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Gestion des salles de cinéma par le privé: La bonne décision

Le ministre de la culture a décidé récemment de céder la gestion des salles de cinéma au privé. Si cette décision avait été prise, il y a quelques décennies, nos salles ne seraient pas dans l’état lamentable où elles se trouvent actuellement.

Le ministre de la culture Azeddine Mihoubi a annoncé, il y a quelques jours que la gestion des salles de cinéma sera cédée au privé. Cette décision est sage et juste. Partant du principe qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, les commerçants et hommes d’affaires peuvent bien investir dans ce domaine en récupérant certaines salles pour les restaurer ou en carrément en construisant de nouvelles, si ces dernières pourraient coûter moins cher. Le choix du ministre de s’adresser au privé pour la réouverture des salles de cinéma est une bonne décision car il a été prouvé que les autres solutions telles que la cession aux APC n’ont pas trouvé de bonnes issues vu que la grande majorité des salles sont toujours fermées. Vu leur état, certaines doivent être carrément démolies, d’autres restaurées. Il faut noter que certaines APC qui ont été chargées de la gestion des salles ont choisi la solution facile en les transformant en salles de fêtes familiales comme c’est le cas pour la salle Le Beaulieu d’El Biar à Alger.

Souvenirs

Pour rappel, dans les années 1960-1970, les deux salles de cette communes (Rex et Beaulieu) affichaient complet quotidiennement en programmant la projection de deux films pour la matinée et un autre pour la soirée. A Bab El Oued, il y en avait une dizaine qui accueillaient tous les jours des jeunes de tous les quartiers d’Alger. Aujourd’hui, il n’en reste pratiquement que «l’Atlas» qui active. On ne sait même pas si les salles «Marignan», «Plaza», «La Perle», «Variétés», «Le Lynx» etc, pourraient être récupérées et restaurées. Au quartier Belouizdad, c’est le même constat qui est fait. Les sept salles qui y existaient ne désemplissaient jamais tout comme les salles du centre-ville dont «l’ABC», «Le Paris», «Le Colysée» et «Midi-Minuit». A El Harrach, il y avait au moins quatre salles. On se souvient des salles «Le Splendide», «l’Eden», «l’Eldorado» et «le Ritz». Ce dernier est devenu le siège de la Kasma FLN. Kouba et Hussein Dey, El Mouradia, Birmandreïs et Bouzareah avaient aussi leurs salles de cinéma, malheureusement toutes fermées ou démolies. Au lendemain de l’indépendance, la ville de Blida comptait pas moins de neuf salles alors qu’il n’en reste aujourd’hui que deux dont l’une ne diffuserait que des films Vidéo ou servirait de salle de jeux. A Médéa, les quatre salles dont «Goumrazad» et «Le Mondial» ont disparu. C’est honteux de voir une ville comme Médéa, chef lieu de wilaya et qui a donné de grands hommes de culture et artistes sans salles de cinéma ni théâtre. Cette ville n’est pratiquement dotée que de la maison de la culture Hassan Hassani qui tente de couvrir le grand vide. Constantine, qui fut capitale de la culture arabe, souffre également du manque de salles de cinéma. Il y en aurait aujourd’hui que deux ou trois alors que dans les années 1970, il y en avait sept. Le même constat est relevé pour Annaba qui accueille annuellement le festival méditerranéen du cinéma.

Bien gérer

Toutes les villes d’Algérie souffrent du manque de salles de cinéma. Même si on a tenté d’en restaurer quelques unes dont la dernière a été livrée il y a quelques jours à Laghouat, il est temps que leur gestion soit cédée au privé. L’investissement dans ce créneau est très rentable. Dès que la passation vers le privé se concrétise, l’Etat ne s’occupera que de son rôle de régulateur en vérifiant si les gestionnaires se conforment au cahier de charges. A la fin, pour bien gérer, la culture, le sport et l’économie, c’est facile. Il suffit de faire comme ceux qui ont réussi.

Bari Stambouli

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