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Il avait été assassiné durant le Ramadhan.. Oran rend hommage à Alloula

A l’occasion de la commémoration du 25e anniversaire de l’assassinat le 27e jour du Ramadhan 1994 de l’homme de théâtre Abdelkader Alloula, une soirée culturelle et artistique a été organisée à l’initiative d’anciens compagnons du regretté dramaturge pour lui rendre hommage.

Une rencontre en hommage au comédien, metteur en scène et dramaturge Abdelkader Alloula s’est tenue samedi en soirée au siège de l’association socioculturelle locale Santé Sidi El-Houari (SDH), organisatrice de cet événement, en collaboration avec la coopérative théâtrale 1er Mai, créée par Alloula dans les années 1980. Des textes d’Alloula ont été lus à cette occasion en présence du dramaturge et ex-directeur du Théâtre régional d’Oran (TRO) Azri Ghaouti, et des comédiens Abdelkader Belkaïd, Fadéla et Brahim Hachemaoui, tous membres de la coopérative 1er Mai. La soirée-hommage a notamment permis d’évoquer le génie créatif du regretté dramaturge, à travers la lecture de certains de ses textes adaptés de nouvelles du romancier turc Aziz Nesin (1915-1995). «La trame est structurée par un montage d’histoires abordant divers thèmes, tels ceux de la liberté d’expression et du pouvoir», a déclaré Azri Ghaouti qui avait assuré la mise en scène de Nesin oua Salatin basée sur le texte d’Alloula.
Il a choisi de rester en Algérie
Cette même pièce fut récompensée au Festival international des Journées théâtrales de Carthage (Tunisie) en octobre 2003 avant d’être jouée en 2004 au Piccolo Teatro de Milan (Italie) dans le cadre de la participation algérienne au Festival du théâtre euro-méditerranéen. Pour rappel, la commémoration de l’assassinat de feu Alloula a été marquée, en mars dernier, par la présentation au Théâtre d’Oran de deux productions consistant en de nouvelles versions de ses œuvres Arlequin valet de deux maîtres et Ledjouad (les généreux). Ces créations ont été mises en scène respectivement par Ziani Cherif Ayad et Jamil Benhamamouche, dans le cadre de deux partenariats conclus par le Théâtre d’Oran avec le Théâtre national d’Alger Mahieddine Bachtarzi (TNA) et la Fondation Abdelkader Alloula. Abdelkader Alloula a été lâchement assassiné par les criminels du GIA le 10 mars 1994 à Oran, au 27e jour du ramadhan, alors qu’il se rendait à une conférence sur le théâtre au Palais de la culture. Pour rappel, Abdelkader Alloula, ce militant qui pouvait quitter le pays pour sauver sa vie avait choisi d’y rester pour continuer sa mission face aux criminels intégristes qui le guettaient tous les jours et qui tenaient à faire taire tous les intellectuels, hommes de culture et artistes. Ceux qui l’ont vu sur scène pensent toujours à cet homme de théâtre qui a su mettre à la page le théâtre algérien qui se jouait dans les places publiques tout en sachant user de la vraie langue du théâtre.
L’artiste pensait aux enfants
Comédien, metteur en scène, auteur et adaptateur, Alloula était parmi ces hommes qui pouvaient et voulaient apporter quelque chose au théâtre en mettant leur touche. Il a mis à profit ses expériences et celles de ceux qui l’ont précédé tels que Abderrahmane Kaki pour donner une nouvelle vie au théâtre algérien. Alors qu’il a fait partie pour la première fois d’une troupe de théâtre amateur en 1956, en 1962, il se retrouve à Alger aux côtés de Mustapha Kateb dans la troupe du Théâtre national algérien (TNA) en tant que comédien. A l’opéra d’Alger (TNA), il fera partie d’une équipe exceptionnelle avec notamment les metteurs en scène Mustapha Kateb, Allal El Mouhib et Hadj Omar. Alloula, l’homme de théâtre et militant qui pensaient aux enfants malades, est parti, mais son nom restera à jamais.
B. S./APS

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