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Heurts, interpellations et confrontations: Paris toujours en colère

L’acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes a eu lieu hier. Après les violences du week-end précédent, d’importants moyens de sécurité ont été déployés, notamment dans la capitale.

Dans le quartier saint lazare, des casseurs vêtus de gilets jaunes saccagent une banque. Tous ceux qui restent sont clairement là pour en découdre avec les forces de l’ordre. La manifestation de plusieurs milliers de Gilets jaunes à Lyon a été marquée par de violentes échauffourées entre groupes armés de bouteilles et fumigènes lancés contre les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Aux cris de «Macron démission», «Macron rends le pognon», le cortège avait défilé dans un calme relatif dans la presqu’île, au centre de la ville, entre Rhône et Saône, en début d’après-midi. Arrêtés quelques minutes devant l’Hôtel de Ville, les manifestants ont entonné : «On n’entend plus chanter Gérard Collomb», maire de la ville et ancien ministre de l’Intérieur. Près du pont de la Guillotière, des troubles ont éclaté pendant près de deux heures entre manifestants et forces de l’ordre qui répliquaient avec des gaz lacrymogènes aux jets de projectiles de petits groupes. Plusieurs centaines de Gilets jaunes ont ensuite retraversé le Rhône vers 16h30 pour se rendre place Bellecour, au cœur du centre-ville, où des heurts violents ont à nouveau éclaté entre manifestants très remontés et forces de l’ordre, à deux pas de la principale artère commerçante de la ville, où les Lyonnais continuaient de faire leurs courses de Noël au milieu des gaz lacrymogènes. Le premier ministre Edouard Philippe a dit que 89 000 policiers et gendarmes seront mobilisés contre les casses pendant les protestations. Paris est le théâtre de nouveaux affrontements le 8 décembre lors de la nouvelle manifestation des Gilets jaunes. Gilets jaunes et Exécutif ont appelé au calme. Après que l’action des Gilets jaunes sur les Champs-Elysées a débuté dans un calme relatif hier, des confrontations ont eu lieu par endroits, les manifestants commençant à détruire ce qu’ils croisent sur leur chemin. Arrivés sur le boulevard Haussmann, ils ont allumé un brasier dans la rue, de la fumée remplissant les alentours. De multiples vitrines ont été cassées, écrivent les médias. Les manifestants étaient suivis de cordons de police, tandis que d’autres ont incendié des voitures dans la rue. Les chiffres de mobilisation des forces de l’ordre sont sans précédent depuis le soulèvement étudiant de Mai 1968, note Reuters. Les confrontations ont eu lieu malgré les appels au calme lancés par gouvernement et contestataires. Près de 1 000 interpellations et 720 interpellations ont eu lieu hier, écrit l’AFP.
L’après-midi, les confrontations ont repris à Paris. Le président français Emmanuel Macron prononcera un discours la semaine prochaine pour tenter de ramener le calme après les confrontations. Le président a déjà parlé mais n’a pas convaincu les Gilets jaunes. Le gel des taxes a été annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe.

Confrontations en Belgique

Environ 400 personnes ont été arrêtées samedi à Bruxelles et un policier a été blessé pendant un rassemblement de gilets jaunes belges, qui a réuni un millier de manifestants, a-t-on appris auprès de la police locale. «Un policier a été blessé, a expliqué à l’AFP Ilse Van De Keere, de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. Certains Gilets jaunes ont jeté des projectiles, notamment des pavés, sur les forces de l’ordre au quartier des institutions européennes, entièrement fermé à la circulation des véhicules et des piétons, a-t-elle ajouté. La police a été contrainte de faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants. «Il y a quand même quelques dégâts», a souligné Mme Van De Keere, sans donner plus de précisions. Selon le média Belga, des Gilets jaunes ont par ailleurs bloqué l’autoroute E17 vers Rekkem, une ville de Flandre occidentale, près de la frontière avec la France. Un barrage a également été mis en place tôt samedi matin sur la E40, au niveau de la frontière franco-belge, à hauteur d’Adinkerque (nord), toujours selon le média Belga. Le ministère des Affaires étrangères belge a déconseillé à ses concitoyens de passer le week-end à Paris et a donné des consignes aux courageux qui ignoreraient son avis. Le ministère belge des Affaires étrangères conseille à ses ressortissants, sur son site internet, de «reporter leur séjour» à Paris, par crainte d’incidents lors des actions prévues par le mouvement des Gilets jaunes.

Mounir Abi

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