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Il y a 10 ans, Lili Boniche: L’Algérois qui aimait l’Algérie

Il y a 10 ans, nous quittait Lili Boniche, ce chanteur Algérois qui n’a jamais cessé d’Aimer l’Algérie, le pays où il est né, le pays  où il a grandi, son pays.

Quelque temps avant son décès le 6 mars 2008, Lili Boniche qui allait voir quotidiennement ses amis au siège de la Radio française fredonnait encore un de ses grands succès Alger Alger. Tout comme ses parents, Elie Boniche dit Lili est né et a vécu à la rue Abderrahmane Arbadji ex. Marengo dans la basse Casbah. Fils d’un mélomane, Lili comme l’appellent ses amis a eu la chance d’être inscrit par son père à l’association El Moutribia et El Mossilia et profitera des cours et conseils du grand chanteur de l’époque Saoud El Wahrani. Au début des années 1940, Lili Boniche se retrouvera parmi les meilleurs chanteurs modernes. Cet enfant de la Casbah est parmi ces chanteurs ayant su profiter de leurs connaissances de la musique andalouse pour donner des touches au moderne qui devenait à la mode. A cette époque bien qu’il y avait déjà des stars tels que Lili Labassi, Boniche se faisait une place à côté d’autres jeunes chanteurs aux voix exceptionnelles tels Salim H’lali, Badredine Bouroubi qui vit toujours en retrait à Bouzareah et qui, dommage n’a pas enregistré de disques pour se consacrer au théâtre et Abderrahmane Aziz qui fera une riche et grande carrière. Il faut noter que dans les années 1940, tous les chanteurs modernes s’étaient mis au Paso Doble, à la Rumba et au Tango qui étaient à la mode, une mode qui ne se démodera jamais.

Marginalisation

Au lendemain de l’indépendance, Lili Boniche qui a quitté l’Algérie pour vivre en France a continué à aimer son pays l’Algérie et y est revenu à plusieurs reprises, mais dommage qu’on n’a pas pensé à l’inviter pour donner des concerts. A notre connaissance, il n’y avait aucun motif pour marginaliser ce grand artiste qui a eu le mérite de remettre en place ceux qui ont créé le terme Musique judéo andalouse en leur déclarant «Est-ce qu’on dit d’un musicien musulman qu’il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c’est tout». Lili Boniche qui avait adopté le Sabyr ( mélange d’Arabe et de français) comme d’autres chanteurs, interprétant aussi bien le Hawzi, le chaâbi que le moderne. Toutes les chansons qu’il a enregistrées ont été des succès dont certaines ont été reprises par beaucoup de chanteurs tels que Enrico Macias. Après s’être retiré pendant une longue période pour ne se produire que dans les fêtes familiales, Boniche est revenu au monde de la chanson vers la fin des années 1980 pour se faire découvrir et redécouvrir en donnant plusieurs séries de concerts en France et en enregistrant certains de ses anciens succès, notamment «Alger Alger» qui avait été également enregistrée par la grande chanteuse constantinoise Line Monti. Il faut noter que l’institut français d’Algérie a déjà organisé des concerts en hommage à ce grand chanteur.
On ne comprend pas pourquoi nos chaînes de télévision ne passent pas les chansons de Boniche et pourquoi des organismes tels que Arts et culture ou l’ONCI n’ont jamais pensé à organiser ne serait ce qu’une soirée à cet immense artiste algérien qui n’a jamais cessé d’aimer l’Algérie.

Bari Stambouli

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