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Front social: 112 mouvements de protestation en 2017

L’année 2017 a été une année mouvementée, notamment dans le secteur du travail qui a connu pas moins de 112 actions de protestation, dont 14 relevant du secteur public, alors que 53 avis de grève ont été refusés pour différentes raisons.
Des chiffres qui ont été mis en relief hier par l’inspecteur général du travail Zoubir Djegham, lors de son passage au forum de la radio nationale. Selon lui, «le principal motif du refus de grève est le caractère dangereux du débrayage. Les grèves en question auraient probablement causé un grand nombre de dégâts. Nous avons tenté de régler au plus vite les revendications pour éviter le recours à la grève», dira-t-il.
Djegham, qui a assuré que la grève reste un droit constitutionnel, ajoute qu’il s’agit de l’ultime recours permettant de faire valoir ses droits, mais que les lois doivent être respectées. «Chaque syndicat doit remplir deux conditions pour avoir le droit d’entreprendre un mouvement de protestation, à savoir exercer une activité syndicale depuis plus de six mois et de représenter plus de 20% des travailleurs du secteur concerné», a expliqué l’intervenant. Selon lui, dans le cas où ces deux conditions ne sont pas remplies, «le syndicat n’ouvre pas droit à entreprendre une grève». Revenant sur l’action de grève que connaît le secteur de l’éducation et entreprise par le cnapeste, l’invité du forum a affirmé que le syndicat autonome doit respecter la loi, appelant les enseignants grévistes à rejoindre leurs classes. «Ne pas respecter la loi est une faute de travail de troisième degré. Les enseignants grévistes vont devoir subir les conséquences de leurs actes», signale M. Djegham, précisant que les portes du dialogue entre les deux parties restent ouvertes. Ainsi, l’inspecteur du travail a annoncé que le département de Zemali est prêt à jouer son rôle d’intermédiaire pour essayer de régler la situation. «Il est temps de faire passer les intérêts des élèves avant tout», a-t-il souligné.
Dans le même contexte, Zoubir Djegham a indiqué que l’Algérie tient à préserver le droit des syndicats à la grève, car c’est un droit constitutionnel appliqué dans le monde entier. Cependant, les textes relatifs à la loi du travail doivent être révisés. «Une commission intersectorielle a été chargée d’étudier ces textes de loi pour pouvoir les réviser», a-t-il assuré.
Pour sa part, le directeur général des relations du travail au ministère du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale a fait savoir que l’Algérie recevra jeudi prochain les représentants de l’Organisation internationale du travail, afin d’inspecter la situation des travailleurs. «Cette organisation a pour mission de promouvoir la justice sociale et les droits internationalement reconnus de la personne humaine et du travail», dira-t-il, avant d’ajouter qu’«elle œuvre en faveur de la paix sociale, et à favoriser la création d’emplois décents et l’émergence d’un contexte économique et de conditions de travail permettant aux travailleurs et aux chefs d’entreprise de participer aux efforts en vue de la paix durable, la prospérité et le progrès social», a-t-il conclu.

Radia Choubane

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