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Grand Chelem de Paris.. Nos judokas ne font plus le poids

Le cumul de ce déficit difficilement récupérable aura du mal à être rattrapé.

Au lendemain de la récente prestation de nos jeunes lors des Jeux Olympiques de la jeunesse tenus à Buenos Aires en Argentine, jugée au-dessus de la moyenne par l’ensemble des acteurs du mouvement sportif national, on avait dit que le sport algérien n’avait toujours pas atteint sa vitesse de croisière. Faut-il se fier à cette compétition qui ne concerne que des athlètes de petite catégorie ? Combien de prestations positives se sont succédé sans que les leçons ne soient bien apprises. Peut-on dans ce cas-là se donner la peine de se poser des questions sur le devenir de notre sport ? Le cumul de ce déficit difficilement récupérable aura du mal à se rattraper, du moins, ce n’est pas pour demain. Pourtant, au lendemain de notre indépendance, le niveau de notre sport était, selon les moyens existants, en situation de blocage : la volonté y était et planait au-dessus de tout, mais pour les jeunes, comment faire pour améliorer les performances ? «Avant, les chercheurs n’étaient pas au rendez-vous de l’entraînement classique qui primait sur celui des temps modernes», s’inquiètent des anciens champions qui ont fait les beaux jours du sport national.
L’entraînement était plutôt anarchique. Une autre explication scientifique : tous les dix ans, la baisse sensible de notre performance provient aussi d’autres éléments loin d’être physiologiques, mais plutôt organisationnels, méthodologiques et techniques, mais c’est surtout la charge d’entraînement qui a fait défaut. Une autre contre-performance vient d’être réalisée à Paris dans le cadre du tournoi international de Grand Slam ou Chelem. Évoquant les critères de sélection pour ce tournoi, le DTN a expliqué que les judokas ont été choisis sur la base de leur classement mondial. «Ce Grand Slam est un mini-championnat du monde, donc nous avons opté pour les meilleurs judokas. Les sélectionnés sont bien placés dans le Ranking mondial et ont confirmé leurs qualités en enregistrant de bons résultats lors du dernier championnat d’Algérie seniors individuel. D’autres noms se sont distingués lors de cette échéance nationale, mais n’ont pas été sélectionnés car ils vont être engagés dans de futurs tournois», a-t-il ajouté.
Mais au final, le constat est là : c’est vraiment la grande désillusion ! Oui, cela se passe en judo ou pas moins de sept judokas algériens ont été éliminés lors de compétition qui a enregistré la participation d’un total de 570 judokas (334 messieurs et 236 dames) représentant 97 pays. Il s’agit de Salim Rebahi (-60 kg), Houd Zourdani (-66 kg) et Fethi Nourine (-73 kg) chez les messieurs, ainsi que Mecerrem Hadjer (-48 kg), Meriem Moussa (-52 kg) Yamina Halata (-57 kg) et Belkadi Amina (-63 kg) chez les dames. Lors de la deuxième journée, Bellakehal et Ouallal ont été éliminées dès le premier tour, après leurs défaites respectives contre la Française Eve Marie Gahie et la Portugaise Patricia Sampaio dans l’ordre. Au même moment, Asselah a réussi à passer le premier tour, en dominant l’Américaine Nina Cutro-Kelly avant de chuter contre la Cubaine Idalys Ortiz.
Une défaite expéditive, par Ippon, après seulement une minute et 21 secondes de combat. Pourtant, avant cette compétition, le Directeur technique national (DTN) de la Fédération algérienne de la discipline (FAJ), Salim Boutabcha, a déclaré que «notre objectif, lors de ce rendez-vous parisien, est d’essayer d’engranger le maximum de points au Ranking et d’assurer une participation aux prochains Jeux Olympiques 2020. Nos judokas vont essayer de passer le maximum de tours pour rafler plusieurs points», en vain… Là, il faut savoir s’arrêter et bien analyser les résultats de nos judokas d’une manière exhaustive et pas, par compétition. Car en parcourant bien les résultats de ces deux dernières années, on s’aperçoit que notre judo régresse. Régresser pour régresser, mieux vaut donc le faire avec les jeunes talents. Au moins si ces derniers perdent dès le premier tour, ce serait le «métier qui rentre» comme disent les anciens coachs.
Il est temps de laisser donc la place aux jeunes et miser sur eux comme le font si bien les responsables du karaté, pour citer un autre art martial. Spécialistes de la performance, des professeurs dans la méthodologie de l’entraînement estiment que les deux tiers de nos disciplines ne progressent plus depuis vingt ans et que, selon toute vraisemblance, des records ne sont plus améliorés comme il se devait. Il nous est toutefois difficile de mettre ces chiffres en relation avec les résultats obtenus par nos sportifs. Il faut noter au passage que parmi les dix judokas algériens qui ont pris part à la prestigieuse compétition du Grand Slam de Paris, seuls Fethi Nourine (-73 kg) et Amina Belkadi (-63 kg) ont pu atteindre le deuxième tour, alors que tous les autres ont été sortis d’entrée. Des contre-performances qui montrent bien que les anciens ne font plus recette. On se demande pourquoi les responsables actuels du judo national les engagent encore et encore, au détriment de la relève qui n’attend qu’une seule première chance pour montrer ses potentialités ?
Ahmed Chébaraka

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