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Grève illimitée du Cnapeste: Les élèves en dindons de la farce

Parce qu’aucun consensus n’a été trouvé entre les représentants du syndicat et ceux du ministère de l’Education nationale, le Cnapeste passe de la menace à l’exécution.

La grève nationale illimitée a été diversement suivie, hier, au niveau de plusieurs établissements des trois paliers scolaires de la capitale à l’échelle nationale. Pour dresser un constat sur l’état de suivi de cette grève, une virée dans certains établissements de la capitale, s’imposait. Au lycée Said Touati sis à la commune de Bab El Oued, plusieurs classes dont notamment, celles d’examen ont été dispensées de cours, en raison du débrayage de certains enseignants. Approchée à la sortie du lycée vers 9h, Marwa élève de classe terminale, a indiqué que «deux des enseignants ont fait grève aujourd’hui. Il s’agit de la prof de français et du prof de mathématiques», avant d’ajouter : «il n’est pas normal que nos enseignants aient choisi de nous laisser sans cours à deux semaines des examens». Yacine, étudiant en 1re AS, au lycée Emir Abdelkader, n’a pas caché son mécontentement. «Si au moins, il s’agissait d’une action de protestation contre les conditions d’enseignement et le manque de moyens. Ils ne pensent qu’aux primes» dira-t-il. Au CEM de la rue Pasteur à Alger-Centre, même scénario. A 11heures, une vingtaine d’élèves regroupés devant l’établissement, étaient en train de parler de Christiano (Ronaldo) et de Messi. Interrogé sur le mouvement de grève, l’un deux a répondu que son enseignant de langue arabe s’est absenté ce matin. «Je devais avoir deux heures de cours d’arabe, mais mon prof s’est absenté. Néanmoins, je ne pourrais vous dire s’il s’agissait d’une absence ou d’une grève». Son camarade Youcef élève de 3e année a indiqué que pour sa classe «tous les profs se sont absentés et ce sont les surveillants qui nous ont expliqué qu’ils font grève». Par contre, aucune action de grève n’a été enregistrée au niveau des différents établissements scolaires de la commune de Rais Hamidou. C’est le cas notamment du lycée Ibn Khaldoun situé dans le quartier Mirarmar, où tout fonctionnait normalement, du CEM Hamza Ibn Abd El Moutalib, ou encore de l’école primaire Ali Amar.

Un suivi de 70% selon le Cnapeste

Selon un représentant du Cnapeste, 70% des enseignants particulièrement ceux des écoles secondaires affiliées au syndicat, ont répondu favorablement à l’appel à la grève. Une situation qui a obligé les élèves à rentrer chez eux. Cette grève qui a connu un suivi mitigé durant les premières heures, a pu mobiliser, vers la mi-journée «70% des enseignants du secondaire, 50% de ceux des CEM et entre 20% et 40% au niveau des établissements primaires» à croire les propos de Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. Contacté par nos soins, Boudiba a assuré qu’«au cours de son premier jour, cette action a enregistré, de forts taux de participation, et ce, dans différentes wilayas du pays». «Le pic a été enregistré au niveau des wilayas de Boumerdès, Béjaia, Blida et Alger» a-t-il assuré. Le Cnapeste ne veut pas se contenter de ce mouvement de protestation et veut radicaliser encore plus son action. En effet, notre interlocuteur a souligné que «le Cnapeste continuera dans sa démarche et compte organiser des assemblées afin de préparer la réunion de son bureau national, en vue de radicaliser nos prochaines actions» a-t-il fait savoir. Pour se laver les mains du spectre d’une année blanche, Boudiba accuse la ministre de l’Education nationale. «Benghebrit ne montre aucune volonté pour régler les problèmes que pose le Cnapeste.» a-t-il précisé. «La ministre ne s’est pas engagée d’une manière sérieuse à résoudre les problèmes socioprofessionnels relatifs notamment à l’annulation des ponctions sur salaires pour les jours de grève, comme c’était convenu» a-t-il expliqué. Messaoud Boudiba a exigé «une rencontre en urgence avec la ministre, car une il y a actuellement une orientation dangereuse dans le secteur. Il y a des gens qui cherchent le pourrissement» a-t-il soutenu, alors que la ministre a exigé, hier, depuis Ghardaia, la suspension de la grève pour recevoir les représentants du syndicat qui semblent donc camper sur leurs positions.

