier de Calais, où a eu lieu une distribution de repas, selon la préfecture, citée par l’AFP. Des coups de feu sont entendus, rapporte La Voix du Nord. Cinq migrants sont touchés par balles, dont quatre grièvement. Vers 16 heures, un deuxième affrontement a lieu à environ 5 km de là, à Marck-en-Calaisis. «Une centaine de migrants africains armés de bâtons [veulent] s’en prendre à une vingtaine d’Afghans», indique le parquet de Boulogne-sur-Mer. La police protège les Afghans pris à partie par 150 à 200 Erythréens, selon la préfecture. En fin d’après-midi et jusqu’en début de soirée, de nouveaux affrontements se déroulent dans la zone industrielle des dunes de Calais, non loin du site de l’ancienne «jungle». «Les Afghans sont venus pour une distribution de repas rue des Verrotières et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer», indique le parquet. Six migrants sont blessés, selon le parquet, dont un grièvement à la tête. Des migrants, pour certains armés de barres de fer et de bâtons, le 1er février 2018 à Calais (Pas-de-Calais). Selon le dernier bilan officiel, vingt-deux personnes ont été hospitalisées. Cinq migrants ont été touchés par balle. Pour quatre d’entre eux, qui seraient âgés de 16 à 18 ans et de nationalité érythréenne, le «pronostic vital était engagé», selon le parquet. Les autres blessés souffrent de nombreux traumatismes et de blessures diverses provoquées pour certains par des armes blanches, selon la préfecture. Deux policiers ont également été légèrement blessés. Environ 800 migrants, qui veulent passer en Grande-Bretagne, vivent actuellement à Calais, selon les derniers chiffres des associations. Entre 550 et 600 selon la préfecture. Et «le conflit entre Afghans et Africains a toujours été sous-jacent», explique une source de l’AFP à la préfecture. «C’est malheureusement un schéma classique» de voir des affrontements éclater entre ces deux groupes ethniques de migrants. «Sur les aires de distribution des repas, il y a des Erythréens, des Afghans, qui marquent leur territoire et qui se font la guerre, s’agressent violemment», détaille la maire Les Républicains de Calais Natacha Bouchart. Pour Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, joint par franceinfo, ces violences sont dues à «une exaspération et une tension énorme» au sein des migrants, dues notamment au «harcèlement au quotidien» des forces de l’ordre. «La grande difficulté aujourd’hui, c’est le harcèlement quotidien», explique-t-il. «Jeudi dernier, il y a eu une rixe entre la police et des migrants, un migrant a perdu son oeil. Depuis, chaque matin, la seule solution, c’est le désquattage, c’est démolir les tentes, etc. Donc il y a une exaspération, il y a une tension énorme».

La police mise en cause

Les associations mises en cause par la maire de Calais, Natacha Bouchart, au lendemain des violents affrontements entre migrants afghans et africains, ont réagi, hier sur franceinfo. Yann Manzi, le fondateur de l’association d’aide aux migrants Utopia 56, a accusé Natacha Bouchart de «diffamation», après qu’elle a dénoncé un peu plus tôt sur franceinfo «la complicité de certains passeurs, certains no border, certains activistes ou certains associatifs». Yann Manzi a tenu à rappeler que les membres de son association ne sont pas «des ‘no border’ ou des activistes. Nous sommes simplement des humanitaires qui font le travail de l’État à Calais depuis des années (…) Essayer de nous amalgamer et de nous enfermer dans le fait que nous sommes des ‘no border’ ou des activistes, c’est tout simplement lamentable», a poursuivi Yann Manzi. «C’est grave, elle nous accuse indirectement d’être à l’origine de ces faits», a-t-il ajouté. Également contacté par franceinfo, le président de l’Auberge des migrants, Christian Salomé, a mis en cause la police, après ces violents affrontements. Selon lui, la «tension» est montée d’un cran jeudi matin, quand «28 véhicules de CRS sont arrivés sur les lieux de distribution (de nourriture) habituels». La police a alors «chassé les gens des tentes et a commencé à tout détruire, elle n’a laissé récupérer leurs affaires qu’aux personnes qui ont des papiers», a affirmé le président de l’Auberge des migrants. C’est cela, selon lui, «qui a amené le début de cette tension, de cette violence». Cette action a contraint, selon Christian Salomé, «des gens à aller plus loin, dans un autre lieu de distribution. Et là, pour un motif complètement futile de coup de coude dans une file de distribution de repas, c’est parti en explosion», a-t-il expliqué. «Les gens sont tellement tendus dans ces conditions de vie, qu’au moindre prétexte, la violence explose», a encore affirmé le président de l’Auberge des migrants.

R. I.

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