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Ils exigent le respect de la Constitution.. Les avocats maintiennent la pression

Des centaines d’avocats se sont, en effet, donné rendez-vous à la Grande Poste pour une marche pacifique contre le système politique et pour exiger le respect de la constitution qui n’autorise le prolongement d’un mandat présidentiel qu’en cas de guerre. Alger a vécu une autre journée mouvementée hier, au lendemain du vendredi qui a vu affluer des millions de personnes pour dire «Non» au prolongement du quatrième mandat et à la feuille du route du pouvoir pour sortir de la crise qu’il a provoquée. Des centaines d’avocats se sont, en effet, donné rendez-vous à la Grande Poste pour une marche pacifique contre le système politique et pour exiger le respect de la constitution qui n’autorise le prolongement d’un mandat présidentiel qu’en cas de guerre. C’est sous les cris de «Système dégage» que la procession s’est ébranlée, parcourant les principales artères de la capitale. Au départ, les avocats, en sortant du Tunnel des facultés, ont voulu emprunter le boulevard Mohamed V pour monter vers El Mouradia.
Mais les forces antiémeute qui ont barricadé le passage les en ont empêchés. Sans trop insister, les robes noires ont continué leur marche vers la place Audin, rejointes entre temps par plusieurs autres citoyens. Sous un ciel nuageux, ils ont scandé des slogans contre le système, plaidant pour son départ pacifique pour laisser le peuple décider de son avenir en toute souveraineté. «Système dégage», «FLN dégage», «Y en a marre de ce pouvoir», «Vous avez dévoré le pays, espèce de voleurs» sont parmi les slogans lancés par les manifestants, alors qu’un hélicoptère de la police ne cesse de survoler la capitale. Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, a été également la cible des avocats qui ont dénoncé sa gestion du secteur. Tout au long de la marche, les avocats ont appelé au respect de la Loi fondamentale qui a subi trois révisions sur mesure ces vingt dernières années. La première fois, c’était en 2002 pour introduire tamazight comme langue nationale dans le sillage des événements dramatiques du Printemps noir en Kabylie où près de 130 jeunes avaient été assassinés. La deuxième fois, c’était en 2008 pour permettre à Bouteflika de rester au pouvoir et supprimer l’article qui limite le nombre des mandats présidentiels à deux.
Ce qui lui a permis de faire un troisième puis un quatrième mandat. Et il n’a pas hésité, lui et son entourage, à vouloir un cinquième, n’était la mobilisation sans précédent du peuple. Mais devant cette mobilisation, on joue la rue et on veut le prolongement du quatrième massivement rejeté par les Algériens. La troisième révision est faite en 2016 pour officialiser tamazight et revenir à la limitation du nombre des mandats à deux. C’est donc pour exiger le respect de cette constitution que les hommes de loi sont sortis hier dans les rues. «Non à la violation de la Constitution», peut-on lire sur une pancarte brandie par les manifestants. «La défense avec le peuple», lit-on sur une autre. Dans une déclaration, le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, Noureddine Benissad, a affirmé que «la famille de la défense s’est rassemblée aujourd’hui pour dire que la partie est finie». «Nous sommes contre une transition pilotée par le système. Le changement et la transition, c’est maintenant», a-t-il lancé. Vers midi, les avocats se sont dispersés dans le calme, promettant de maintenir la mobilisation intacte jusqu’au départ du système politique.
Karim Aimeur

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