Inquiétudes des parents d’élèves

Le pourrissement oui, mais il s’agit de celui de l’avenir des élèves. Perturbés par l’idée d’une année blanche, les parents d’élèves tirent la sonnette d’alarme et interpellent les plus hautes autorités pour régler ce problème. Des inquiétudes légitimes, puisqu’ils se retrouvent, eux et leurs enfants, aujourd’hui, otages d’un conflit qui les dépasse. «Cette grève va affecter le niveau des élèves, notamment ceux qui préparent les examens de fin d’année. Ils vont être perturbés et les résultats des examens vont être catastrophiques», craint, Ahmed Khaled président de l’association des parents d’élèves. «Nous appelons les autorités à intervenir en urgence, pour éloigner le spectre de l’année blanche» a-t-il indiqué. Khaled Ahmed a estimé que si le droit à la grève est garanti par la constitution, le droit de l’élève à l’enseignement est aussi une priorité constitutionnelle.

Tizi Ouzou n’a pas répondu à l’appel

Contrairement au débrayage de novembre dernier qui avait paralysé durant presque deux mois, l’ensemble des établissements scolaires, la grève d’hier initiée par le bureau national du Cnapeste a été faiblement suivie au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou. L’écrasante majorité des enseignants ont assuré les cours au niveau des différents établissements scolaires de la wilaya, avons-nous constaté.
Les responsables locaux du Cnapeste ont avoué leur incapacité à fournir le moindre taux de suivi de cette grève en début d’après-midi à l’échelle de la wilaya, en raison selon eux, de l’absence de statistiques. «A l’heure actuelle, 13 heures (Ndlr), nous ne disposons pas du taux de suivi de cette grève. Nous sommes en grève, mais nous ignorons le taux d’adhésion à ce mouvement de protestation que nous comptons rendre public ultérieurement», a affirmé le coordinateur local du Cnapeste, Abderrahmane Ouaked. Les échos qui nous sont parvenus, hier matin, des différents établissements, notamment les lycées de la wilaya, nous renseignent sur le faible suivi du mouvement de grève lancé, hier, par le bureau national de ce syndicat. Lors d’une virée effectuée, hier matin, au niveau de certains lycées du chef-lieu de wilaya, nous avons constaté que l’ensemble de ces établissements ont ouvert leurs portes et les enseignants ont assuré leurs cours le plus normalement du monde. Les parents rencontrés sur place, ont exprimé leur satisfaction face à ce que certains n’ont pas hésité à qualifier d’acte de bravoure des enseignants de ne pas répondre au mot d’ordre de grève et éviter ainsi le spectre d’une année blanche qui planait sur le secteur de l’éducation dans la wilaya. De son côté, le directeur de l’éducation de Tizi Ouzou, tout en saluant ce qu’il qualifie de «prise de conscience» des enseignants a annoncé sur les ondes de la radio locale que l’institution qu’il dirige a répondu positivement aux revendications des enseignants et qu’elle reste toujours disponible pour dialoguer avec eux dans le but de débattre de toutes les questions relatives au secteur . «Nous combattons ensemble pour la protection de vos droits. Nous sommes prêts à résoudre tous les problèmes auxquels vous faites face. Toutes les revendications administratives et celles liées aux indemnités qui nous ont été exposées ont été résolues. Nous sommes prédisposés à régler toutes les préoccupations qui nous parviendront dans les prochains jours», a-t-il ajouté.

Z. C. Hamri

 

Fella Hamici

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