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Hassiba Mokraoui, directrice au ministère de l’Industrie, à propos du montage automobile «Il n’y a pas de liste figée»

Le développement du secteur de la sous-traitance en Algérie semble obéir à une stratégie bien réfléchie. C’est ce qu’a défendu la directrice générale du développement industriel et technologique au ministère de l’Industrie et des Mines.

En effet, Hassiba Mokraoui a répondu dans un entretien accordé au journal électronique Tout sur l’Algérie publié hier, aux principales questions émises par certains experts sur l’avenir des projets réalisés dans le domaine de l’automobile en Algérie. «La filière véhicule est naissante chez nous. Les constructeurs ont justement également pour mission de développer le tissu de la sous-traitance. La règle est simple : sans donneur d’ordres, il n’y aura pas de receveur d’ordres», a-t-elle souligné. Pour la responsable du ministère de l’Industrie, l’entrée en lice de nouveaux constructeurs automobile va contribuer à développer cette branche et la mission d’investir dans les équipementiers destinés à l’automobile revient aux constructeurs qui auront la possibilité de faire venir leurs partenaires et de créer des usines en Algérie, évidemment en respectant le cadre réglementaire mis en place pour le développement de ce secteur. En parallèle aux projets lancés par des constructeurs mondiaux, on apprend que beaucoup d’entreprises algériennes investissent dans la sous-traitance, en nouant des partenariats avec les étrangers. «Il y a de grandes entreprises étrangères qui viennent parce qu’il y a une demande qui s’exprime de la part des constructeurs», a fait savoir Mme Mokraoui.
Atteindre un taux de 40 à 60% après cinq ans est-il un objectif réalisable ? «Oui, avec de la volonté», a répondu la directrice centrale du ministère de l’Industrie, en rappelant que l’investissement dans ce domaine a démarré sans qu’il y ait des entreprises de sous-traitance. Aujourd’hui, il existe des entreprises qui produisent beaucoup de choses, notamment la câblerie, les boîtes à vitesse, les sièges, les freins et les batteries. Les sous-traitants locaux vont exposer leurs produits et pièces à l’occasion des journées d’étude sur la sous-traitance véhicule qui auront lieu les 5 et 6 mars à El Aurassi. A travers ce rendez-vous, les pouvoirs publics veulent donner la parole aux constructeurs pour expliquer tout le processus d’homologation. «Jusqu’à présent, les sous-traitants fabriquaient des pièces de manière artisanale. Maintenant, ils sont obligés de passer par tout le processus industriel pour être homologués et vendre leurs pièces à l’international», a expliqué Mme Mokraoui.

Les attentes de l’Etat

Le ministère de l’Industrie a émis le souhait que les constructeurs viennent investir en Algérie, tout en faisant venir leurs équipementiers ayant déjà des pièces homologuées, «ce qui nous fera gagner beaucoup de temps», a-t-elle relevé. Pour booster le secteur de la sous-traitance, le ministère mettra en ligne un site dédié à la sous-traitance véhicule www.jtsv.dz. Il s’agit d’une plateforme virtuelle qui mettra en relation les sous-traitants algériens avec des partenaires étrangers.
Interrogée sur le nombre de constructeurs ayant reçu l’aval des autorités pour se lancer dans le montage automobile, la directrice du ministère assure qu’il n’y a pas eu de liste. «Je répète : il n’y a pas de liste figée. Pour nous, il s’agit de dossiers à traiter. Il y a l’avis des administrations concernées, mais il n’y a pas de liste. Ce secteur est ouvert. Il n’y a pas de liste fermée», a-t-elle soutenu. En réponse aux critiques faites entre autres par l’ex-ministre de l’Industrie, M. Beda, qui avait estimé lors de son passage à la tête de ce département que l’activité du montage automobile était «en réalité une importation déguisée de véhicules», Mme Mokraoui a admis qu’il y a «un prix à payer pour asseoir une véritable industrie automobile compétitive et réelle». Pour étayer ses propos à ce sujet, elle dira qu’«on ne peut pas avoir en une année une véritable industrie automobile. (…) Importation déguisée ou non, peu importe le nom qu’on donne à cette activité, mais c’est le prix à payer pour avoir notre industrie automobile. Pour attirer les meilleurs constructeurs et avoir une véritable industrie, nous sommes obligés de passer par une telle étape. On ne peut pas faire le bilan maintenant. Il faut attendre 10 ans».

Farouk B.

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