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Idir enflamme la scène de la coupole à Alger: En véritable maître chez lui

L’enfant prodige des Ath Yenni est de retour en Algérie. L’accolade fut très chaleureuse entre le grand chanteur kabyle Idir et ses milliers de fans lors des retrouvailles qui ont mis fin à presque 40 ans d’absence sur scène en Algérie.

Ce week-end, la Coupole du complexe sportif Mohammed Boudiaf a été prise d’assaut par des milliers de citoyens, venus de plusieurs wilayas du pays pour voir leur idole se produire enfin en Algérie. Des femmes, des enfants et des hommes de différentes générations ont passé une soirée mémorable avec le grand chanteur, un des porte-drapeaux du combat amazigh.
Le concert a début vers 20h30, avec des chants de la chorale d’Ath Lahcen, village du chanteur à Ath Yenni. Celle-ci a gratifié l’assistance avec quelques titres d’Idir, et un hommage appuyé à Mouloud Mammeri, sous les applaudissements du public. Iidir a fait son entrée sur scène peu avant 21h sous un tonnerre d’applaudissements et de youyous.
Un orchestre enrichi de plusieurs éléments et instruments, contrairement aux autres concerts du chanteur un peu partout ailleurs, l’a accompagné jeudi soir à la Coupole. Il est dirigé par le talentueux musicien Mehdi Ziouche, qui a eu la tâche de composer et driver un orchestre composé de jeunes musiciens quasiment tous algériens.
Idir était sous l’emprise d’une forte émotion, durant tout son concert de jeudi soir. Cela s’est remarqué à plusieurs reprises, s’entendait à travers sa voix. Par contre, le chanteur kabyle s’est montré très décontracté avec ses fans, au point même de raconter quelques anecdotes et blagues qu’il a vécues durant son parcours. Cet état de fait a insufflé une ambiance familiale, fraternelle et cordiale entre le chanteur et son public. Ce dernier, d’ailleurs, à très bien réagi à l’ambiance, chantant en totale symbiose avec l’artiste.

Idir le féministe

Il a interprété une vingtaine de chanson de son ancien répertoire, avec lequel il s’est fait connaître en algérie et partout ailleurs. Des chansons immortelles, qui ont fait le tour du monde et restent gravées dans l’imaginaire de ses fans. Durant la soirée, Idir qui ne chante pas seulement que pour chanter, a rendu un vibrant hommage à la femme. Sous une musique douce de la chanson Ssendu, Idir a prononcé un texte très engagé en hommage et en faveur de l’émancipation de la femme. Celui-ci a dressé, à travers ce texte qu’il a lu, un tableau des plus époustouflants de cette femme kabyle, pilier central d’un foyer, mais privée de ses droits les plus élémentaires. Le combat identitaire qui dominé l’œuvre du chanteur n’est pas en reste. Idir a tenu à rappeler, sur scène, que «Pour ceux qui ne comprennent pas le mot Imazighen, ce n’est pas quelque chose de négatif, mais c’est un signe de fierté et de la reconnaissance à la culture berbère. Il n’y a pas d’Algérie sans tamazighth. Faisons en sorte que les choses avancent, parce que je vous assure que c’est une culture extraordinaire», a-t-il dit.

Thanina sur la voie de son père

La fille de l’artiste Idir, Thanina, a réussi à gagner la sympathie et le cœur des fans de son père, avec brio. Elle a fait un baptême du feu sur scène en Algérie, pour sa première scène.
Elle a réussi à conquérir le public par un tonitruant Acewiq, intitulé Ufigh Duru, tiré du terroir kabyle. Ce court passage ayant répandu une grande onde émotionnelle au sein du public a fait adhérer toute la salle, qui l’a applaudie chaudement et rempli la salle de youyous. Thanina ne s’est pas contentée de ça, mais a passé toute la soirée sur scène pour accompagner son père en chorale ou à la danse.
Par ailleurs, un disque d’or, un burnous blanc et un coffret contenant la totalité de l’œuvre musicale d’Idir ont été offerts par le directeur de l’ONDA Sami Bencheikh à Idir. Celui-ci a tenu à le remercier vivement pour cette mémorable soirée.
A noter que plusieurs ministres à, des artistes et des personnalités nationales ont été présentes au concert d’Idir ce jeudi soir

Les journalistes empêchés de travailler

Le nombre limité de journalistes ayant fait la couverture du concert de Idir, vu les restrictions des organisateurs, ont trouvé des difficultés à accomplir convenablement leur mission. Au fait, casés dans des places sur l’extrême côté de la tribune de la Coupole, les journalistes ont été interdits de quitter la tribune pour aller sur le terrain prendre l’avis des invités, des musiciens, ou autres personnalités et artistes présents à cette soirée.
Plusieurs journalistes munis d’ordre de mission ont été empêchés d’accéder au concert. Les organisateurs ont limité au nombre d’une seule accréditation pour chaque journal. Ce qui a empêché tous les titres de la presse d’engager un photographe pour la soirée, ce qui peut être interprété comme une censure sur les photos. C’est dire à quel point on est encore loin du professionnalisme dans ce volet, et au niveau des autres pays où les journalistes accrédités sont autorisés même à accéder aux coulisses d’un concert.

Arezki Ibersiene

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