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Guerre à l’innocence

Il est des images qui font des ravages. Celles des bombardements autour de Damas, près de la Ghouta orientale en Syrie, viennent de faire des centaines de victimes civiles, surtout des enfants. Comme à chaque fois, la «communauté internationale» se dit indignée. Cette même communauté, le siècle dernier, s’était pourtant mise d’accord pour trouver des mécanismes qui devaient empêcher le déclenchement de nouvelles guerres, spécialement celles provoquées par des forts contre des faibles. Malgré ça, des guerres ont massacré en Corée, en Algérie, au Vietnam, au Liban, en Irak, en Libye et, on en oublie… Nous voilà au 21e siècle, et les guerres restent le moyen «normal» de règlement des divergences, d’ordre géopolitique, économique ou idéologique, quand l’embargo ne suffit pas. Les populations sont, comme toujours, les victimes en fin de course. Pour ce qui est de la Syrie, des ONG, des gouvernements se disent horrifiés par l’ampleur du pilonnage de la Ghouta. Le Conseil de sécurité des Nations unies «examine» un projet de résolution d’une trêve afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés et des malades. C’est dans les tuyaux, mais les intentions de la Russie restent incertaines… Ce qui est certain par contre, c’est que les images vues à la télé sont révoltantes, dégueulasses ! Ces images de gosses martyrisés restent en travers de gorge. Rien ne pourra justifier ces bombes tombées d’un ciel déserté par tous les saints de la terre. Un ciel qui envoie la mort, aveuglement, sur des civils, est une horreur. Une horreur voulue par des humains qui se cherchent des alibis depuis plus de onze ans. Et, derrière les groupes islamistes, on trouve bien sûr Bachar El Assad, mais aussi une lourde rivalité entre Américains et Russes. Derrière la guerre en Syrie, il y a une lutte sournoise et sans merci entre Étasuniens et Russes pour le pétrole, le gaz et les moyens d’exporter ces richesses, à savoir les oléoducs, les gazoducs et les ports. Avec en plus et, y a bon les montagnes de fric, les différents armements sur le terrain qui sont d’origine amerloque ou russe. Turcs, Kurdes, Irakiens, Iraniens ou Saoudiens ne sont là, hélas, que pour la galerie qui se dit alliée de l’un ou l’autre des deux camps. La géopolitique imposée aux dirigeants du monde par les multinationales n’a que faire des misères faites à des millions de civils sans armes. De surcroît, quand ce sont des gosses en âge de jouer à la baballe ou à la poupée, les sans états d’âme s’en foutent ! Aucun état d’âme charitable pour les gosses syriens de cette semaine, ou les enfants yéménites tués par des bombes «made in France», depuis des mois. Pareil pour ceux d’avant, en Algérie, Liban, Irak ou Libye. Les civils de Dresde, ceux de Hiroshima et Nagasaki, comme ceux du Vietnam, ont subi les bombardiers tueurs d’enfants.
Les états d’âme étaient en costume-cravate. Agités du bocal, contorsionnistes de la pensée compliquée, ils se seront régalés devant un Chelsea-Barça, bien au chaud face à la télé. Experts en géopolitique, doués de l’analyse économique, prophètes de lendemains enchantés à l’ombre du dollar ou de l’euro, ils n’auront eu d’yeux que pour Messi ou Willian. Pas un instant, ils n’auront pensé qu’un gosse épargné par l’horreur de la guerre, en Syrie ou ailleurs, serait un futur, un potentiel Suarez ou Hazard. Pas un instant, ils n’auront pensé que la science tactique d’un entraîneur, comme celle de l’Italien Antonio Conte, pouvait être le fruit logique d’un cérébral estampillé Syrie ou autre pays en guerre. Pour eux, la seule logique, c’est la guerre. Pourvu qu’elles soient loin de chez eux, les guerres sont logiques, car ils sont eux-mêmes la logique insensée de la guerre à l’innocence …

M. N.

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