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Gratuité d’accès aux plages: Les autorités vont-elles sévir ?

L’ouverture de la saison estivale pose comme chaque année la problématique de la gratuité d’accès aux plages, une question que les pouvoirs publics peinent à maitriser malgré l’existence de textes réglementaires régissant ce volet.

Du coté de l’Etat, les choses ne souffrent aucune équivoque et les instructions du ministre de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire ont été annoncées avec fermeté. Noureddine Bedoui en réunissant les walis des zones côtières a appelé en effet ces derniers à veiller strictement à ce que l’accès aux plages soit gratuit. Ce qui exprime franchement la volonté du gouvernement à juguler le phénomène de l’anarchie et le diktat des « bandits des plages » usant d’un véritable racket envers les citoyens. « L’amélioration du tourisme balnéaire et des services fournis aux estivants passe obligatoirement par le respect des principes fondamentaux de la politique touristique dont la base commence par la garantie de l’entrée libre aux plages à travers l’application stricto sensu de toutes les instructions adressées dans ce cadre aux walis », a souligné le ministre tout en rappelant la liberté laissée à l’estivant d’utiliser son propre équipement sans contrainte aucune ou de recourir s’il le veut à la location d’un matériel proposé à cet effet et dont les prix seront affichés en toute transparence. Voilà qui est clair. Cependant les mauvaises habitudes ont souvent la peau dure. On en veut pour preuve ces comportements à la limite de la violence pratiqués par des « durs à cuire », faisant fi de toute réglementation. Pour la petite histoire, récemment un citoyen a été agressé au couteau à l’entrée d’une plage à Skikda par ce qu’il a tout bonnement refusé d’abouler un péage forcé. Ces gardiens autoproclamés se dressant à l’entrée des plages vous abordent avec un ticket à la main alors que son acolyte joue ostensiblement de la trique. Cette manière de persuader les gens à obtempérer à l’illégalité sera-elle abolie ? On peut le croire si toutes les parties concernées accordent leurs violons. D’un coté les racketteurs qui vous soutirent quelques dinars pour le prétendu parking qui n’est généralement pas assuré à l’image de cet estivant surpris, après une journée sur la plage, de voir disparaitre un rétroviseur de son véhicule. C’était l’an dernier à la plage Kheloufi de Zéralda. J’ai eu beau réclamer mais en vain. Pourtant le ministre de l’intérieur est catégorique en parlant de l’organisation des parkings et tout particulièrement des prix pratiqués et dont le contrôle est du ressort de l’APC. Quant à s’assurer une place au soleil sans être sujet au harcèlement de ces prestataires de service d’un autre genre, ce n’est pas gagné. La concession des plages étant réglementée, ces messieurs prennent leurs aises et ne respectent pas la surface qui leur est concédée. Noureddine Bedoui a de ce fait rappelé lors de la dite réunion que des commissions chargées de veiller à la sécurité des estivants sont installées et les walis sont tenus de les renforcer afin de lutter efficacement contre le squat des plages et protéger par la même leurs acquis. Théoriquement on est parti pour une saison estivale sans histoires, pour peu que les collectivités locales, premières concernées par l’application stricte de la réglementation en la matière, jouent le jeu, ce qui n’est pas une évidence. Jusque-là, les élus ont toujours été pointés du doigt pour leur complicité ou leur complaisance souvent à des fins électoralistes. Soyons moins kafkaïens et espérons que cette année marquera le début d’une nouvelle ère devant mettre fin au diktat des seigneurs des plages.

Ali Fares

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