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Grain de sable…

S’il est dit que l’occasion fait le larron, il est à se demander ce qu’a fait l’Algérie pour mériter pareils candidats déclarés à la prochaine présidentielle. En parler, c’est assurément manquer de respect à des gonflés qui ne manquent pas d’air. Aussi, restons zen et parlons plutôt de tourisme.
C’est dans l’air du temps et, ça inspire… C’est que sa promotion ne se suffit pas de promesses et de discours sans suite. Cette année, et pour la énième fois, il étale sa peau de chagrin. Réduire la durée d’étude des demandes de visas pour les touristes étrangers, sécuriser les circuits et mettre à niveau la ressource humaine activant dans le secteur, ont été les maîtres-mots de tous les ministres se succédant à la tête du secteur. Penser à diminuer les prix des billets d’avion, des hôtels, à proposer la numérisation de l’information touristique, à réhabiliter le secteur en général, et le tourisme saharien en particulier, tout ça reste en jachère. Et, en attendant que des jours meilleurs viennent à la rescousse de l’hémorragie d’estivants profitant à la Tunisie, l’Espagne, la France ou la Turquie, posons une seule et unique question. Entre notre tourisme saharien et le balnéaire, celui qui regorge de plages plus sublimes les unes que les autres, n’y a-t-il pas un dénominateur commun ? Il suffit de prononcer le mot «sable» pour être dans le vent d’une poésie qui se fiche des prix d’avion ou d’hôtels ! Cette poésie n’a pas de prix, elle traduit légèreté, douceur et éclats. On y voit se dresser des dunes au Sud, pendant que le soleil se reflète sur 1.200 km d’étendues ondoyantes au Nord. La mer déroule ses tapis sur le sable, les couvre d’écumes sur les bords, créant ainsi des tableaux éclatants de transparence. Par grand vent, le sable vit, s’agite, tourbillonne, devient cinglant. Ses grains volatiles s’immiscent partout, virevoltent, caracolent avec virulence. Oui, il est violent, parfois même agressif, à l’image de l’Algérien lambda. Et il s’emporte, se disperse, se multiplie à l’infini, du nord au sud, d’est en ouest. Mais au repos, il s’apaise, redevient douceur de soie, caresse. Sous des doigts connaisseurs, il s’échappe à toute chape de plomb.
Il est alors léger, fluide et s’égrène en habits de lumières minuscules, éclats de roche du Rhummel, du Djurdjura ou des Aurès. En fait, ne sommes-nous pas ces grains de sable, poussières volatiles, fragiles, légers et inconsistants ? On se le demande sérieusement, tant les couleurs chaudes de l’été embrasent et éblouissent les regards. Peu importe la métaphore, ce sable doré fait miroiter le soleil, il est pailleté d’or et de lumière ! Certes, il devient fournaise au cœur de l’été, il brûle, exacerbe même. Mais il se façonne, il se métamorphose au fil des saisons, pour qui sait comment l’apprivoiser et le comprendre. Malléable à souhait, il revêt différentes formes dans la nature. Il se marbre d’empreintes, de vagues, de reliefs. Sur les rivages, il se teinte de couleurs bronzées, sous les vagues de mer, il se fait ondoyant, il forme des dunes légères et subtiles. Tout comme au Sud, où à la saison touristique à venir, il fera découvrir de nouveaux paysages vierges, notamment dans le Tassili N’Ajjer, le rêve que tout touriste souhaite faire.
Mais un grand gâchis touristique persiste, et s’inscrit en caractères gras sur le registre des faillites du secteur. Le tourisme interne, local, en faveur des nationaux, n’en finit pas de se lamenter, de se plaindre des incivilités.
Le tourisme destiné à alpaguer de potentiels étrangers s’est raréfié bien avant 1991, début des années tragiques. Restent nos émigrés, contents de retrouver l’air du pays mais, néanmoins, mécontents de n’avoir pas réussi à négocier au plus fort leurs euros au «black change». Alors quoi ? Manque à la machine, ce grain de sable, cette rose des sables…

M. N.

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